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La Belle et la Bête de Jean Cocteau, 1946: Une affaire de genre

La Belle et la Bête de Jean Cocteau, 1946: Une affaire de genre
L’Harmattan139 pages
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Avis de Benjamin : "Vous n’aurez pas peur ? J’aime avoir peur avec vous !"

La Belle et la Bête est un film, sorti en 1946 ; il a été réalisé par Jean Cocteau et s'inspire du conte de fées éponyme. On sait que c’est le récit d’un marchand qui s'égare dans les jardins d'un monstre, où il cueille une rose. La Bête se sent offensée et réclame une de ses filles en échange de la libération du père. C’est la fille cadette du marchand, surnommée la Belle, qui accepte d'aller vivre dans le château de la Bête. Non seulement un sincère amour naîtra entre les deux personnages principaux mais en plus la Bête finira par prendre les traits d’un prince charmant. Le film prend fin sur ces répliques :

« Vous ressemblez à quelqu'un que j'ai connu autrefois…

Cela vous gêne-t-il ? 

Oui… (puis avec un visage radieux) Non ! »

plus (s’apprêtant à porter Belle dans les airs)

« Vous n’aurez pas peur ?

J’aime avoir peur avec vous ! »

On sait que les deux rôles principaux étaient tenus par Josette Day et Jean Marais. Deux pages pleines portent un résumé du film.

Paul Obadia réfléchit autour des identités sexuées des personnages. Il s’attache à noter les éléments significatifs du récit (lieux et actions), de l’image et des sons. Le film, porteur d’une certaine idée d’autonomie féminine, arrive au moment où les prisonniers de guerre rentrent d’Allemagne. Nombre de femmes ont vécu l’Occupation en prenant des responsabilités tant dans la vie quotidienne que dans le domaine politique (en s’engageant dans la Résistance). Le retour à l’ancien équilibre des relations hommes/femmes est d’autant moins possible que contrairement à 1918 ce n’est pas un vainqueur qui revient mais au contraire un homme qui a été défait par l’ennemi. La question de comment fut lu à l’époque le film resterait à creuser toutefois il est certain qu’aujourd’hui on perçoit que « le film met rapidement à mal les repères ancrés sur le modèle patriarcal hégémonique » (page 131).  

 

Le  parcours de lecture de cet ouvrage, après un prologue intitulé "Belles et Bêtes" (où un mot est dit sur certains films dont King Kong) se réalise en neuf étapes qui ont respectivement pour titre : "Ils se marièrent", "Masculin vs Féminin", "Masculin/Féminin en question(s)", "L’un est l’autre/L’une est l’autre", "Une histoire de doubles : d’une dualité à d’autres", "Genre et identité : il serait une fois", "Passages, franchissements", "Au pavillon de Diane", "En guise de conclusion". Paul Obadia avait déjà analysé le contenu d’une série FBI portés disparus et certains aspects de l’œuvre de deux cinéastes français dans Le personnage, le mouvement et l’espace de Jacques Tati et Robert Bresson.

Pour connaisseurs Aucune illustration

Benjamin

Note globale :

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