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Amazonie. Le chamane et la pensée de la forêt

Amazonie. Le chamane et la pensée de la forêt
Musée ethnographique de Genève et Somogy208 pages
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Avis de Adam Craponne : "Nantes port d’entrée de l’Amazonie pour une bonne moitié de l’année 2019"

Voici le catalogue malheureusement épuisé d’une exposition Amazonie. Le chamane et la pensée de la forêt réalisée par le Musée ethnographique de Genève. Cette exceptionnelle production a été présentée à l’origine au MEG du 20 mai 2016 au 8 janvier 2017 où elle a été vue par plus de 200 000 visiteurs. Au Musée Pointe-à-Callière de Montréal au Canada, ce sont 210 000 personnes qui l’ont découverte du 20 avril au 22 octobre 2017. Les Français en prendront connaissance  du 15 juin 2019 au 19 janvier 2020 du 15 juin 2019 au 19 janvier 2020 au Musée du Château des Ducs de Bretagne à Nantes et il est possible que ce soit la dernière fois qu’elle soit remontée. 

Nous reparlerons ultérieurement sur le blog de Grégoire de Tours de cette exposition qui propose aux visiteurs de s’immerger grâce à divers dispositifs visuels et sonores dans l’atmosphère de la forêt amazonienne. Nous nous contentons d’abord dans un premier temps d’approcher la richesse des collections présentées le long du parcours muséographique à partir des sujets traités dans le catalogue d’exposition. Le sommaire de l’ouvrage est :

AVANT-PROPOS
INTRODUCTION
1- Cinq siècles d’ethnocide
L’Amazonie des origines
Les mythes d’origine amérindiens
Des premiers peuplements à la conquête européenne
Au cœur des contacts
Les récits de la Conquête
Exploitation, missions, un véritable ethnocide
La résilience des Amérindiens
Des collections amazoniennes à Genève
Des collections historiques d’amateurs éclairés
Le temps des collectes scientifiques
2- Du chamanisme à la pensée de la forêt
Les chamanes, êtres hybrides dans un monde animiste
De quoi halluciner… la panoplie des chamanes
La chasse : prédation et écologie
La musique chamanique et les paysages sonores amazoniens
3- La diversité linguistique et culturelle en Amazonie
Le peuple wayana-aparai
Les autres peuples de langue arawak et caribe
Les peuples kayapó
Le peuple bororo
Le peuple karajá
Le peuple rikbaktsá
Le peuple ka’apor
Le peuple munduruku
Les «xinguanos», peuples du Xingu
Le peuple nambikwara
Le peuple yanomami
Le peuple ticuna
Le peuple tukano
Les peuples de langue « jivaro »
Les peuples de Haute Amazonie
4- Le chamanisme amérindien au 21e siècle
BIBLIOGRAPHIE
REMERCIEMENTS

L’Espagnol du nom de Francisco de Orellana participe à la conquête du Pérou avec Pizarro à partir de 1535, sept ans plus tard il descend l’Amazone sur 4 800 km. Le 24 juin 1542, il pense être attaqué par de farouches guerrières ; toutefois il est vraisemblable que ce soit des Amérindiens portant des longs cheveux que ces Espagnols aient combattus. Le fleuve Amazone porte ce nom par allusion aux Amazones de l’Antiquité.

Le premier chapitre est déjà une profession de foi par son titre "Cinq siècles d’ethnocide". Les particularités de l’animisme sont mis en exergue et on pourrait dire que dans cette pensée toutes les choses animées ont une âme qu’elles soient humaines, animales, végétales ou naturelles comme le vent. « Pour eux, il n'y a pas de nature et de culture, tout est lié, les humains sont des êtres comme d'autres, un humain peut se réincarner en jaguar ou en poisson, on ne peut pas les opposer ».

D’emblée est aussi mis en évidence, par un cliché photographique, que ces tribus vivent généralement dans une immense maison circulaire commune. Comme dans la culture chinoise, chacun de ces peuples a des héros civilisateurs. L’on rappelle que le XVIe siècle fut pour ces populations celui d’une drastique baisse démographique en raison des conséquences de l’arrivée des Européens sur le sol américain. Un des récits les plus intéressants sur certaines de ces tribus est dû au Français Jean de Léry qui décrit, sans regard condescendant, en particulier la tribu des Tupinembas  (ce qui donnera en français le nom de légume "topinambour"). Cette déforestation est illustrée par en particulier des bottines et des machettes de collecteurs de caoutchouc. Les peuples de l’Amazonie sont évoqués par divers objets de parure, d’outils ou instruments de la vie quotidienne. Ils se sont soit acculturés ou isolés face à la pression des colons.

Le second chapitre est entièrement consacré au chamanisme et c’est l’occasion de pénétrer dans l’univers des objets utilisés par les chamanes : hochet, produits consommés et matériel en usage pour les assimiler… Une partie de l’iconographie est consacrée aux cérémonies et, vu le caractère sacré de la chasse, la présentation des armes diverses se fait dans ce second ensemble. «  Les chamanes, à travers une initiation et l'utilisation de psychotropes, donc de drogues hallucinogènes, peuvent comprendre le langage de tout ce qui peuple l'univers, de pouvoir converser avec eux et de pouvoir gérer, un peu comme les diplomates, les rapports entre les espèces et garantir l'équilibre du monde ». 

Les peuples de l’Amazonie présents dans cette exposition sont en particulier, outre les Jivaro (bien connu comme réducteurs de tête), les Wayana, les Yanomami, les Ticuna,les Kayapó, les Tukano et  les Shuar. La troisième partie de l’ouvrage s’attache à nous les faire connaître leur vie quotidienne sans oublier par exemple leurs dieux, leurs instruments de musique, leurs céramiques et leurs masques. Le dernier chapitre pose la question de l’avenir de ces peuples au XXIe siècle et c’est prétexte à nous montrer notamment comment objets en plastique ou téléviseur sont entrés dans l’univers de certains d’entre eux.

 

 

Pour connaisseurs Beaucoup d'illustrations

Adam Craponne

Note globale :

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