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Victor Hugo au Sénat

Victor Hugo au Sénat
Corsaire144 pages
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Avis de Ernest : "Au Sénat mais d’abord à la Chambre des pairs"

Victor Hugo fut pair de France, quasi confident de Louis-Philippe (y compris pour des sujets politiques) ; il a été successivement royaliste, libéral, démocrate, républicain et socialiste. Tout cela, fort heureusement, l’auteur le rappelle en introduction. Disons que l’on pourra discuter fortement le qualificatif de socialiste surtout pour l’époque évidemment, par rapport à l’idéologie de certains membres du Parti socialiste d’aujourd’hui cela est effectivement moins contestable…  Victor Hugo est un député républicain radical, ce qui le situe à l’extrême-gauche d’un parlement où les socialistes sont absents (suite à la répression de La Commune) à l’exception peut-être de Louis Blanc (et encore sous réserves pour cette époque).  

La chambre des pairs est une sorte de Sénat sous la Restauration ou la Monarchie de juillet, à une grande différence à savoir que ses membres étaient nommés par le roi. Victor Hugo rentra en 1845 dans cette assemblée où il ne retrouva pas Chateaubriand qui l’avait désertée après le changement de régime de 1830 mais Eugène de Ségur l’époux de la dite comtesse.

L’ouvrage nous présente, pour les années 1840, deux interventions de Victor Hugo, l’une sur la Pologne appelant en vain à une intervention française pour soutenir les Polonais dont le soulèvement a entraîné la répression des armées du tsar. Le second discours porte sur la protection et l’aménagement du littoral français, le troisième appelle à mettre fin à l’exil des membres de la famille Bonaparte (nul doute qu’il ne l’oubliera pas), le quatrième évoque les débuts libéraux du pontificat de Pie IX (là encore la suite des évènements montrera que l’autoritarisme était au rendez-vous). Le dernier texte évoque le droit d’auteur, à la suite de Beaumarchais si ma mémoire est bonne.

La date donnée pour l’élection de Victor Hugo à l’Assemblée nationale (une seule chambre à l'époque mais pour peu de temps) est le fruit d’une confusion, elle correspond au jour, le 1er mars 1871, où notre écrivain prend la parole contre le contenu du traité provisoire du traité de paix avec l’Allemagne, et vote contre celui-ci aux côtés de Clemenceau et de tous les députés des régions cédées dont l’ultra-montain Émile Keller qui se fait remarquer par son intervention. Notons d’ailleurs que le Traité de Francfort modifiera légèrement les frontières prévues, la zone devant Belfort étant élargie au détriment de communes proches de la frontière du Luxembourg. Donc on ne connaît pas ce que Victor Hugo dit ce jour-là ; une semaine plus tard il démissionne, pas à propos de cette question, mais de celle au sujet de l’élection de Garibaldi qui sera invalidée finalement car ce dernier est de nationalité italienne.  

On a, pour la période républicaine, ses trois discours (toujours habilement introduits) sur l’amnistie des communards. Parfois, tout au long de l'ouvrage, l'auteur nous glisse une opinion sur un autre sujet que celui des discours présentés, c'est le cas par exemple autour de l'utilité du Sénat. L’ouvrage se termine par une cinquantaine de pages d’annexe où on trouve en particulier des reproductions de pages manuscrites de Victor Hogo.    

Pour tous publics Beaucoup d'illustrations

Ernest

Note globale :

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