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L'Année d'Apollinaire

L'Année d'Apollinaire
Fauves120 pages
1 critique de lecteur

Avis de Alexandre : "Et la Roche-sur-Yon dans tout ça ? Il y avait pourtant de quoi en faire un fromage avec la Vache qui rit de Benjamin Rabier"

Ce livre a été écrit en s’inspirant des nombreuses lettres que Guillaume Apollinaire a écrit durant cette année 1915 d’abord simultanément puis successivement à sa maîtresse Lou et à son amour quasi platonique Madeleine Pagès. Cette dernière est née à La Roche-sur-Yon où son père puis son oncle enseignent la philosophie autour de 1896 (année où le second succède au premier), l’auteur omet de nous le préciser ; d’ailleurs il n’indique pas non plus que Madeleine Pagès est surveillante au lycée d’Oran.

Par contre le lecteur apprendra bien des choses sur le père et la mère de cette dernière. En rappelant régulièrement qu’en Languedoc, en Provence et en Algérie l’auteur et la famille de Madeleine ont fréquenté à quelques années de distance les mêmes lieux.

Ce qui est dit page 29 dans ce livre, et confirmé avec  Apollinaire et les femmes d’Alexandre Dupouy, Apollinaire vit une relation sadomasochiste avec Lou (un goût d’ailleurs exprimé aussi par lui dans son roman érotique "Les onze mille verges"). Selon nous, il passe à un amour rêvé sainement sensuel auprès de Madeleine. En novembre, il lui écrivait :

« Si je songe à tes seins le Paraclet descend
Ô double colombe de ta poitrine ».

 Le livre se clôt au 10 janvier 1916 jour où le poète quitte Oran où il est arrivé pour Noël. Aussi n’est pas abordée la question du progressif détachement de Guy Apollinaire envers Madeleine. « Et si l’amour de Gui pour Madeleine n’était qu’un divertissement au cœur de la Grande Guerre » s’interroge Jacques Ibanès. Selon nous ce serait le recadrage (ou si on préfère la rencontre thérapeutique) qui lui permettra de se dégager de l’image de sa mère présente à travers les femmes qu’il aime. Il va pouvoir accéder au mariage avec une Vosgienne qu’il avait d’ailleurs rencontré avant-guerre. Cette dernière se retrouvait seule avoir perdu fin avril 1916 son amant le poète Jules-Gérard Jordens.  Mais le 9 novembre 1918, Apollinaire décède de la grippe espagnole et il est enterré alors que la joie populaire éclate dans les rues de Paris ; son convoi funèbre fend péniblement la foule en direction du Père-Lachaise le 13 novembre.

L’Année d’Apollinaire permet aussi de suivre de façon précise Apollinaire au front, puisque notre poète est sous les drapeaux, passant d’ailleurs de l’artillerie (où il a été incorporé le 6 décembre 1914) à l’infanterie.  Une photographie de Lou et une de Madeleine n’auraient pas été un luxe.

Pour connaisseurs Aucune illustration

Alexandre

Note globale :

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