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Les Quesnel, armateurs au Havre

Les Quesnel, armateurs au Havre
Terre en vue
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Avis de Kingsale : "incontournable pour les Havrais"

Il s’agit de la suite du mémoire paru dans Études normandes (III, 2011) sur les Quesnel à Rouen et dans la vallée de l’Andelle, depuis disponible sur Persée. Ces négociants rouennais, d’abord spécialisés dans l’importation de laines d’Espagne à travers leur agence de Cadix, ont décidé sous la Restauration de s’installer au Havre, alors en plein développement. Ils y ont été attirés par des liens de famille, avec Charles Lemesle, un négociant aux multiples comptoirs (le Havre, Nantes et Bordeaux), avec les Dubocage de Bléville, descendants du fameux découvreur de Clipperton, Michel Dubocage, et avec les Holker, enfants de celui qui a joué un rôle significatif dans la guerre pour l'indépendance américaine.

 

Au Havre, ils se sont établis armateurs et ont construit une flotte devenue imposante sous le Second Empire avec quatorze navires. Ils ont assuré des dessertes avec l’Amérique du Nord et du Sud, en se  spécialisant dans l’importation du coton. Ils ont aussi participé à la création de nombreuses entreprises, locales ou nationales. Parmi ces dernières, les Messageries maritimes, la Cie du Canal de Suez et les Chargeurs réunis.

 

En ville, ils se sont installés sur un grand pied : l’hôtel Homberg, rue Royale, puis le pavillon Quesnel avec ses six hectares de parc sur la côte de Graville (exproprié en 1880 pour créer l’hôpital Pasteur) et le pavillon Begouën à Ingouville, sans compter les villas de Sainte-Adresse. Ils ont aussi participé à l’urbanisation de la ville en créant de vastes entrepôts pour leur Havraise de magasins publics et de magasins généraux (actuellement en cours de restructuration) ou en vendant des parties du pâté de maisons qu’ils détenaient boulevard de Strasbourg pour construire la Poste centrale et l’immeuble des Télégraphes.

 

L’auteur, qui appartient à la famille ou y a eu accès, nous réserve quelques surprises. Il publie ainsi les aquarelles des quatorze navires de la flotte, signées d’un peintre de marine connu : Eugène Grandin. Aux dires des conservateurs de la ville, cet ensemble est unique et constitue un apport significatif au patrimoine local. Il nous dévoile aussi les liens fort inattendus entre les Quesnel et George Sand, Balzac et Monet.

 

Cette petite monographie complète utilement le grand ouvrage d’Édouard Delobette, Ces messieurs du Havre, qui s’arrête en 1830.

           

 

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