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La Turquie et ses nouveaux ‘alliés’

La Turquie et ses nouveaux ‘alliés’
L’Harmattan195 pages
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Avis de Adam Craponne : "La Turquie entre dans le néo-ottomanisme par La Sublime Porte"

Il s’agit là du n°9 d’Orients stratégiques, paru en 2019. Se succèdent, sous la direction de Jean Marcou, les articles suivants : Permanence et mutations des alliances dans la diplomatie de la Turquie : les symptômes de l’affirmation d’une puissance moyenne émergente (Jana Jabbour),  Régime de sécurité et de lutte contre le terrorisme : les alliances à la carte de la Turquie (Sümbül Kaya), La Turquie et son nouvel ‘allié’ russe (Jean Marcou), Constances et inconstances des relations turco-iraniennes (Mohammad-Reza Djalili), Les déconvenues des tentatives de rapprochement turco-saoudiennes : d’impossibles alliés pour une impossible alliance ? (David Rigoulet-Roze), Du golfe Persique à la Corne de l’Afrique et à la mer Rouge : les convergences entre la Turquie et le Qatar (Jean-Paul Burdy), Alliés, stratégies et objectifs de la Turquie dans le conflit syrien (Ugur Kaya), Quelle place pour la Turquie dans les Balkans ? (Johanna Ollier), La Turquie et ses traditionnels alliés dans le Caucase et en Asie centrale (Bayram Balci), La Turquie et la Chine : de plus en plus proches ? (Tolga Bilener), Les derniers développements de la politique africaine de la Turquie (Selcan Karabekta).

La Turquie a depuis longtemps perdu pied dans la crise syrienne ; elle soutient les rebelles hostiles au président Assad mais entend limiter les succès des Kurdes également en conflit avec ce dernier. Hostile au régime syrien, le gouvernement turc n’entendait pas pour autant voir se développer l’emprise des jihadistes de l’organisation État islamique qui combattaient le régime syrien. De plus Ankara se trouve dans le camp opposé à celui que soutient là la Russie, pays avec qui Recep Tayyip Erdogan a effectué un étonnant sinon habile rapprochement. Rappelons qu’empire ottoman et empire russe furent rivaux pendant des siècles et que durant la Guerre froide la Turquie était l’avant-garde de l’OTAN face à l’URSS.

La photo de couverture montre, de gauche à droite, les présidents iranien Hassan Rohani, russe Vladimir Poutine, et turc Recep Tayyip Erdogan, lors d’une réunion à Sotchi, en Russie, le 22 novembre 2017. Ceci rappelle la complexité des relations entretenues entre le régime des mollahs et Ankara depuis quarante ans où les seuls dénominateurs communs sont sûrement l’hostilité à l’Arabie saoudite et à l’instauration d’un état kurde qui bouleverserait à terme les frontières actuelles au Moyen-Orient. L’actuel président de la république turque entend mener une diplomatie active dans tout l’univers de ce qui fut l’Empire ottoman (dont celui des Balkans où jusqu’en 1912 les Turcs étaient encore largement présents) et celui des nouveaux états turcs que sont par exemple l’Azerbaïdjan et l’Ouzbékistan. Même si on connaît certains liens historiques, culturels et économiques entre le pays dont la capitale est Bakou et la Turquie, on appréciera d’en découvrir d’autres anciens (comme le rôle de certains intellectuels azéris auprès d’Atatürk) et nouveaux (question de pétrole). Il est particulièrement intéressant de voir comment Tolga Bilener synthétise ce qu’il a écrit dans son dernier livre, à savoir La Turquie et la Chine: Une nouvelle convergence en Eurasie?. Rappelons, pour expliquer notre titre, que "La Sublime Porte" désignait la porte d'honneur monumentale du siège du gouvernement ottoman à Constantinople.

Pour connaisseurs Aucune illustration

Adam Craponne

Note globale :

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