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L’Arménie au-delà des clichés

L’Arménie au-delà des clichés
Thaddée480 pages
1 critique de lecteur

Avis de Patricia : "Pour toi Arménie, Tes saisons chanteront encore, Tes enfants bâtiront plus fort"

Maxence Smaniotto est, du côté de sa mère, l’arrière-petit-fils d’un ancien maire de Cachan, peut-être Alphonse Verdier. Par son père, il est d’origine italienne et sa grand-mère lui a raconté sa vie sous la République de Salo (page 323). Enfant, il passait souvent devant une épicerie arménienne sise à Cachan, une ville où il venait régulièrement passer des vacances car il habitait dans le nord de l’Italie.

Il arrive en Arménie car il est fiancé à Ani une jeune femme qu’il a rencontrée en France. Il découvre l’Arménie dans le milieu des années 2010, un pays où il est frappé par « le contraste entre la pauvreté du peuple et la richesse démesurée des oligarques » (page 38). La visite au lac Sevan qui couvre deux fois et demi la surface du lac Léman (ou deux fois l’espace du Territoire de Belfort) soit environ 1 300 km2.

Bien plus tard, il se rend au Haut-Karabagh, un territoire au statut plus ou moins autonome attribué par Staline à l’Azerbaïdjan alors que population était très majoritairement arménienne. Cet espace est occupé militairement par les Arméniens depuis le début des années 1990 et, si cessez-le-feu il y a, les escarmouches entre les deux armées sont régulières. Cet espace a été le lieu de naissance de nombreuses personnalités (pages 67-68) dont un as de l’aviation soviétique (Robert Kotcharyan) , l’acteur assez connu en URSS dans les années 1930 et 1940 Gurgen Gabrielyan et le botaniste Armen Takhtayan (1910 –2009) qui souffrit de ses critiques des théories de Lyssenko. Le Haut-Karabagh est réputé pour son art du tapis et Sushi a un musée consacré à cet art.

L’auteur évoque les douloureux lendemains de la fin de l’ère soviétique. Il ne manque pas de parler de spécialités culinaires qu’il découvre en Arménie ; celles-ci pouvant d’ailleurs avoir une origine géorgienne (pages 104-105). On ne sera pas surpris d’apprendre que la francophonie en Arménie est un vernis qui se craquelle. Il est également parlé des Arméniens de Syrie venus comme réfugiés en Arménie ; leur nombre n’a rien à voir avec celui des Russes travaillant, pour généralement de très bas salaires, en Russie. En Arménie, comme en Chine, les avortements touchent bien plus les embryons de filles que ceux de garçons et la question de l’évolution de la condition féminine dans le pays semble nécessaire mais non sans dérives possibles (pages 171-175).   

Une bonne partie de l’ancien espace de peuplement arménien est devenu, depuis la fin des années 1910 ou du tout début des années 1920, une terre officiellement entièrement de peuplement turc. Aussi on ne s’étonnera pas que l’on évoque en particulier Kars et le lac de Van d’une superficie de 3 755 km2.

La Géorgie séduit bien Maxence Smaniotto du fait en particulier de la richesse du patrimoine de sa capitale. Les quatorze et quinzième chapitre donnent une vision personnelle de l’Iran présenté comme "le pays au mille visages". Des Iraniens, en maque de distractions coquines ou d’alcool constituent d’ailleurs une petite manne touristique pour l’Arménie. Le récit se clôt en 2016 et l’auteur avance qu’il n’a pas écrit un livre sur l’Arménie mais un livre pour l’Arménie. L’auteur est bien jeune, aussi lui pardonnera-t-on d’assimiler son emploi temporaire d’intervenant scolaire dans les écoles publiques d’Aix-en-Provence à celui de pion de lycée.      

 

Peu d'illustrations

Patricia

Note globale :

Par - 40 avis déposés - lectrice régulière

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