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L’histoire commence à Summer

L’histoire commence à Summer
Flammarion / Champs histoire 316 pages
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Avis de Benjamin : "Les penseurs sumériens avaient une vision relativement pessimiste de l’homme et de sa destinée"

Il y a une unanimité pour dire que l'Histoire commence seulement avec les premières traces de l'écrit. Les civilisations qui sont apparues avant ou simultanément à celle des Sumériens ne nous ont laissé que vraiment peu de choses par rapport à celle des Sumériens. On estime que cette dernière court de 3 400 à 2 000 avant Jésus-Christ en Basse Mésopotamie (plus au nord des embouchures du Tigre et de l’Euphrate de l’époque, donc l’actuelle Bagdad était dans cette espace sumérien). Les Chinois attribuent à la figure légendaire de Cang Jie l’invention des idéogrammes, en fait les plus anciennes traces d’inscriptions ont été découvertes en Chine sur des os ou sur des écailles de tortue, et on évalue celles-ci au XIVe siècle avant notre ère. Donc effectivement, c’est bien à Summer que l’écriture fut inventée.  Ces deux écritures ont en commun l’idéogramme à la base ; toutefois, sous des formes différentes, des indications phonétiques apparaissent.

Noah Samuel Kramer avance qu’il a voulu faire œuvre de vulgarisation ; il commente les documents retrouvés et avance que cette écriture, à l’origine  comptable, va assez vite porter également des éléments ayant trait aux sentiments d’humains. L’auteur nous présente d’ailleurs nombre de caractéristique de la civilisation sumérienne dans la  trentaine de chapitres de l’ouvrage. Des informations sont données sur le gouvernement,  l'éducation, la philosophie, la littérature, la religion, l’astrologie, la justice, l'agriculture ou la médecine.


Le poème mythique Enki et Ninhursag raconte comment Enki a fait de cette contrée, au départ désertique, une région disposant d'abondantes ressources pour le bonheur de Sumer. Là c’est l’homme (et non la femme) qui mange les plantes défendues (et non la pomme).

On retiendra les passages suivants :

« Les premiers souverains de Sumer, si grands qu’aient pu être leurs succès de conquérants, n’étaient pas des tyrans entièrement libres de leurs actes, des monarques absolus. Sur les intérêts majeurs de l’Etat, particulièrement sur les questions de guerre et de paix, ils consultaient leurs concitoyens les plus notables, réunis en assemblées. Ce recours à des institutions  démocratiques, dès le IIIe millénaire avant Jésus-Christ, constitue un nouvel apport de Sumer à la civilisation. »

« Quelles furent, par exemple, les premières idées morales et les premières conceptions religieuses que l’homme ait fixées par écrit, quels furent ses premiers raisonnements politiques, sociaux voire « philosophiques » ? Comment se présentaient les premières chroniques, les premiers mythes, les premières épopées et les premiers hymnes ? Comment les premiers contrats juridiques furent-ils formulés ? Quel fut le premier réformateur social ? Quand eut lieu la première réduction d’impôts ? Quel fut le premier législateur ? Quand le premier parlement à deux chambres tint-il ses assises, et dans quel dessein ? A quoi les premières écoles ressemblaient-elles, et à qui et par qui l’enseignement était-il donné alors, et selon quel programme ? »

Faute de développement démographique, la civilisation sumérienne succombe sous les coups des Akkadiens, venus de la Haute Mésopotamie et commandés par le sémite Sargon. On trouve, non paginées, une petite vingtaine de feuillets avec des photographies.

Pour connaisseurs Quelques illustrations

Benjamin

Note globale :

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