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Les tyrannosaures de la République

Les tyrannosaures de la République
Rocher 195 pages
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Avis de Adam Craponne : "Détruisez la Vendée, et (…) Détruisez la Vendée, et (…) Détruisez la Vendée et (…), Détruisez la Vendée, et (…)"

Le titre de notre présentation est tiré d’un discours anaphorique de Bertrand Barrère du 1er octobre 1793, texte rapporté pages 65 et 66 dans Les tyrannosaures de la République. Avec le choix d’un tel titre d’ouvrage, on devine que le procès est à charge. Il s’agit de dénoncer les artisans de la Terreur.

Le contenu tient plutôt de l’historiographie engagée, les auteurs valorisant tout ce qui a été écrit par des historiens hostiles souvent à l’ensemble de la Révolution française et récusant tous ceux qui, comme Jean-Clément Martin, font un certain tri entre les membres du Comité de Salut public et les représentants en mission. Jean-Clément Martin écrit d’ailleurs, et il est bon s’en rappeler en lisant Les tyrannosaures de la République, que « La Terreur repose sur l’exaltation d’individus qui ont conscience de vivre un épisode essentiel de l’histoire et qui adoptent un langage et des aspirations véritablement révolutionnaires, mais irréalistes… Un langage radical, véritable code, est requis sous peine d’être suspect » (La Révolution française, Belin, 2004, p. 201).

Le grand intérêt de l’ouvrage est de sortir de l’oubli certaines personnalités. En effet sont évoqués d’autres personnages,  à côté des figures de Robespierre, de l’Auvergnat Couthon (accusé avec Robespierre et Saint-Just de former un triumvirat aspirant à la dictature par ceux que l’on va appeler les thermidoriens), de Joseph Fouché, de Jean-Baptiste Carrier (d’ailleurs un autre Auvergnat), le Bigourdan Bertrand Barère (rapporteur en titre du Comité de salut public à la Convention, il est donné ici comme le principal inventeur des légendes des enfants-héros Viala et Bara) et de Paul Barras.

Une place est donc faite à Louis-Marie-Stanislas Fréron (qui réprime les insurrections fédéralistes de Marseille et Toulon), Collot d’Herbois (qui mâte la révolte fédéraliste des Lyonnais), Pierre-Mathieu du Mesnil, François Laporte, Claude Javoges, Lamberty, Pierre Bourbotte… Bref on trouvera au moins un personnage, élu à la Convention ou actif pendant la Terreur, en lien avec le territoire de la commune où on habite (ou non loin de celle-ci). Un chapitre entier est consacré aux exactions en Vendée militaire ou en pays chouan.      

Même s’il n’a pas un chapitre pour lui tout seul, Antoine Jullien (promoteur de l’enseignement mutuel sous la Restauration et la Monarchie de juillet) est présent aux pages 30-32 et 109-100.  Ce personnage, dans une lettre à Robespierre, dénonce Carrier ; le Comité de Salut public (dont Robespierre est membre) sanctionne ce dernier. Sans nous donner de quoi nous faire une opinion propre (et en particulier sur le ton de la lettre), les auteurs rapportent les faits en profitant de l’occasion pour dire une fois de plus dire du mal de Robespierre (qui vient de sanctionner Carrier, avec les autres membres du Comité de Salut public ).

« Jullien demande le rappel de Carrier. Ce qui est fait. Le Comité lui adresse une lettre de rappel des plus aimables. Quant à Robespierre, éclairé par son "bon ami", il ne bouge pas » (page 32)

Par ailleurs, à l’université, on apprend aux étudiants en histoire à ne jamais porter de jugements moraux sur un personnage (ceci ne voulant pas dire que l’on ne mette pas le personnage étudié devant ses contradictions). L’ouvrage en est parsemé, comme ici :

« La fausseté est un trait fort du caractère de Barrère. Sa probité politique est des plus douteuses » (page 54)

Inquiet de voir que dans le passage sur l’Alsacien François Laporte (page 85), l’ouvrage (sans aucune note de référence) propose en particulier cette phrase : « il fut reconnu par le général Bonaparte comme un parfait coquin », je me suis reporté à la page 931 du livre Histoire et dictionnaire de la Révolution française : 1789-1799 de Jean Tulard.  J’en conclus, que pour ce personnage, les deux auteurs ont utilisé, sur le mode diffamatoire, le discours de Jean Tulard, non seulement pour la phrase citée mais pour tout ce qu’ils disent sur François Laporte.  Je me suis contenté de ce seul sondage à partir du livre Histoire et dictionnaire de la Révolution française : 1789-1799.

Ce livre Les tyrannosaures de la République est conçu pour asséner les vérités des auteurs et ses lecteurs exerceront là  leur esprit critique ou le boiront comme du petit lait.

Pour tous publics Aucune illustration

Adam Craponne

Note globale :

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