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L’autre Rimbaud

L’autre Rimbaud
L’iconoclaste304 pages
1 critique de lecteur

Avis de Adam Craponne : "Attention, un Rimbaud peut en cacher un autre"

Le 20 mai 1891, âgé de trente-sept ans, Arthur Rimbaud était arrivé à Marseille en provenance d’Aden ; il est amputé d’une jambe deux jours plus tard. Fin juillet il rentre dans les Ardennes mais il repart pour Marseille le 23 août pour se faire de nouveau soigner à l'hôpital de la Conception et dans l’espoir de pouvoir, après un rétablissement repartir vers Aden.

Sa sœur Isabelle l’a accompagné depuis Charleville et elle assiste à ces derniers moments.  Aidée par son mari Pierre-Eugène Dufour, connu comme peintre, sculpteur et poète  sous le pseudonyme de Paterne Berrichon, elle va réécrire la vie de son frère pour le faire mourir en chrétien, détruire certains documents ayant un rapport avec ce dernier, censurer certaines œuvres et poursuivre la tâche déjà entreprise, par sa propre mère, de mise à l’écart du frère Frédéric ainsi que des filles de ce dernier.

Page 144, David Lebailly évoque le fait que les enfants de Frédéric furent déboutées de leur demande de perception des droits d’auteur, avec pour argument que jamais Frédéric ne s’intéressait à l’œuvre de son frère. C’est évident puisque Isabelle avec son mari l’en avait toujours empêché et à la mort de Paterne Berrichon, ce fut sa seconde épouse, ancienne femme de chambre de femme de la première qui en hérita.

Frédéric Rimbaud, portant le même prénom que son père, est né le 2 novembre 1853 (soit un an avant Arthur) et décédé en juillet 1911 à Vouziers alors qu’il habitait Attigny. Il avait épousé Blanche Rosa Maria Justin morte en février 1901. Le récit de ce roman historique, fort bien documenté, démarre avec la venue de Frédéric pour l’inauguration le 21 juillet 1901 à Charleville du buste d’Arthur Rimbaud, réalisé par Paterne Berrichon, le mari d’Isabelle. C’est la vie de ce frère d’Arthur qui nous est là conté.

Le passage de Frédéric dans les troupes auxiliaires durant la Guerre de 1870 est authentique. Comme son père, il s’engagea dans l’armée et il le fit en novembre 1873 en demandant de rejoindre le régiment où avait servi son géniteur. Je me suis précipité sur le site des archives des Ardennes pour chercher son registre matricule, ceci en vain car à la page 109 l’auteur nous apprend que son nom a été mal orthographié sur ce document.  Des évènements en lien avec la relation entre Verlaine et Rimbaud sont rapportés ici. Toutefois l’essentiel est bien la reconstitution fine de la personnalité de Frédéric Rimbaud.

Pour tous publics Peu d'illustrations

Adam Craponne

Note globale :

Par - 691 avis déposés - lecteur régulier

691 critiques
06/09/20
Un été avec Rimbaud
https://www.franceinter.fr/emissions/un-ete-avec-rimbaud
277 critiques
12/09/20

Rimbaud et Verlaine au Panthéon : la famille de Rimbaud hostile à l'idée d'une entrée conjointe des deux poètes dans le monument parisien
https://www.francetvinfo.fr/societe/debats/pantheon/rimbaud-et-verlaine-au-pantheon-la-famille-de-rimbaud-hostile-a-l-idee-d-une-entree-conjointe-des-deux-poetes-dans-le-monument-parisien_4102753.html
277 critiques
12/09/20
Pour l’entrée au Panthéon d’Arthur Rimbaud et Paul Verlaine . Voir la pétition
https://www.change.org/p/pr%C3%A9sident-de-la-r%C3%A9publique-pour-l-entr%C3%A9e-au-panth%C3%A9on-d-arthur-rimbaud-et-paul-verlaine
691 critiques
17/09/20
Texte à charge, co-signé par plusieurs grands noms du mouvement surréaliste tels que Aragon, Breton, Eluard, Desnos, Ernst, Prévert, Queneau ,contre la mairie de Charleville Mézières et contre les élus ardennais à l’occasion de l’inauguration d’un Monument Rimbaud
https://www.autographes-des-siecles.com/produit/arthur-rimbaud-surrealistes/
691 critiques
20/09/20

On peut par contre s’étonner qu’en plein triomphe du politiquement correct, certaines bonnes âmes aient cru bon de rendre hommage à Verlaine, « Prince des poètes » certes, mais aussi mari alcoolique, violent, qui abandonna femme et enfant pour suivre son tout jeune amant.
Quant à Rimbaud, « l’Ange de Charleville » (Paul Claudel) fut aussi un trafiquant d’armes patenté et sut très bien fermer les yeux sur l’esclavage qui sévissait alors dans la Corne de l’Afrique pour mener à bien ses petites affaires. Extrait de :

Laissez Rimbaud tranquille !
https://www.herodote.net/Laissez_Rimbaud_tranquille_-article-2669.php

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