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Arménie-Azerbaïdjan, une guerre sans fin ?

Arménie-Azerbaïdjan, une guerre sans fin ?
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Avis de Patricia : "L’Arménie a une épine, la faute au dictateur Staline"

La photographie de couverture du livre est connue de presque tous les Arméniens de l’intérieur du pays ou de la diaspora. Elle montre un soldat arménien défendant la région du Haut-Karabakh fin septembre 2020. Elle a d’ailleurs été largement reprise à l’époque par les médias francophones.

Les Arméniens payent du fait de connivences entre Lénine et Mustapha Kemal des territoires appartenant en 1914  à l’Empire russe (dont le Mont Ararat, lieu mythique d’échouage de l’Arche de Noé) par le traité de paix de Moscou signé le 16 mars 1921. De plus  des espaces de l’Empire russe devenus soviétiques ont été attribués à la Géorgie et à l’Azerbaïdjan lorsque le Géorgien Staline découpe la Transcaucasie à la même époque.   

Avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale, sont alors peuplés majoritairement d’Arméniens d’une part le Nakhitchevan (une enclave azerbaïdjanaise coincée au sud de l’Arménie et frontalière de l’Iran et de la Turquie pour neuf kilomètres) et par ailleurs le Haut-Karabakh. Au moment de l’éclatement de l’URSS, le Haut-Karabakh est une région autonome de l’Azerbaïdjan comptant plus de trois-quarts d’Arméniens. Par contre le Nakhitchevan ne compte quasiment plus d’Arméniens.

Entre 1988 et 1991 des scènes de violence ont lieu à l’encontre d’Arméniens sur tout le territoire de l’Azerbaïdjan alors que le Haut-Karabakh a proclamé son indépendance en août 1991. Les armées arméniennes et azerbaïdjanaises s’affrontent entre 1992 et 1994. Les Arméniens sortent victorieux du conflit, occupant pratiquement tout le Haut-Karabakh (Chahoumian non compris) et quelques autres parties de l’Azerbaïdjan.

Le statuquo territorial dure jusqu’en septembre 2020. Face à une armée azerbaïdjanaise suréquipée (grâce aux revenus du pétrole), à la fin de l’année 2020 les Arméniens ont évacué toutes les régions à leur voisin du point de vue du maintien des frontières d’avant l’éclatement de l’URSS, à l’exception des deux-tiers du Haut-Karabakh. La Russie a pesé pour la fin des hostilités et a installé des troupes pour préserver le cessez-le-feu. 

En septembre 2023 les soldats d’Azerbaïdjan s’emparent des dernières régions du  Haut-Karabakh qui n’étaient pas en leur contrôle, ils tuent ou font prisonniers un nombre relatif d’Arméniens. Les soldats de l’Arménie n’interviennent pas et les Arméniens du  Haut-Karabakh fuient en masse soit environ 100 000 individus. L’auteur n’a pu comptabiliser les conséquences des derniers rebondissements de 2023 mails il avance qu’entre 1991 et 2020, ces conflits successifs entre ces deux pays du Caucase ont coûté 60 000 morts, 150 000 blessés et ont causé le déplacement de plus de deux millions de personnes.   

Selon nous, le plus sûr allié de l’Arménie pourrait bien continuer à être l’Iran ; ce pays ne souhaitant pas que l’axe turc se renforce en permettant une liaison terrestre entre l’Azerbaïdjan et la Turquie. Les relations entre le pays des mollahs et l’Arménie sont complexes et secrètes, on comprend que l’auteur n’ait pu les exposer ici. Arrivés en Iran au début du XVIIe siècle puis dans la période 1915-1922 (suite aux massacres turques et à la guerre civile russe), les Arméniens restés chrétiens sont peut-être environ 120 000 en Iran et ils peuvent librement exercer leur foi. Cependant leur nombre était de l’ordre du double avant que ne s’installe le régime islamique.  

L’Azerbaïdjan a renforcé encore ses liens avec la Russie (depuis la guerre en Ukraine) et réclame la création d’un corridor du Zanguezoug afin de pouvoir relier le gros du pays au Nakhitchevan et par là à la Turquie. Les initiatives diplomatiques occidentales (européennes ou américaines) sont a priori rejetées par l’Azerbaïdjan et la Russie entend bien continuer à déstabiliser le président arménien Nikol Pachinyan.

Pour connaisseurs Peu d'illustrations

Patricia

Note globale :

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168 critiques
20/05/24
"Si je t’oublie Arménie" d’Olivier Weber. Conférence et projection
Jeudi 23 mai 2024 à 18h30
Société des Explorateurs Français - Société de Géographie,
184 Boulevard Saint-Germain, Paris 6. Entrée libre sans réservation
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