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L’histoire des bénédictins

L’histoire des bénédictins
Artège48 pages
1 critique de lecteur

Avis de Benjamin : "Et la bénédictine dans tout ça ? Elle a autant de rapport avec les bénédictins que le fromage Chaussée aux moines en a avec le monastère de Saint Clément"

L’idée centrale est de faire visiter par une classe de collégiens l’abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire (entre Orléans et Nevers) et de retracer l’histoire des abbayes qui suivent la règle de Saint-Benoît. Je veux bien que cela ne soit que de la BD mais est-il bon de revendiquer Clairvaux aux pages 39-40 alors que l’ordre des cisterciens suit la règle de Saint Benoît sans être membre de la Confédération bénédictine.

Quand en plus ces deux pages se terminent par une question d’une élève sur les bénédictines qui est évacuée par le fait qu’on doit reprendre le car sous peu, on se dit que ce n’est pas avec cette BD que l’on va modifier l’image d’une certaine misogynie de l’Église catholique. Bref on aurait préféré deux pages consacrées aux bénédictines plutôt que deux offertes aux cisterciens qui n’ont rien demandé et seraient sûrement peu contents que l’on nie leur autonomie. J’ai bien dit deux pages qui donnent envie d’en savoir plus sur les bénédictines en allant à l’essentiel.

Pages 5 à 7 on saute pour une époque totalement indéterminée au mont Cassien, en compagnie de moines pilleurs de tombe. En fait ils cherchent le squelette de Saint Benoît et ce qu’on ne comprend pas sur le moment c’est qu’ils comptent le ramener à Saint-Benoît-sur-Loire ; les historiens, mais pas la BD, nous disent qu’ils ramènent aussi les reliques de Sainte Scholastique fondatrice de l’ordre des bénédictines et sœur de Saint Benoît qui apparaît quelques pages plus loin.

Les actions démarrent donc dans cet album au début du XXIe, amènent en 670 sans le préciser et auprès de moines anonymes (alors qu’Aigulfe est à signaler absolument), puis nous plongent de la charnière des Ve  et VIe siècle au milieu du VIe (afin de suivre la vie de Saint Benoît de Nursie dans un univers impitoyable, c’est un peu Dallas au pays du Malin), font un saut  vers la fin de ce même siècle avec le pape Grégoire le Grand qui écrit la vie de plusieurs saints dont celle de Saint Benoît de Nursie, de nouveau nous amènent sur l'année 670. Voilà, pour une arrivée des reliques à Saint-Benoît-sur-Loire, une date d’ailleurs bien suspecte car à cette période Aigulfe est à l’abbaye de Lérins. Quinze ans n’est pas une peccadille même pour un Provençal d’adoption! 

En matière de BD didactique, par rapport aux dates, on se doit une certaine rigueur et d’ailleurs avec la multiplicité des personnages les dates aident le lecteur à comprendre que parfois comme ici à vingt-cinq pages de différence il revoit les mêmes personnages. Mais, absolument pas introduites par le narrateur, le contenu des pages 5 à 7 n’a pas sa place là mais pages 25 à 27 pour s’insérer dans une chronologie.   

Une autre avancée nous amène vers Charlemagne et Benoît d’Aniane qui généralise la règle de Saint-Benoît dans le monde carolingien, puis on arrive au début du Xe siècle nous voici à Cluny, un siècle plus tard nous nous retrouvons à Citeaux. Les étapes se multiplient et nous essoufflent  quelque peu ; nous ne reprocherons pas de parler des ordres mendiants  car ils sont bien présentés avec des organisations très différentes de celles des bénédictins. Le récit historique se termine par l’énoncé qu’en 1964 Saint Benoît a été proclamé protecteur de l’Europe par Paul VI, il est en effet un saint important dans la religion orthodoxe, anglicane et luthérienne. Sachant que l'on est parti d'un peu avant l'an 500, en arrivant à 1964 on s'est avalé quinze siècles d'histoire. Raison de plus pour au moins centrer le propos sur un minimum de lieux, comme nous le disions précédemment. L’action finale revient au présent avec un jeune arrivé en moto pour se faire moine.

Le graphisme prend une légère tonalité caricaturale, le décor est assez fouillé, on a une belle alternance de pages en couleurs chaudes avec des pages en couleur froide. Je pense qu’il aurait mieux valu traiter l’histoire des bénédictins en se centrant soit sur l’histoire de Cluny, soit sur celle de Saint-Benoît-sur-Loire. Des informations complémentaires seraient obligatoirement passées, mais le lecteur serait toujours où il est, à savoir dans l’abbaye phare choisie ou ailleurs. Le propos ici n’est pas toujours adapté à un large lectorat qui en matière de bénédictins ne connaît au mieux que la bénédictine… "Qui trop embrasse, mal étreint" peut aussi concerner la vie des moines, l’oublier peut devenir un péché par rapport à la compréhension du lecteur…

Pour tous publics Beaucoup d'illustrations

Benjamin

Note globale :

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