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Les martyrs de la Libre Pensée

Les martyrs de la Libre Pensée
Elibron Classics295 pages
2 critiques de lecteurs

Avis de Benjamin : "Un martyrologue laïc"

Jules Romain Barni est un philosophe. En 1848 il crée, avec Jules Simon et Amédée Jacques, la première société française de libres penseurs. Professeur de philosophie dans un lycée parisien, refusant de prêter serment à Napoléon III, il part s’exiler en Suisse.

Alors que Ferdinand Buisson, pour les mêmes raisons, part enseigner à l’université de Neufchâtel, Ferdinand Buisson se rend à Genève pour donner des cours d’histoire et philosophie. En 1867, par ailleurs il organise et préside le premier congrès de la Paix et de la Liberté à Genève. C’est un homme politique français, député républicain de la Somme de 1872 à 1877. Il décède à Mesr-les-bains (une commune limitrophe du Tréport) le 4/07/1878.

Son essai Les martyrs de la Libre Pensée paraît pour la première fois à Genève en 1862. Il s’agit de livrer là, par écrit, le cours public qu’il a professé l’année précédente dans la salle du Grand Conseil de Genève. Dès le tout début du texte, l'auteur oppose l'esprit d'autorité (qui impose des dogmes par la force) à l'esprit de libre examen (fondé sur la raison). Jules Romain Barni choisit des hommes ou femmes de lettres persécutés, par les autorités religieuses ou étatiques, pour leurs idées dissidentes à diverses époques.

Sont évoqués pour l’Antiquité, Socrate,  les stoïciens et Hypatie puis pour l’univers médiéval Abélard, pour le XVIe siècle Michel Servet, Giordano Bruno, Tommaso Campanella, Giulio Cesare Vanini et Galilée. L’ouvrage se clôt par la période courant du milieu du XVIIIe au début du XIXe siècle. Là sont présentées deux figures liées à la Suisse, à savoir Jean-Jacques Rousseau et Mme de Staël. Il dit à ce propos que Mme de Staël ne fut pas la seule intellectuelle à dénoncer le despotisme de Napoléon Ier et la place accordée à l’Église catholique dans l’univers du régime impérial.

Il y eut un groupe dit d’idéologues qui le fit, le mot apparaît alors et aura le développement que l'on sait. Faute d’espace, notre auteur ne cite pas par exemple Daunou, Chénier, Ginguené, Andrieux, Laromiguière, Chazal, Constant. Sauf pour l’Antiquité, Jules Romain Barni ne sort pas de l’univers de l’Europe occidentale latine, ce qui explique l’inexistence notamment de Jean Hus, réformateur religieux du royaume de Bohême et de Kazimierz Łyszczyński, auteur vers 1680  du De non-existentia Dei, le premier traité philosophique polonais présentant la réalité d'un point de vue athée.  

On retrace la vie, les idées et les condamnations, parfois suivis d’un exil ou d’une exécution, des penseurs sélectionnés. Présentés comme des symboles de la résistance de la raison face à l’oppression, ces personnages viennent alimenter un martyrologue laïc dans lequel auraient aussi leur place des figures absentes ici car non liées à la vie intellectuelle comme le chevalier de La Barre, Jean Calas, Lepeletier de Saint-Fargeau, Saint-Just  ou le député Baudin pour les époques évoquées dans cet essai.

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Benjamin

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