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Jour J, 21 Le crépuscule des damnés

Jour J, 21 Le crépuscule des damnés
Delcourt64 pages
1 critique de lecteur

Avis de Adam Craponne : "Qui dans les deux camps portait l'idée de la Nation française?"

Il faut savoir que dans cette série uchronique, il peut y avoir des diptyques ou des triptyques. Au départ on faisait suivre les tomes où le récit se prolongeait, ainsi les tomes 3 et 4 "Septembre rouge" et "Octobre noir" permettait de voir en particulier Clemenceau réfugié en Algérie en raison de l’occupation de toute la métropole par les Allemands fin 1914.  

Mais dans cette série "Jour J", qui traite la plupart du temps de conflits, pour certainement mieux tromper l’ennemi on a maintenant dans la plus grade discontinuité un triptyque autour des conséquences du basculement en février 1934 de France dans le fascisme. En fait ici le tome 14 "Oméga", le volume 18 "Opération Charlemagne" et le 21e titre "Le crépucule des damnés".

Ce qui m’étonne de bout en blanc c’est de voir Laval devenu dictateur, en gardant d’ailleurs le titre de Président du conseil. Personnellement je m’en étonne, avec sa "gueule de métèque", son passé de politicard opportuniste et  d’ancien socialiste, sa seule constante idéologique à savoir le pacifisme, le dernier que les ligues seraient allées chercher pour le porter au pouvoir aurait bien été Laval. Il y avait des gens, issus des milieux parlementaires, qui suscitaient un certain respect chez les Croix-de-feu, voire à l’Action française. De plus si on comprend bien voilà notre Laval, aux messages vengeresques, chef des armées françaises, cela relève bien plus de l’incongruité que de l’uchronie. Pétain n’est que cité dans ce volume et il semble une belle potiche, puisque les tableaux du dictateur sont ceux de Laval.    

Le régime fasciste français, après s’être partagé l’Allemagne avec les voisins de celle-ci, s’est engagé en 1942 dans un combat contre le Royaume-Uni. Jusqu’à ce que l’Amérique ne vienne au secours de cette dernière. Nous sommes en 1943, d’après les illustrations plutôt en été, les collaborateurs en particulier Céline et le commissaire Lafont de façon non surprenante plus l’inattendue Simone de Beauvoir (ses grandes responsabilités dans le nouveau système montrant que les femmes émancipées peuvent devenir agents d’oppression)  fuient vers l’Espagne de Franco. Le sens de l’humour qui est prêté à cette dernière est quasiment aussi scandaleux que le fait de la projeter actrice du totalitarisme ; ainsi page 47 alors qu’on entre dans un tunnel, elle s’écrit s’adressant à Céline :

« C’est vraiment le voyage au bout de la nuit, mon cher Destouches »  

Le journaliste Jean Hérold-Paquis est entièrement dans le rôle qu’il a assumé dans l'Histoire, rappelons que c'est lui qui pévoyait la destruction de l'Angleterre, à l'instar de celle passée de Carthage. Le jeune Mitterrand déjà retors joue un rôle trouble dans la transition (non) démocratique entre le régime fasciste et la IVe république. Il n’est pas le seul. Mendès-France est présent comme "vierge effarouchée", de Gaulle meurt dans des circonstances plus que troubles alors qu’il était le dernier espoir pour le redressement des armées françaises et Sartre joue son rôle devant les usines avec un quart de siècle d’avance…

L’aviation militaire a une place plus ou moins importante. Les visages sont très tourmentés, les intérieurs sont plus ou moins fouillés et les extérieurs sobres.    

Pour tous publics Beaucoup d'illustrations

Adam Craponne

Note globale :

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