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Contre l’insoutenabilité du travail

Contre l’insoutenabilité du travail
Croquant405 pages
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Avis de Benjamin : "Des pratiques syndicales renouvelées par la force des choses"

L’ouvrage est sous-titré Syndicalisme et santé au temps des réformes néolibérales. Outre Fabien Brugière, il y a trois personnes à la direction de cet ouvrages et les contributeurs (belges, canadiens, brésilien ou français) sont au nombre de vingt. La plupart sont sociologues mais on compte aussi une ergonome (Geneviève Baril-Gingras), un économiste (Thomas Croutot), deux politistes (Andreia Galvao et Tristan Haute), un chercheur en médecine et santé du travail (Philippe Davezies).

Les ordonnances de 2017 ont supprimé les Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) créés en 1982. Ils ont été remplacés par le comité social d'administration pour l'État, le comité social territorial pour les collectivités territoriales, le comité social d'établissement dans la fonction publique hospitalière et le comité social et économique pour les entreprises privées alors que les atteintes à la santé au travail continuent à évoluer.

De l’introduction, on pourra retenir : « Dans un contexte de libéralisation et de globalisation des économies, le leitmotiv à la compétitivité des entreprises – et à l’efficacité des administrations publiques – se traduit par une intensification du travail qui alimente une dégradation tendancielle de ses conditions » (page 11).

Ce livre se divise en plusieurs parties : la première s’intitule "Stratégies syndicales face aux réformes néolibérales", la seconde "L’action syndicale au rendez-vous des enjeux de santé", la troisième "Le travail syndical à l’heure du numérique", "Mise en perspective internationale".

Pour la première partie « le chapitre inaugural prend à bras le corps la mise à mal du travail vivant par la dégradation de l’emploi et le management des chiffres ». « Le deuxième chapitre éclaire quant à lui les répercussions des ordonnances de 2017 sur la dynamique des enjeux de santé au travail au niveau des entreprises ». Les auteurs s’appuient sur une enquête menée par la CGT. Le troisième chapitre montre que les organisations patronales se sont sensibilisées aux enjeux de santé mentale au travail mais que les patrons à la base se déchargent de toute responsabilité vis-à-vis des risques professionnels.

La deuxième partie démarre avec le quatrième chapitre sert à exposer les stratégies utilisées par l’ensemble des syndicats (de SUD à la CFTC en passant notamment par la FSU et l’UNSA) sur la question de la santé mentale. « Les distinctions observées permettent de situer les pratiques militantes selon un continuum allant d’un positionnement centré sur la négociation interne aux entreprises jusqu’à la construction d’un rapport de force pour changer le travail, ses finalités et alimenter ainsi l’émancipation collective des travailleurs ». Au chapitre suivant, il est présenté les usages syndicaux observés essentiellement chez des militants de la CFDT, des outils d’analyse du travail inspirés par l’ergonomie. Le sixième chapitre expose les actions de l’Association d’aide aux victimes et aux organisations confrontées aux suicides et aux dépressions professionnelles (ASD-pro).

Avec le septième chapitre de la troisième partie, on se plonge dans les usages syndicaux des réseaux socio numériques (RSN). Le huitième chapitre se donne la tâche de montrer comment les organisations syndicales à reconnaissance irréfragable plus SUD rencontrent beaucoup de difficultés à renouveler leurs modes de communication. En prolongement le chapitre suivant s’intéresse aux actions d’utilisation du numérique afin d’agir sur les enjeux de santé au travail.

Pour la quatrième partie les « deux premiers texte rendent compte des défis rencontrés par les acteurs syndicaux pour mener des actions en santé au travail, voire pour développer la syndicalisation tout court, face à des entreprises qui déploient des stratégies pour contourner le droit du travail et le dialogue social, au sein d’espaces économiques dégradés ». Avec le dixième chapitre, on découvre les stratégies syndicales face au "management de la peur" et la politique antisyndicale de Ryanair sur l’aéroport de Charleroi en Belgique. Le onzième chapitre se nomme "Les défis de la syndicalisation des travailleurs de plateforme au Brésil face aux réformes néolibérales et à la précarité au travail". Le treizième a pour titre "Le retour du travail malgré le contexte néolibéral : l’action syndicale pour la préservation en santé au Québec, d’une réforme à l’autre du régime de prévention" et la quatorzième se nomme "Comment expliquer la montée actuelle du militantisme syndical au Royaume-Uni ? Subordination, santé et sécurité au travail à l’ère du néolibéralisme".

Ce livre permet notamment de pointer « en quoi, et dans quelles mesures, les réformes engagées, comme les organisations du travail déployées, les atteintes à la santé observées et les actions syndicales mises en œuvre en France se retrouvent-elles dans d’autres configurations nationales ? » (page 23).

Pour connaisseurs Aucune illustration

Benjamin

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