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Le poids des infrastructures militaires 1871-1914: Nord-Pas-de-Calais

Le poids des infrastructures militaires 1871-1914: Nord-Pas-de-Calais
Septentrion346 pages
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Avis de Octave : "Pas énormément d’efforts pour le réel maintien des forts"

Alors que les troupes prussiennes atteignent Tours le 19 janvier 1871, les départements  du Nord et du Pas-de-Calais ne sont pas occupés durant la Guerre franco-allemande. Leur système de défense reste donc intact ; il est largement héritier de Vauban et a déjà subi des abandons  sous le Second Empire. Vu que l’ennemi n’est plus l’Autriche ou l’Espagne, dont les troupes arrivaient par les Flandres et le Hainaut, mais l’Allemagne se pose la question de la modernisation ou de la suppression de certaines places fortes.

Ceci se passe alors qu’entre 1891 et 1911 le département du Nord et celui du Pas-de-Calais gagnent chacun au moins 225 000 habitants, entre 1872 et 1911 on a même un accroissement de 500 000 pour le département dont la préfecture est Lille et de plus de 300 000 pour le département qui a pour chef-lieu Arras. Il existe donc une forte pression démographique qui incite les municipalités à demander d’abattre certaines fortifications. D’autre part, l’État-major français est passé à la tactique de l’offensive, immortalisée par la formule ironique du général Lanrezac, à savoir « attaquons, attaquons, comme la lune ».

Après-guerre les élus rejetteront d’ailleurs sur le haut commandement cette ignorance de l’importance de la frontière nord pour une focalisation sur la frontière est. Pages 286-287, Philippe Diest cite d’ailleurs une déclaration de 1918 du député libéral du Calvados Fernand Engerand, membre très actif de la Ligue des patriotes de Déroulède et Maurice Barrès, qui illustre cette affirmation. Un des très rares parlementaires à s’inquiéter de cette ouverture de la frontière nord de la France est Daniel-Vincent, ancien professeur d’École normale en français-histoire-géographie, alors député radical-socialiste du Nord et opposant à la Loi des Trois ans. D’ailleurs l’auteur le dit clairement page 283 « en interdisant l’accès de la Lorraine aux Allemands, ces derniers sont invités à violer la neutralité belge. Or, seules Dunkerque, Lille, Maubeuge, Hirson, Givet, Montmédy défendent cette frontière ».  

Philippe Diest est enseignant-chercheur à l’institut Catholique de Lille (Faculté des Lettres et Sciences Humaines) et étudie les faits militaires historiques et le patrimoine guerrier. Il a rédigé cet ouvrage, illustré de trente-cinq photographies, plans, cartes ou tableaux dont l’intérêt propre est certain comme la figure 30 où figurent où figurent, pour l’année 1914, les fortifications maintenues, celles déclassées mais intactes et celles hors d’usage (et parfois même démantelées).

Dans la première partie intitulée "La nécessité du bâti : répondre aux réformes de l’armée ou le primat des intérêts militaires sur la société civile (1871-milieu des années 1890)"  , il explique entre autre que cette région était à la fois fort peu défendable, du fait de son peu de relief, et à la fois avait vu la rigoureuse organisation de la frontière de fer due à Vauban avait été mise à mal par les traités de Rastatt en 1714 et de Vienne en 1815. En effet étaient sortis du Pré carré, les forts d’Ypres, Furmes, Menin, Philippeville et de Mariembourg. On peut ajouter que Dinant avait déjà été perdu par le Traité de Ryswick en 1697. La neutralité de la Belgique est d’autre part prise en compte avec l’idée qu’elle ne sera pas violée, ce qui avait été le cas en 1870.                     

Le second volet se nomme "Les édifices militaires au quotidien : représentations et pratiques des populations" et la dernière partie a pour titre "Du sentiment de délivrance à la déclaration de guerre : les opinions publiques face aux évolutions politiques et militaires (milieu des années 1880-1914) ". Cet ouvrage permet de mieux comprendre la percée allemande en 1914 et en particulier l’aveuglement déjà perceptible avant la déclaration de guerre, sur le rôle de ces forts perçus comme des outils obsolètes face aux évolutions technologiques et tactiques.

Pour connaisseurs Beaucoup d'illustrations

Octave

Note globale :

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390 critiques
21/03/19
Conférence « Le poids des infrastructures militaires du Nord-Pas de Calais, 1871-1914 » par Philippe Diest.
Dimanche 7 avril 2019 à 15h. Musée de la Résistance de Bondues.
Entrée libre. Informations au 03 20 28 88 32 ou hpriego@mairie-bondues.fr
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