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Dara Shukoh, prince du soufisme: Vers un Islam tolérant

Dara Shukoh, prince du soufisme: Vers un Islam tolérant
Cerf256 pages
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Avis de Ernest : "Les hommes ont des chemins divers, mais la destination est la même"

Mohammad Dārā Shikōh ( ou Dārā Shukōh ) est né le 20 mars 1615 au Rajahstan et mort le 30 août 1659 à Delhi. Il est le fils aîné de l'empereur moghol Shah Jahan et de Mumtaz Mahal (sur le trône de 1628 à 1658), mais aussi l'arrière petit-fils de l'empereur Akbar. Ce dernier règne de 1556 à 1605 qui s’étendait de l’est de l’Afghanistan au Bengladesh. Il avait levé l'impôt en terre d'islam sur les non-musulmans et avait pratiqué une grande tolérance religieuse.

De langue maternelle persanne, Dārā Shukōh maîtrise également l’arabe et le hindi. Au cours de sa vie, il étudie à la fois les textes de référence pour l’islam sunnite, la Thorah, les évangiles, les pasumes et la métaphysique. En 1633, Dārā Shukōh épouse sa cousine Nadira Banu Begum. Ensemble, ils eurent huit enfants, le premier fut une fille qui meurt après quelques mois. Dārā Shukōh devient dépressif aussi son père l’amène à Lahore où il rencontre le maître soufi Mian Mir (ou Myian Mir). Ce dernier est descendant du calife Omar, successeur direct de Mahomet.

Dārā Shikōh est fait prince héritier mais ses frères lui contestent ce titre un peu avant le décès de leur père. Défait par Aurangzeb, il fuit au Balouchistan avec notamment sa fille, trouvant un temporaire refuge chez Malik Jiwan. Cependant ce chef baloutche le livre à Aurangzeb.

Ce dernier est installé sur le trone du paon de 1658 à 1707, fait exécuter Dārā Shikōh. Aurangzeb rasera et pillera des temples hindous et restauera la jizîa, l’impôt versé par les non-musulmans. En se basant sur une interprétation de la Charia islamique condamnant la musique, il bannit de la cour musiciens, danseurs et chanteurs. Dārā Shikōh est exécuté après quelques mois de captivité, le nouvel empereur utilise l’arme de la fatwa pour justifier l’exécution de Dara Shukoh. Aurangzeb fit également mettre à mort Sarmad, bien le mystique juif, qui traduisit la Torah en persan et laissa une poésie mystique de toute beauté qui prenait la forme de rubaï.

Dārā Shikōh a mené une quête spirituelle autour des fondements monothéistes de la philosophie hindoue. Cela le conduisit à étudier les Upanishads et, avec l'aide de quelques érudits de Bénarès, il traduisit cinquante Upanishads du sanskrit en persan. Le texte qu'il prépara, le Sirr-i-Akbar ( ou Le Grand Secret), fut achevé en 1657. Il était fermement convaincu que les Upanishads portaient un message monothéiste, proche de celui sur lequel repose le Coran. Le confluent des deux océans est l’œuvre la plus connue de Dara Shukoh, elle est également consacrée à la recherche des points communs entre le soufisme et l’hindouïsme.

Mohammad Dārā Shikōh était aussi un poète mystique de grande valeur et un conteur exceptionnel, aussi en annexe sont présentés des extraits de ses productions littéraires. Dans sa conclusion, François Gautier avance que ce livre en fait: « aidera à propager l’extraordinaire message d’amour, de bienveillance, d’indulgence, prince du soufisme, chantre d’un islam tolérant, et qu’à travers ces lignes, le sacrifice de cette âme extraordinaire n’aura pas été vain ».


 

 

 



 


 


 


 

Pour connaisseurs Peu d'illustrations

Ernest

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