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La révolution anglaise 1603-1660

La révolution anglaise 1603-1660
Perrin606 pages
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Avis de Adam Craponne : "Charles Ier joue au charlot"

Voici un ouvrage, fruit d’un énorme travail de recherche et de synthèse, qui se lit assez facilement du fait d’une écriture fluide. L’auteur prend soin de présenter chacun des personnages historiques lorsqu’ils entrent en scène, de plus un index permet de retourner à cette présentation car 500 pages se lisent rarement d’affilée. 

Il faudra deux révolutions anglaises, l’une au milieu et l’autre à la fin du XVIIe siècle, pour qu’en s’appuyant sur le texte de la Grande Chartre de 1214 concédé pet Jean sans Terre ; en effet, outre que de garantir les droits féodaux et les libertés des villes, ce texte obligeait que le contrôle de l’impôt se fit par le Grand Conseil du Royaume. Par cette Charte, la royauté en Angleterre ne fut dorénavant plus une monarchie absolue.

Pour nous expliquer la Révolution des années 1640 qui débouche sur la mort de Charles Ier en  1649, Ber­nard Cot­tret remonte à l’arrivée au pouvoir de son père Jacques Ier d’Angleterre et d’Irlande en 1603. Comme il est déjà depuis l’âge d’un an, après l’abdication de sa mère Marie Stuart, roi d’Écosse sous le nom de Jacques VI d’Écosse, c’est la première fois que les îles britanniques ont un même souverain. Le récit, très dense et d’une écriture limpide, se clôt avec la Restauration de la royauté en la personne de Charles II (fils du précédent), qui suit de deux ans la mort de Cromwell.  Bernard Cottret traite de l'évolution du pays auquel il s’intéresse en divers chapitres bien charpentés : "le Roi en ses royaumes 1603-1637", "Les Royaumes désunis 1637-1642", "La Grande Rébellion 1642-1649", "La République et l'Interrègne 1649-1660".

Certes Charles Ier rencontre des difficultés pour obtenir les prélèvements qu’il souhaite mais surtout dans la partie à quatre qui se joue dans le domaine religieux en ses royaumes, il arrive à coaliser contre lui tant les catholiques irlandais, que les presbytériens écossais et les puritains anglais. Lorsque Jacques 1er s’exclame : « No bishop, no king », il se fait des enemmis irréconciliables chez les Écossais. En fin de compte il n’est plus soutenu que par les évêques de l’Église anglicane. Il paie aussi les maladresses du son favori le duc de Buckingham (celui mis en scène par Alexandre Dumas) et de son épouse Henriette Marie de France, une fille d’Henri IV. Pour enfant, le couple royal a aussi Henriette d'Angleterre, sur laquelle Mme de La Fayette a écrit un roman et dont un livre d’historien, présenté ici, raconte l’ensemble de la vie qui fit d’elle une maîtresse de Louis XIV.  Comme lors de la Révolution française, cent cinquante ans plus tard, alors qu’il s’agit au départ d’un problème fiscal et d’un désir de réforme on arrive à un changement de régime du fait des maladresses d’un souverain et de son entourage. La Révolution anglaise, encore plus que la Révolution est marquée par la continuité, elle est : « une étape décisive et étatique d’abord souhaitée par la monarchie » (page 472)   

Bernard Cottret s’interroge aussi sur l’œuvre et la personnalité du Lors protecteur que se donnent les îles britanniques de 1653 à 1658 (qu’il assimile ouvertement à Napoléon Bonaparte):

« Ennemis des rois, Cromwell était-il vraiment un ami des parlements, lui qui avait si bien su les purger, les dissoudre et les réprimer ? Tout le génie de l’Angleterre tient bien à cet équilibre entre la violence et la civilité, l’histoire réelle et celle, idéalisée, de la commémoration patriotique ou du souvenir civique. » (page 473)

Pour tous publics Beaucoup d'illustrations

Adam Craponne

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