Avis de Benjamin : "Ce n’est que par le lent travail des siècles que peu à peu, les diverses fonctions de la vie publique se sont distinguées, séparées les unes des autres et affranchies de la tutelle étroite de l’Église"
L’ouvrage est sous-titré De la domination du religieux contestée à l’émancipation laïque réalisée. Il ne conviendra vraiment qu’à ceux qui ont un goût pour les idées philosophiques, même si ces dernières sont ici habilement vulgarisées. Le livre est composé de cinq parties, appelées successivement : Religions et sentiments religieux, aspect critique, Pratiques et dogmes religieux en question, Libérer le politique du religieux, De la Séparation à la laïcisation, Une école laïque dans une société laïque. Le titre de notre chronique est pris dans un écrit de Ferdinand Buisson.
Dans la première section, il est question d’approcher comment « les êtres humains ont trouvé dans les religions une réponse à leurs aspirations et à leur besoin de donner sens à leur existence ». Ceci amène à proposer trois chapitres, le premier se révèle une tentative pour essayer de définir la religion, le second cherche à définir les origines du sentiment religieux et le suivant tente une synthèse et un approfondissement du matérialisme historique. Dans le premier de ces chapitres on s’appuie sur les pensées de Hegel (pour la religion comme moment de l’esprit), Durkheim (avec la religion comme fait social total), Alain (pour la raison ne devant pas négliger la religion), Gramsci (avec le désir d’élargir le concept de religion).
Avec le deuxième chapitre, on revisite le rationalisme de Hobbes et Spinoza, l’idée de Freud d’une religion comme illusion, la pensée d’Oscar Wilde sur la souffrance à la rencontre avec Dieu, le discours de Valéry sur le besoin de croire renvoyant à une régression infantile. On se réfère par ailleurs une deuxième fois à Gramsci (avec l’attitude à prendre face à la religion dans un combat émancipateur) dans le troisième chapitre mais aussi Marx (pour Religion et conditions d’existence) et Pasolini développant l’existence d’une attitude de religiosité dans des mouvements idéologiques.
On arrive à la deuxième partie où les rites religieux sont évoqués pour l’Antiquité à travers Héraclite, Épicure et Lucrèce. Le Moyen-Âge et de l’époque moderne sont traversées à travers Dante et Joachim du Bellay qui s’insurgent sur les turpitudes du clergé de son temps, Montaigne qui entend distinguer la raison de la foi, Spinoza qui voit dans la religion une entrave à la liberté, Diderot et Helvétius autour de la nocivité des religions. Pour la période contemporaine, on trouve Victor Hugo qui s’interroge sur le danger du péril clérical, Oscar Wilde pour qui la religiosité existe hors des Églises, Pasolini attaché à la figure de Jésus-Christ et dénonçant la complicité des missionnaires avec les colonisateurs.
On termine cette seconde partie par un développement sur l’incroyance. Cette dernière naît à l’époque des Lumières. Newton, Buffon et Darwin délivrent un discours scientifique qui l’alimente. On retrouve Valéry et on évoque Roger Martin du Gard.
La troisième partie questionne sur les liens entre l’État et la religion dans l’Antiquité en Chine, Grèce et à Rome. L’époque des Lumières est un moment fort dans l’objectif de libérer le politique du religieux. On revient là à Spinoza, Hobbes et Hegel mais leur tiennent compagnie Hobbes, Rousseau, Kant. Le lecteur passe au troisième chapitre intitulé "Les Églises et les pouvoirs". On commence à juste titre de parler du fait que Napoléon Bonaparte qui voit la religion comme garante de l’ordre social. Les liens que catholicisme, l’Islam et protestantisme ont entretenus avec l’État trouvent leur place ensuite.
La quatrième partie parle de laïcisation. Son premier chapitre porte sur différentes formes des relations entre Églises et États. Sont étudiés le cas des USA et de l’Italie. Le chapitre suivant est consacré à la loi de 1905. Le troisième chapitre parle des débats actuels autour de la laïcité dans la France contemporaine.
Le premier chapitre de la dernière partie traite des débats autour de l’école publique au XIXe siècle. Le second chapitre est consacré au principe de neutralité de l’État et de l’école. Le chapitre suivant parle des caractéristiques et polémiques concernant l’école laïque au XXIe siècle.
Pour connaisseurs Aucune illustration