Avis de François S.F. : "Saint-Michel remplace Montjoie Saint-Denis"
On a également en mémoire le livre très marquant de Valérie Toureille intitulé : "Le Drame d'Azincourt" et dans lequel l'autrice a mis en valeur les faits de résistance passive et active des Normands après la défaite d'Azincourt et la conquête du duché de Normandie par Henry V de Lancastre, roi d'Angleterre intéressé aussi par la couronne de France.
Et voici l'excellent livre de David Fiasson publié par les Presses Universitaires de Rennes (P.U.R.) et intitulé : "Le Mont-Saint-Michel dans la guerre de Cent Ans. Abbaye, ville et forteresse". L'auteur s'était déjà fait connaître avec : "Crécy, 1346 : la bataille des cinq rois", titre paru en novembre 2022 chez Perrin.
Il faut rappeler que le lieu même du Mont était déjà marqué par le fait que l'on en avait fait le point central d'un pèlerinage qui était devenu presque aussi célèbre que celui de Saint-Jacques de Compostelle et qui devint encore plus important aux yeux des sujets du roi de France par le seul fait que le site résista héroïquement et principalement par deux fois aux entreprises des Anglais pour s'en emparer : une première fois en 1424-1425 et une seconde fois en 1434, cela bien que les Anglais eussent pris pied sur l'île voisine de Tombelaine, qu'il auraient pu réaliser un blocus complet du Mont, et que le père-abbé de l'abbaye, Robert Jolivet, qui devait mourir en 1444, avait fait allégeance aux rois d'Angleterre Henry V et Henry VI. Ce n'était pas glorieux et c'était contraire à l'esprit de résistance qui avait animé son prédécesseur Pierre Le Roy (1350-1410). David Fiasson développe assez largement tous ces aspects et fait aussi sa part aux moyens de subsistance nécessaires à la garnison du Mont et à la manière de se les procurer.
Comme la place fut la seule à tenir face aux Anglais, qui avaient mis la main sur le duché de Normandie et entretenaient de nombreuses forteresses et ports Bretons, l'île devint aussi le point de départ d'expéditions de corsaires dans la Manche et d'opérations terrestres de rapine ou de commando vers les possessions tenues par l'ennemi. On peut dire que le Mont fut du fait de sa résistance et de la capacité des hommes d'armes français à harceler les Anglais depuis ce point un véritable bastion utile aux Valois en vue de la reprise de la Normandie arrachée aux "occupants" ou "envahisseurs" venus d'outre-Manche. Sa tranquillité, l'île ne l'a retrouva qu'avec la fin des opérations guerrières entreprises par les Anglais. Il était donc très utile de revenir une fois de plus mais autrement, on pourrait d'ailleurs dire sur un plan presque exclusivement militaire, sur le sujet, même si l'auteur étend son analyse bien au-delà de ces questions purement polémographiques.
François Sarindar, auteur de : Charles V le Sage ou les limites d'un grand règne (2023).
coup de coeur !
Pour connaisseurs Plan chronologique