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L’enfance de Jésus selon Fra Angelico

L’enfance de Jésus selon Fra Angelico
Desclée de Brouwer148 pages
1 critique de lecteur

Avis de Adam Craponne : "Celui qui ne prie pas le Seigneur, prie le diable. Quand on ne confesse pas Jésus-Christ, on confesse la mondanité du diable, la mondanité du démon."

C’est une phrase de Léon Bloy, mort il y a juste cent ans qui nous sert de titre. Michel Feuillet  est un spécialiste de l’iconographie chrétienne et il y a deux ans il nous avait donné l’ouvrage François d’Assise selon Giotto, toujours chez Artège. Fra Angelico  est surnommé "Le Peintre des anges", c’est un frère dominicain. Il a su intégrer les apports de la précoce Renaissance italienne (le Quattrocento), à savoir la perspective et la représentation renouvelée de la figure humaine (plus réaliste), avec certaines caractéristiques de la peinture de la fin de la période médiévale en matière de couleur, lumière et portée pédagogique de l’œuvre.

Fra Angelico  a vu le jour vers 1395, sous le nom de Guido di Pietro, dans la petite ville de Vicchio près de Florence, les Médicis sont d’ailleurs originaires d’un village environnant Vicchio. Son père Pietro est un laboureur et son frère cadet Benedetto a été moine bénédictin. Fra Angelico  a été béatifié sous le nom de "Bienheureux Jean de Fiesole" car il a vécu dans le couvent Saint-Dominique de Fiesole (alors un village proche de Florence) une partie de sa vie. Il est mort à Rome en 1455. Il a été proclamé saint patron des artistes en 1984. Le Musée Jacquemart-André, légué à l'Institut de France en 1912 par Nélie Jacquemart, et géré par Culturespaces, est le premier musée français à avoir consacré, fin 2011 et début 2012 une exposition à Fra Angelico.

Première satisfaction, le livre sur Fra Angelico a une table des matières, ce que n’avait pas l’ouvrage François d’Assise selon Giotto. On commence par nous présenter l’homme et l’artiste, citant Giorgo Vasari qui au milieu du XVIe siècle écrivait : « Il avait pour habitude de ne jamais retoucher ni effacer aucune de ses œuvres, mais de les laisser toujours telles qu’elle venaient du premier coup, croyant, disait-il, que telle était la volonté de Dieu » (page 5). 

Michel Feuillet écrit que Fra Angelico, pour aborder l’enfance Jésus, « mobilise ses qualités de maître de la douceur, de la transparence et de la tendresse. Mais, dans le même temps, il prend la mesure doctrinale, théologique, de cette naissance aussi humaine que divine. Fra Angelico pose alors un regard adulte sur une enfance dont il entend exprimer la délicatesse mais aussi la gravité » (page 7).

Michel Feuillet nous explique que des quarante-et-une étapes de la vie dans sa totalité  du Christ, peintes par notre artiste dans l'oeuvre phare proposée, il ne nous en reste que neuf évoquant son enfance. Ces panneaux ornaient une armoire qui conservait des ex-voto en argent. Les sept œuvres restantes sont aujourd’hui au musée de Florence.  

Par la suite, il est renvoyé, toujours avec une iconographie de bonne taille et en utilisant divers cadrage à des œuvres de Fra Angelico sur le même sujet. Chaque tableau bénéficie d’une reproduction en pleine page et généralement deux détails profitent d’une image dans les mêmes dimensions, à savoir 25x25 cm, de plus on a aussi des images un peu réduites. Ainsi peut-on découvrir, en nous précisant où elles sont conservées aujourd’hui les réalisations de Vierge à l’enfant au Musée de l’Ermitage, à Pise, à Madrid, à la Galleria nazionale de Parme, à Pérouse, à la Galleria Saubada à Turin et à Amsterdam. Après des informations aussi diverses, autour des qualités artistiques propres, des allusions historiques  et des symboles présents, on est prêt à comprendre par soi-même, au moins pour partie, des œuvres de la même époque provenant d’autres artistes.

De la conclusion, on tirera :

« La peinture du dominicain, pour spirituelle qu’elle soit, entend d’abord assumer toute l’épaisseur de la vie pour célébrer l’Incarnation dans sa totalité. Si Fra Angelico dépeint la totale humanité de Jésus enfant, il veut dans le même temps célébrer son intacte divinité » (page 141)

Il est à noter que l’association Ars Latina a créé une exposition itinérante Fra Angelico  à destination des établissements scolaires catholiques de France.             

Pour connaisseurs Beaucoup d'illustrations

Adam Craponne

Note globale :

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