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La Déconstruction de la République: La bataille pour la laïcité

La Déconstruction de la République: La bataille pour la laïcité
Jets d’encre102 pages
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Avis de Benjamin : "Pour une forme de laïcité ouverte"

Cet ouvrage est dû à un auteur qui fut évêque anglican à la cathédrale américaine de Paris, il est composé d’abord d’un avant-propos et d’une introduction à la problématique. Dans cette dernière, Pierre Whalon avance qu’un de ses objectifs est ici de souscrire à une phrase de 2021 de Jean-Luc Mélechon, alors député des Bouches-du-Rhône. Celui-ci déclarait alors que « la laïcité n’est pas un athéisme d’État ». Tous deux marquent leur opposition à la loi du 24 août 2021.

 

L’essentiel du contenu est présenté dans les chapitres suivants : Le premier état laïque n’était pas français, Quatre principes, La bataille pour la laïcité, Une spiritualité athée, Vers un vocabulaire mieux adapté (1), Vers un vocabulaire mieux adapté (2), Des conséquences légales, Proposition concrète: la trêve et la reconstruction.

 

Dans le premier chapitre, on peut découvrir qu’en 1663, la colonie du Rhode Island, dans ce qui allait devenir les États-Unis d’Amérique, se vit offrir par le roi Charles II d’Angleterre, à l’initiative du pasteur Roger Williams (qui avait été gouverneur de la colonie en question), une charte qui déclarait en fait ce qui suit. « C’est notre volonté et plaisir royaux que personne dans la dite colonie ne devra être molesté, puni, inquiété ou mis en examen pour une quelconque différence d’opinion en matière de religion qui ne pertirbe pas la paix civile de notre colonie » (page 34).

 

Notre auteur nous dit, dans le chapitre suivant, que la laïcité actuelle est portée selon lui par quatre principes. C’est d’abord la conscience, c’est-à-dire l’opinion de la personne. Vient ensuite le droit à la liberté de conscience, le fait de distinguer ce qui relève du religieux (pratique intime) et ce qui renvoie à la religion (porteuse d’une dimension culturelle) et en fin la nécessaire adaptation de la laïcité au nouveau contexte français du XXIe siècle. Pierre Whalon développe des idées montrant son opposition à la loi restreignant le port de signes religieux à l’école.

 

Au troisième chapitre, l’auteur sert un discours d’opposition aux idées de ceux qu’il appelle "fréristes" et ceux qu’il nomme "laïcard". Ces derniers étant ce qui s’opposent à toute présence publique de la religion. Les fréristes perçoivent eux la laïcité comme un instrument visant à briser l’expansion de l’islam dans la société française.

 

Avec le quatrième chapitre est posée la question d’une possible spiritualité athée ; pour lui spiritualité et religion sont à distinguer mais l’ensemble des expériences de la vie qu’a chacun constitue une spiritualité. Pour les cinquième et sixième chapitre, l’auteur se penche sur le courant d’idées qu’est l’athéisme, porté selon lui au départ par Épicure. Il passe ensuite aux problèmes dans l’école, pensant que l’uniforme résoudrait la question des signes religieux dans ce lieu et évoque les difficultés rencontrées par des enseignants de certaines matières à développer un contenu particulier. Pierre Whalon s’intéresse également à l’enseignement des religions en milieu scolaire. La loi du 24 août 2021 suscite un certain nombre de réticences chez lui, il les exprime à l’avant-dernier chapitre.

 

Au dernier chapitre, Pierre Whalon pense qu’avec l’islam sunnite et les évangéliques, l’État doit entamer un dialogue, mais cela est difficile faute de hiérarchie avec qui discuter. De cette partie, on pourra retenir aussi ce qui suit. « Le gouvernement doit aussi respecter la laïcité en se gardant de perturber les associations cultuelles par des ingérences suspicieuses. Si le gouvernement ne respecte pas la laïcité comment peut-il en exiger le respect ? S’il y a un nombre grandissant qui croit que la laïcité est " un principe mis en œuvre par la République pour combattre les religions", le gouvernement en porte une part de responsabilité.

 

On ne peut pas requérir des citoyens qui adhèrent à une religion de refouler leurs croyances purement dans une sphère - qui n’existe pas d’ailleurs. Si l’expression publique de la religion est réprimée par un quelconque combisme gouvernemental, elle finira malgré tout par se manifester, et rarement de manière saine. Qu’elle respecte scrupuleusement l’ordre public ne saurait être discuté. Mais pour le reste, elle a toute sa place dans le débat républicain, signe d’une République digne de ce nom » (page 97).

 

Pierre Whalon plaide pour une laïcité ouverte débouchant sur un dialogue entre l’État et les religions. Pour autant, contrairement à la ligne officielle de l’Église catholique et celle proche des frères musulmans, il paraît ne pas vouloir soutenir un refus d’acceptation de certaines lois de la République, ce qui ne l’empêche nullement de marquer son désaccord avec certaines.

Pour connaisseurs Aucune illustration

Benjamin

Note globale :

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