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La coutume kanak dans l’État

La coutume kanak dans l’État
L’Harmattan 274 pages
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Avis de Ernest : "Un ouvrage capital pour comprendre pourquoi la Nouvelle-Calédonie devrait rester française pour des raisons totalement ignorées par les métropolitains"

L’ouvrage est sous-titré "Perspectives coloniales et postcoloniales sur la Nouvelle-Calédonie", il est et restera très vraisemblablement un des rares à proposer en couverture une photo où apparaît Manuel Valls, même s’il ne se trouve pas seul. Le cliché a été pris en Nouvelle-Calédonie fin avril 2016. Rappelons à ce propos que le président François Hollande, peut-être courageux mais en tout cas jamais téméraire, a laissé au président de la République qui le suivra le soin d’organiser le référendum qui demandera en 2018 aux habitants de la Nouvelle-Calédonie (résidant depuis un certain temps sur l’île) s’ils souhaitent voir leur île accéder à l’indépendance.  En effet l’accord de 1988 une fois révisé en 1998 prévoyait une tenue de cette consultation entre 2014 et 2018.

En fait, dans les colonies françaises, le statut des indigènes ne relève pas du code civil et aujourd’hui encore Wallis et Futuna, Mayotte et Nouvelle-Calédonie ont gardé un certain nombre de coutumes qui prévalent sur les lois de la République. En Nouvelle-Calédonie, le statut civil particulier est devenu statut coutumier en 1998 avec l’accord de Nouméa. On considère qu’il y aurait environ 1354 022 personnes relevant du statut civil coutumier soit exactement la moitié de la population totale de l’île. Par ailleurs les anciennes réserves sont devenues des territoires coutumiers non transférables à la propriété privée.

Aujourd’hui, pour une bonne part de la population indigène « il n’est plus question, comme c’était le cas dans l’optique du mouvement nationaliste, de viser l’intégration des spécificités kanak dans un droit néo-calédonien émanant d’un État indépendant, mais de prendre appui sur l’existence d’un droit civil coutumier pour revendiquer la "souveraineté interne" du peuple kanak – laissant de facto la question de l’indépendance en suspens » (page 17).

Il est donc question ici de retracer l’histoire de la prise en compte du droit coutumier  et de tenter d’approcher ce qui définit l’identité kanak. Après une introduction de Christophe Demer et Benoît Trépied suivent huit contributions de huit auteurs différents (dont une pour chacun des deux personnes qui ont rédigé l’introduction). Elles ont pour titre successivement : Une histoire coloniale du conseil des anciens, Égalité totale ou évolution encadrée et séparée, À propos du Sénat coutumier : de la promotion mélanésienne, Entre droit coutumier et droit civil : vers un droit mixte, Le recueil de droit coutumier Paici-Camûki : Autopsie d’un projet classé sans suite, Vous avez oublié que vous êtes kanak : La justice coutumière face aux nouvelles formes, La tribu dans la ville : l’espace urbain, l’autorité coutumière, Malaise dans la coutume : Réflexions à propos de l’usage de la notion dans un ouvrage de Régis Lafargue.   

Pour connaisseurs Aucune illustration

Ernest

Note globale :

Par - 221 avis déposés -

321 critiques
24/09/17
En Nouvelle-Calédonie le référendum d'autodétermination est prévu pour novembre 2018
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