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Les salons littéraires: De l’hôtel de Rambouillet… sans précaution

Les salons littéraires: De l’hôtel de Rambouillet… sans précaution
Jourdan 366 pages
1 critique de lecteur

Avis de Zaynab : "La France a eu le privilège des femmes intelligentes, qui ont introduit la coquetterie dans l’esprit (Cioran)"

Madame de Rambouillet est née en 1588 Catherine de Vivonne, fille d’une noble romaine Giulia Savelli et de Jean de Vivonne seigneur saintongeais. Elle s’est mariée le 27 janvier 1600 à Charles d’Angennes (né en 1577, mort à Paris en 1652) futur marquis de Rambouillet. Elle meurt fin décembre 1665 à Paris, dans les années où Louis XIV commence à exercer réellement le pouvoir, puisque Mazarin décède en mars 1661 alors que le Roi-Soleil a vingt-deux ans.   

À cause de sa mauvaise santé précaire, elle est forcé « à être en permanence soit étendue sur son canapé, soit couchée sur son lit «  (page 47). Elle devient mécène en son hôtel (aujourd’hui disparu) près de la Place Royale, elle s'intéresse aux arts et aux lettres. Barbara Krajewska raconte l'histoire de ce premier salon féminin et nous présente ceux qui le fréquentent. Elle évoque également pour ce milieu, dit des Précieuses, par exemple le salon de Mademoiselle de Scudéry plus jeune puisque née en 1607 au Havre ou celui de Mme de Clermont d’Entragues où se distingue Mlle Paulet.

Si toute une vie intellectuelle bat dans ses salons « le chemin des mondanités des salons précieux reste sinueux. On y est souvent dans la confrontation. On s’y arrange facilement avec sa conscience » (page 296). On retiendra ces affirmations :

« Au XVIIe siècle, l’homme prétend être fier de se soumettre à l’empire de la femme. Il tombe sous son joug à corps et cœur perdus. Timide, car vaincu par elle, il rend à la femme un culte quasi religieux. C’est du théâtre. La femme, elle, en apparence toute puissante, demeure toujours victime des préjugés imposés par l’homme, le même qui se dit son esclave prêt à souffrir et à mourir pur elle. (…) Dès le XVIIe siècle, (la femme) entreprit donc de dompter l’homme intellectuellement, faute de muscles, et de tirer par là sans douce vengeance des autres désavantages de son sexe » (pages 296-297).

On peut regretter que l’auteure se dispense de donner une biographie condensée lorsqu’elle fait apparaître une de ces dames. En effet on manque globalement d’informations sur leur état-civil (le terme est anachronique évidemment pour l’époque où les curés tiennent les registres des baptêmes, mariages et décès). La bibliographie est très conséquente. Contrairement aux ouvrages généralement publié par cet éditeur, on est là dans un titre qui relève de la vulgarisation d’études de niveau universitaire. Jourdan fait un effort méritoire en rendant accessible cet univers qui, dans l’histoire du féminisme en Europe, peut être considéré comme une étape primordiale. Le Grand siècle fut grand aussi par l’action des femmes.           

Pour connaisseurs Aucune illustration

Zaynab

Note globale :

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