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Combats contre l’islamisme: Pour la laïcité

Combats contre l’islamisme: Pour la laïcité
L’Harmattan154 pages
1 critique de lecteur

Avis de Benjamin : "La laïcité, une cible dont les adversaires se renouvellent"

Jean-Pierre Obin, ayant eu des responsabilités comme inspecteur général est connu comme auteur  en juin 2004 du  rapport qui porte son nom mais en fait intitulé Les signes et manifestations d’appartenance religieuse dans les établissements scolaires et une quinzaine d’années plus tard du livre Comment on a laissé l'islamisme pénétrer l'école ?. L’inspecteur général Jean-Pierre Obin a été sollicité en  2021 par son ministre de tutelle pour rendre des propositions sur la formation des personnels en matière de laïcité. Ce rapport a été remis en juin de la même année au ministre Jean-Michel Blanquer.

Voici le plan de cet ouvrage :

Introduction - Une bataille après l’autre
1- La laïcité est son ennemi imprévu
2- Le « rapport Obin » : Les signes et manifestations d’appartenance religieuse dans les établissements scolaires (rapport au ministre de l’Éducation nationale - juin 2004)
3- Du « rapport Obin » aux attentats de 2015 - 11 ans de déni
4- Depuis 2015, une nouvelle prise de conscience
5- Le « rapport Obin 2 » : La formation des personnels de l’éducation nationale à la laïcité et aux valeurs de la République (rapport au ministre de l’éducation nationale de la jeunesse et des sports - avril 2021
6- Retour sur la laïcité
7- Conclusion - à la fin reste le voile

L’auteur se présente comme un témoin et acteur engagé dans un combat contre l’obscurantisme et le fanatisme, un combat qui se réfère à l’idéologie des Lumières. Dans le premier chapitre, l’auteur rappelle l’Affaire du voile au collège de Créteil, signalant le rôle conciliateur tenu par le roi du Maroc durant l’année scolaire 1989-1990. Le second chapitre consiste a présenté le rapport Obin. Dans ce document, il est pointé notamment l’usage important du téléenseignement au niveau collège dans diverses communautés, les problèmes liés au port de signes religieux ou identitaires et de tenues vestimentaires, la question de la nourriture dans les cantines, l’absentéisme pour des fêtes religieuses ne figurant pas sur le calendrier des dates pouvant donner lieu à des demandes d'autorisation d'absence, la contestation de la marque de fête de Noël, la tenue discrète de prière dans l’établissement scolaire, les actes de prosélytisme se conjuguant avec des menaces sur la tenue vestimentaire ou le non-respect du Ramadan, le refus de la mixité, la non-acceptation d’un enseignant d’un sexe différent de celui de l’élève, les réflexions antisémites et propos hostiles aux Arabes, contestation de certains contenus de quelques matières (SVT, histoire, philosophie, œuvres littéraires, art plastique, musique), refus d’entrer dans certains lieux.

Dans ce second chapitre, on pourra relever ceci :

« Pour la première fois dans notre pays, la question religieuse se superpose – au moins en partie – à la question sociale et à la question nationale ; et ce mélange, à lui seul détonnant, entre en outre en résonnance avec les affrontements majeurs qui structurent la scène internationale » (page 64).

« Toutefois, en l’absence d’une action positive d’ensemble, on peut craindre que les nécessaires mesures de défense de la laïcité soient une nouvelle fois vécues, notamment par ces élèves, comme discriminatoires, et les confortent dans leur sentiment d’injustice » (page 66).

« La mixité sexuelle, culturelle, sociale et religieuse est d’abord une valeur. Comment accéder à la compréhension mutuelle, au respect de l’autre, à la modération, autant de composantes de l’esprit laïque, si l’on vit strictement entre soi ? » (page 67).

L’auteur insiste sur l’octroi d’une formation préparant la communauté enseignante à faire face aux contestations des élèves, à ne pas commencer à céder sur les principes en concédant certaines pratiques et à faire remonter les situations problématiques.

Au troisième chapitre, Jean-Pierre Obin regrette l’absence de fortes réponses, durant une dizaine d’années, aux problèmes soulevés dans le rapport en question. Il souligne d’autre part le rôle des réseaux sociaux dans la propagation de thèses complotistes.

Le quatrième chapitre tend à rappeler qu’avec la mort de deux professeurs un degré a été franchit. Il relève que certains, l’écrivaine Danielle Sallenave, le député Alexis Corbières et le Paul Devin (alors secrétaire général du SNPI-FSU) invitèrent les enseignants à s’autocensurer. Il rapporte les débats autour de sa propre audition au Sénat en 2021. L’avant-dernier chapitre présente, dans sa totalité, du second rapport Obin. On insiste là sur la formation continue de tous les personnels. Le dernier chapitre entend montrer que la laïcité est un principe totalement adapté à la société actuelle. Dans la conclusion, l’auteur revient sur la question du port du voile par rapport aux prescriptions religieuses et pourquoi, dans l’esprit des Lumières, il s’agit de faire face aux idées islamistes en espérant que puisse se dégager de façon plus manifeste les idées portées par un islam éclairé. Il recite d’ailleurs là le penseur contemporain Abdelwahab Meddeb (on l’avait évoqué déjà en compagnie de Abdennour Bidar à la fin des pages 70) mais en prenant aussi  ses sources notamment dans la pensée mutaziliste en cours aux IXe et Xe siècle à Bagdad, ajouterons-nous personnellement.   

L’auteur compte faire appel à l’esprit critique, porté par l’esprit des Lumières, et dans cette conclusion, il a démonté la prescription du voile en ayant recours au texte même du Coran.  Il est fort dommage qu’il n’ait pas exercé lui-même un doute méthodique. En effet dans les dernières pages, il reprend deux expressions falsifiées. Sans avoir étudié le chinois, comme je le fis, il faut ne s’être jamais interrogé sur les fondements de la culture chinoise, pour dire qu’un proverbe chinois avance que : « quand le sage désigne la lune, l’imbécile regarde le doigt ». Il s’agit non de l’imbécile mais du disciple, au pays du milieu dans la civilisation traditionnelle, jamais on n’humiliait l’autre. Deuxièmement Lénine non seulement n’a pas inventé l’expression "idiot utile" mais il ne l’a jamais employée. L’expression est née dans l’hexagone sous le Second Empire et elle servit à qualifier, sous le Second Empire, Émile Olivier (voir https://wordhistories.net/2021/03/26/useful-idiot/).  

Pour tous publics Aucune illustration

Benjamin

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