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Sur la trace des peuples perdus

Sur la trace des peuples perdus
Hugo doc238 pages
1 critique de lecteur

Avis de Adam Craponne : "Les derniers Peuples Premiers"

Jean-Pierre Dutilleux est un réalisateur belge de documentaires qui a joué un rôle important dans la sauvegarde d’une partie de la forêt amazonienne. Dans cet ouvrage, il nous entraîne à découvrir vingt ethnies qui vivent sur quatre continents (aucun ne réside en Europe). Chaque chapitre ouvre sur une carte géographique qui permet de situer l’endroit où vit le peuple évoqué.

L’ouvrage ouvre sur les Asmats de la partie indonésienne de la Nouvelle-Guinée et le récit montre à quel point il est parfois difficile de se rendre dans certains endroits pour y faire un reportage. Ici ils sont obligés de se faire passer pour des missionnaires catholiques hollandais car les autorités du pays ne désirent pas que l’on sache quelles conditions de vie sont imposées aux populations de type papou.

On peut regretter l’étalage de sa vie privée, surtout avec une occidentale, personnellement sans être choqué je me suis demandé, avec une action dans un très grand hôtel de la capitale, ce que faisait ici une phrase comme :

« Peu m’importe, sur une peau de jaguar en guise de descente de lit, je fais l’amour à Marie-Christine, ma copine qui m’accompagne parfois au bout du monde »  (page 17)  

Ce premier récit de séjour est prétexte à rappeler que la disparition en 1961 d’un fils d’un futur vice-président des USA et les rumeurs qu’il fut dévoré par certains Asmats restés anthropophage. Jean-Pierre Dutilleux recevra la confirmation du fait, Michael Rockefeller a été choisi pour assouvir une vengeance liée à une exaction de soldats indonésiens, il s’agissait d’apaiser les esprits de quatre chefs indigènes qui avaient été tués par les militaires. Plus loin au milieu de l’ouvrage, l’auteur évoque une autre tribu de cette même île, celle des Korowais, qui pratique encore l’anthropophagie. Un de ses membres :

« La viande de l’homme est très bonne, elle a le goût de l’autruche ou du casoar. Nous mangeons tout. Nous ne laissons rien. Nous raffolons de la cervelle. Nous la mangeons immédiatement après la mort de l’ennemi, quand elle est encore chaude. » (page 151)

Si les autres peuples ont des attributs moins morbides, ils n’en ont pas moins une caractéristique frappante et l’adjectif est particulièrement adapté pour les Hamers d’Éthiopie qui pratiquent la flagellation rituelle des femmes seins nues et totalement épilées (les poils pour eux renvoient aux animaux), voire avec la danse du soleil chez les Navajos des États-Unis.   

L’auteur a rendu visite en général à des ethnies très isolées de notre planète, ce sont, si on peut oser l’écrire, les derniers Peuples Premiers. Ces aventures humaines entraînent le lecteur à partager avec une pointe d’humour des émotions très diverses.  Le voyage se fait chez les Asmats de l’Irian Jaya, les Yanomamis du Brésil, les Danis de Nouvelle-Guinée, les Mursis d’Éthiopie,  les Agtas des Philippines, les Hamers d’Éthiopie, les Kayapos d’Amazonie, les Awa Guaja  du Brésil, les Pygmées du Congo, les Toulambis de la Nouvelle-Guinée, les Mendis de la Papouasie, les Zo’é du Brésil, les Mikeas de Madagascar, les Gros Ventres du Montana aux USA, les Mursis d’Éthiopie, les Pequots de la Côte est des USA, les Korowais d’Indonésie, les Navajos du Nouveau-Mexique, les Unas d’Irian Jaya. On apprécie beaucoup la cinquantaine de clichés en couleurs.

Pour tous publics Beaucoup d'illustrations

Adam Craponne

Note globale :

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