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La fête au Moyen Âge

La fête au Moyen Âge
Ouest-France128 pages
1 critique de lecteur

Avis de Adam Craponne : "Enfoiré de Tarasque !"

Dans l’introduction, Gérard Lomenec’h montre bien que les fêtes au Moyen Âge n’étaient pas célébrés de la même façon selon la classe sociale et que certaines étaient strictement dans l’univers d’un métier ou rang précis. La dimension religieuse était quasiment toujours présente mais les allusions profanes y trouvaient leur place. Les débordements qui s’en suivaient parfois provenaient le plus souvent des manifestations estudiantines. Les chapitres suivants ont pour nom : la fête et le cycle du temps, un calendrier de fêtes, les esbatements de la rue, carnavals et folies, splendeurs et fastes princiers.

On apprend dans le premier chapitre que selon les régions on pouvait fêter le 1er janvier (qui ne marquait pas alors  le début  de l’année) les fous pour singer l’office divin, ou l’âne avec une succession de louanges sur l’animal, d’imitation de celui-ci, de scènes théâtrales où il était le personnage principal pour terminer en ripailles et libations. Le 3 février, lendemain de la Chandeleur, on célébrait saint Blaise et on l’associait au sens de "souffler" du verbe allemand  "blasen" d’où engloutissement  d‘aliments flatulents et le fait qu’il soit le patron des chanteurs. C’est toute la litanie des fêtes qui est présentée avec de belles malheureusement rarement datées (la majorité de ceux-ci doivent dater de la Renaissance).   La recherche   iconographique a été très importante, si bien que le texte n’occupe qu’un tiers de la surface totale du livre.       

Dans les chapitres suivants on comprend quelle était la diversité des jeux dramatiques et des activités ludiques qui animaient les communes. Le dernier chapitre "splendeurs et fastes princiers" évoque en particulier les ménageries que possède rois, ducs et comtes. Ainsi a-t-on trace de singes, ours, lions, léopards, cerfs voire autruches. Parfois, comme chez Philippe le Bon, on assiste à un combat entre un taureau et un lion. On revient par le texte et l’image sur le charivari qui précipita Charles VI vers la folie en 1393, il est passé dans l’histoire sous le nom de "Bal des Ardents".

Dans la conclusion on relève que les ducs de Bourgogne (ceux qui descendent du roi Jean le Bon) utilisent souvent au XVe siècle les fêtes pour créer un évènement servant leur gloire et que dans ce domaine ils n’ont comme seuls rivaux que le roi dans le royaume de France et la maison d’Anjou. D’ailleurs  le roi René a créé en 1474 la fête de la Tarasque qui perdure jusqu’à aujourd’hui à Tarascon (des images de la Tarasque ont été présentées auparavant pages 60 et 61).

Pour tous publics

Adam Craponne

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