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Les pirates contre Rome

Les pirates contre Rome
Realia ; Les Belles lettres 274 pages
1 critique de lecteur

Avis de Xirong : "Lorsqu'on ne sait pas vers quel port on navigue, aucun vent n'est le bon (Sénèque)"

Claude Sintes est directeur du musée départemental Arles antique et a été chargé des fouilles sous-marines du port antique d’Apolloniade Cyrénaïque (aujourd’hui à l’est de la Lybie).

Alors que la piraterie est redevenue à notre époque un problème au large des certaines côtes africaines et dans l’univers malais, cet ouvrage rappelle que l’empire romain dut faire face non à une piraterie artisanale mais à des activités de grand banditisme marin qui se réalisèrent avec la complicité de certains ports de la Méditerranée. Cette activité permettait à des régions parfois très pauvres comme la Cilicie (sud-est de la Turquie actuelle) de connaître un dynamisme économique entièrement dépendant du nombre de bateaux pris. Les îles Baléares, la Dalmatie et la Crête tiraient également bien profit de la piraterie.

Claude Sintes tient un discours sur les bandits de la mer qui s’appuie entre autre sur des comptes-rendus de fouilles de bateaux échoués ; ces épaves ont parfois été découvertes il y a plus d’un siècle (comme celle dite de "Madhia" au large du centre de la Tunisie). Toutefois il serait bien imprudent d’attribuer toutes les traces d’incendie retrouvées à une attaque de pirates. Le doute est parfois levé grâce à la présence par exemple de balles de fronde ; c’est le cas avec une épave près de Palma-de-Majorque.

Très tôt la littérature romaine évoque des faits historiques liés à la piraterie, on en trouve un nombre conséquent dans Les Éthiopiques un roman grec d’un Syrien Héliodore d’Émèse paru à la fin du IVe siècle après Jésus-Christ. On peut sentir le danger qu’ils ont représenté en se penchant sur les honneurs rendus aux généraux romains qui arrivent à en vaincre certains. À travers cet ouvrage n’est pas seulement évoquée la dimension économique, on trouve également place pour les aspects techniques et les stratégies mises en œuvre par les forbans (avant la lettre) et ceux qui répriment la piraterie.

Cette dimension de l’histoire romaine n’était pas totalement inconnue car l’on sait que le Grand Pompée, surnommé le "Fils de la Mer et de Neptune" s’appuya sur certains pirates ciliciens dans sa rébellion contre Rome. On trouve la confirmation que, quelque soit l’époque, la piraterie ne peut être éradiquée que si un volet économique n’accompagne pas la lutte contre le banditisme marin.  

idé cadeau

Pour connaisseurs Peu d'illustrations

Xirong

Note globale :

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