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La chevalerie iranienne Samak-é ‘ Ayyâr

La chevalerie iranienne Samak-é ‘ Ayyâr
L’Harmattan 284 pages
1 critique de lecteur

Avis de Benjamin : "Revenir au culte de Mithra pour comprendre le Samak-é ‘ Ayyâr"

Selon l’auteure, le Samak-é ‘ Ayyâr est composé de légendes scythes. Shala Nosrat-Wolff présente d’abord l’œuvre qui est un récit d’amour et d’aventures, conçu pour la déclamation, dont la version écrite pourrait ne remonter qu’à la fin du XIIe siècle. Le texte contient très peu de mots de persan venus de l’arabe. « Le temps historique dans lequel se déroule l’essentiel de l’action du récit  de Samak-é ‘ Ayyâr remonte à l’époque des Parthes-Arsacides, mais en étroite harmonie avec les conditions sociales, politiques et culturelles de la société médiévale iranienne, révèle également une partie assez obscure de l’histoire islamique de l’Iran » (page 51).

Le texte est porté par une prose proche du langage parlé, mais agrémenté de divers ornements  prosodiques. Les descriptions concernent entre autre des scènes de batailles ainsi que des levers et couchers de soleil. Les personnages principaux sont le prince Ḵoršid-šāh, fils unique de Marzbān-šāh, le roi d'Alep et  Samak qui réalise des exploits.

Le second chapitre présente les personnages de façon précise et les références à la déesse-mère iranienne Mithra dont le culte évolue en particulier sous l’influence du zoroastrisme. « Suivant le témoignage de l’archéologie, entre quinze et dix mille ans avant l’ère chrétienne, les habitants du Plateau iranien célébraient le culte d’une Déesse-Mère chargée de présider aux destinées humaines et aux initiations.  Par là, la femme prédominait la société et la succession se faisait par la lignée féminine » (page 176).

Dans la  troisième partie, on relève particulièrement ceci : « La date hypothétique de la pratique de la polygamie chez les Iraniens aurait remonté à la fin du IIe millénaire, c’est-à-dire à une époque où le système gynécocratique cède le pas au système patriarcal dont l’essentiel se résume en propriété privée. (…) Hérodote rapporte que le roi scythe est enseveli avec ses concubines, ses serviteurs, ses chevaux, ses chars attelés et toutes sortes de richesses » (page 192). Si la place de la femme dans les religions monothéistes implantées en Iran depuis Zoroastre est largement développée, l’auteure s’intéresse également aux symboliques des nombres, animaux, plantes, temps et espace. On note que « les mystères initiatiques de Mithra comportaient sept niveaux d’élévation spirituelle correspondant chacun à un corps céleste visible » (page 236). Les cérémonies des fiançailles et du mariage sont d’ailleurs marquées par de multiples références au chiffre sept, voire ponctuellement au nombre 14 qui est le résultat de deux fois sept (page 236).   

Réservé aux spécialistes Quelques illustrations

Benjamin

Note globale :

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