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Jules Adler 1865-1952

Jules Adler 1865-1952
SilvanaEditoriale236 pages
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Avis de Ernest : "Et l'ouvrier entre dans les tableaux"

Cet ouvrage est sous-titré Peindre sous la Troisième République. Au troisième étage du musée de Luxeuil-les-Bains, une salle entière est consacrée aux oeuvres du peintre Jules Adler, né à en 1865 dans cette cité franc-comtoise proche de Lure où vit le jour neuf ans plus tôt Georges Colomb qui se rendit célèbre sous le pseudonyme de Christophe avec en particulier Le sapeur Camembert.  À Luxeuil-les-Bains, on peut voir en particulier les tableaux  Les Haleurs et  Mon vieux Luxeuil ainsi que portraits de personnages politiques radicaux du département comme Jules Jeanneney (président du Sénat à la fin de la IIIe République), Charles-Maurice Couyba et André Maroselli. Bénédicte Gaulard consacre d’ailleurs un article à ce musée inauguré en 1933, soit près de vingt ans avant le décès de l’artiste.

La couverture reproduit un tableau de 1936 intitulé Paris vu du Sacré-Cœur, une ville où notre artiste réside à partir de dix-sept ans. Jules Adler suit les cours de l’École nationale des Arts décoratifs à cette date ; on le retrouve ensuite en 1884 à l’École des Beaux-Arts de Paris où il enseignera de la fin des années vingt aux années trente. Il semble qu’il gagne progressivement mais sûrement une bonne notoriété, un de  ses thèmes de prédilection est le monde ouvrier et il est surnommé "le peintre des humbles". Il trace une voie moyenne entre les avant-gardes impressionnistes et un art plus officiel dit académique, bref le contenu de ses tableaux peut tout-à-fait plaire aux musées de province. D’ailleurs il contextualise géographiquement nombre de ses œuvres comme on peut le relever avec des titres comme Gros temps au large, Matelotes d’Étaples, Deuil en Limousin, Garçon de ferme à Saint-Valbert, La grève au Creusot ou Les sardinières de Douarnenez.

L'exposition Jules Adler 1865-1952. Peindre sous la Troisième République a rassemblé au musée de Dôle du 17 octobre 2017 au 11 février 2018 la majorité des oeuvres conservées en collections publiques et un certain nombre appartenant à des personnes. Après une introduction cosignée par les conservateurs des musées de Dôle, Évian et Roubaix, les divers chapitres s’intitulent : De Luxeuil au seuil de l’institut, Adler "artiste juif", Voyage au pays des humbles : Adler le naturalisme et les vaincus de la ville moderne, Le peuple multiple le peuple unique : Jules Adler et Théophile-Alexandre Steilen illustrateurs de leur temps (1893-1923), La manifestation Ferrer (1911), La société en marche : iconologie du mouvement social autour de Jules Adler et Théophile-Alexandre Steilen, Adler régionaliste malgré lui, Peindre la question sociale, Jules Adler peintre dans la Grande Guerre, Du peintre au musée : Jules Adler et Luxeuil, Une œuvre trop méconnue de Jules Adler : les toiles décoratives de l’établissement thermal de Luxeuil (1938-1940).     

Notons que Théophile Steilen était né à Lausanne en 1859 et qu’il dessina dans de nombreux journaux de sensibilité socialiste ou libertaire. Par rapport à la Première Guerre mondiale, on a en particulier un tableau évoquant l’annonce de la mobilisation, un montrant la réception de l’armistice et une affiche appelant à souscrire à l’emprunt de la défense nationale pour 1915. On apprécie que dans cet ouvrage de grand format de nombreux tableaux soient reproduits en pleine page et que globalement l’iconographie couvre la moitié de la surface.

Pour connaisseurs

Ernest

Note globale :

Par - 265 avis déposés -

434 critiques
27/02/19
Ouvrier.e.s AuMusée, la mélancolie d’un futur: exposition du 23 mars au 29 décembre 2019
Musée de l'histoire vivante à Montreuil (93)
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