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L’itinéraire géorgien de l’avant-garde

L’itinéraire géorgien de l’avant-garde
L’Harmattan243 pages
1 critique de lecteur

Avis de Patricia : "La Géorgie, géographiquement en Asie et culturellement en Europe"

Le poète géorgien Paolo Iashvili se place dans la continuité de Baudelaire et Titien Tabidzé, autre écrivain du même pays, en 1916 se revendique du symboliste Mallarmé. Le symbolisme refuse le réalisme et, comme son nom le laisse deviner, porte un message d’idées. Le futurisme n’accepte pas la tradition esthétique dans les lettres et les arts ; il fait la promotion de la modernité en particulier à travers le développement des villes, les machines et la vitesse généralement portée par l’automobile. Ce mouvement littéraire et artistique européen, né en Italie au début du XX e siècle, se prolonge quelque peu dans le dadaïsme, le cubisme et le surréalisme.

Dans l’Empire russe, en 1911 ce dernier mouvement est porté par le manifeste intitulé Une gifle au goût public. Dans le tourment qui suit les deux révolutions russes de 1917, les artistes futuristes ont dans un premier temps le vent en poupe.

En lien avec l’affirmation d’un mouvement national, qui débouche sur un assez bref moment de réelle indépendance, la Géorgie développe son propre parcours artistique d’avant-garde. Cependant l’émergence du réalisme soviétique, sous la direction du Géorgien Staline (épaulé par Beria un autre natif de la Géorgie), ne permet plus en URSS leur expression aux mouvements artistiques qui avaient émergé dans l’ombre.

En Géorgie des figures de l’avant-garde et du modernisme sont présentes dans les années qui précèdent ou suivent 1920 ; on relève les noms d’I. Zdanevich, K. Zdanevich, B. Pasternak, V. Maiakovski, I. Terentiev, N. Goncharova, A. Kruchonich, M. le Dantue, V. Khlebnikov,  les frères I. et K. Zdanevich, S. Gorodetski et A. Kruchenikh, S. Esenin, M. Vrubel, S. Sudeikin, S. Sorin… En 1922, treize ans après la publication à Paris dans Le Figaro, du Manifeste du futurisme, le manifeste futuriste géorgien paraît. « Il est signé par Simon Tchikovani, Bessarion Jghénti, Nikoloz Tavdguiridé, Akaki Béliachvili, Grigol Oragvélidzé, Pavlo Nozadé, Mzia Eristavi. Cette même année, Béno Gordéziani, Iraki Gamréléki, Jango Gogobéridzé, Nicholoz Chenguélaïa, Chavla Alkhazichvili rejoignent le mouvement » (page 114).

L’ouvrage ne manque pas d’évoquer aussi le cinéma ainsi que le renouveau théâtral et circassien. En première de couverture est d’ailleurs proposé le dessin, par Kiril  Zdanévitch, d’un costume pour une pièce de Grigol Robakidzé.     

De la conclusion, on pourra retenir :

« L’avant-garde, en Géorgie comme ailleurs, chercher à déconstruire et à reconstruire une identité culturelle et linguistique. (…) L’avant-garde est inconcevable sans son attitude négatrice, contestataire, sans son esprit révolutionnaire, anti-tradition, anti-idéaliste, anticonformiste. (…) L’avant-garde vénère tout ce qui est audacieux, expérimental, nouveau, contradictoire, incongru » (page 240).

Pour connaisseurs Beaucoup d'illustrations

Patricia

Note globale :

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