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De Gaulle & Marianne selon Jacques Faizant

De Gaulle & Marianne selon Jacques Faizant
Hugo223 pages
1 critique de lecteur

Avis de Benjamin : "Marianne existe, je l'ai rencontrée aux bras du Général de Gaulle. Pas un mot à tante Yvonne."

Jean-Pierre Guéno est le filleul d’André Frossard, journaliste à "L'Aurore", avant d'entrer au "Figaro" en 1962. "Dieu existe, je l'ai rencontré" fut son best-seller. En première page de ce quotidien, durant la fin du deuxième mandat présidentiel du général de Gaulle pour la période de 1967 à 1969, il arriva assez souvent qu’un billet "Cavalier seul" d’André Frossard côtoie un dessin de Jacques Faizant. C’est même la seule chose qu’André Frossard regardait dans le journal qui l’employait, comme il le laissait entendre dans une interview qu’il avait accordé à André Figueras en 1977.

L’ouvrage est divisé en plusieurs chapitres introduits par quelques pages de texte qui peuvent reprendre des lettres ou interviews du général : "Jacques Faizant", "Charles et Marianne avant Jacques Faizant", "Algérie, la boîte à chagrins", "Une nouvelle République", "La France dans le monde", "Mai 68", "Le départ", "Testament républicain" et une épilogue autour du décès du général.

L’auteur a réalisé une sélection de deux cent dessins de presse de Jacques Faizant, pour une feuille sur trois environ on a un dessin qui occupe une pleine page. Comme leur date et leur support de parution sont datés, on découvre que ce sont le "Nouveau Candide" (un hebdomadaire du type de "L’Express") et dans "Paris-Presse" (quotidien fondé par Philippe Barrès et Eve curie) qui portent avant 1967 (où Faizant remplace Sennep comme dessinateur attitré du "Figaro") les dessins d’humour où cohabitent de Gaulle et Marianne.

On peut regretter de ne pas trouver, dans l'ouvrage qui nous intéresse, le dessin du général de Gaulle habillé en Napoléon avec pour enfants une Marianne en robe du Premier Empire et le jeune Pompidou ne voulant pas rendre le chapeau de Bonaparte à son père. Ceci est d’autant plus regrettable que dans quelques dessins ici présentés Marianne est absente.

On voit, dans cet ouvrage, que les dessins de Marianne et du général ne manquent pas de points communs sous les traits d’Effel et de Faizant. Jean Effel continue d’ailleurs à dessiner sa propre Marianne face à de Gaulle fort longtemps, et on a ainsi de lui une caricature parue en 1958 dans "L’Express" avec Marianne se mariant au général de Gaulle, sous la protection du général Massu et avec Félix Gaillard et Guy Mollet comme témoins (non reprise dans "De Gaulle et Marianne selon Jacques Faizant"). Il existe plus qu’une nuance dans la sympathie maintenue au cours des décennies par Faizant pour de Gaulle et les réserves contenues dans les dessins d’Effel sur l’action de celui-ci. Avec Effel, Marianne reste une allégorie de la République, tandis qu’avec Faizant (tout en restant ce symbole) elle est pour de Gaulle l’amie, la mère, la fille (à divers âges, aussi bien par exemple jeune enfant que demoiselle), la maîtresse, la patiente (du docteur ou pharmacien), l’inspiratrice …

Cette Marianne n’est pas née en 1870, comme le laisse croire Jean-Pierre Guéno à la page 22. Dès la Révolution de 1848 ce prénom désigne la République. Par contre en 1877, après que les républicains aient mis fin au pouvoir de Mac-Mahon, sa statue fleurit progressivement dans les mairies. Sous l’Occupation, les Mariannes furent proscrites des lieux publics, aussi elle retrouve une nouvelle force d’expression après 1945.

Bien que Faizant fasse quasiment pas de dessins politiques sous la IVe république, on trouve sous son crayon dans le quotidien parisien "Résistance", fondé par Marcel Renet, sous le pseudonyme de Jacques Destrée, futur sénateur RPF (le mouvement gaulliste de l'après-guerre) et bientôt journaliste à "L’Aurore". Tout le monde ne disposant pas, comme nous, des moyens de trouver les informations relatives aux journaux dont on parle dans ce livre, on aurait aimé pour le lecteur moyen une information sur les dits périodiques.

Avec un trait ligne-claire c’est une bonne part de l’univers des Français des années soixante qui est revisité, car les allusions ne sont pas seulement politiques mais aussi culturelles. Dans ce domaine, on appréciera en Beatles François Mitterrand, Waldeck-Rochet et René Billères (qui garda le ministère de l’Éducation nationale de 1956 à 1958, on lui doit un texte sur l’interdiction des devoirs le soir à l’école primaire). Les œuvres d’art censées parler spontanément aux Français de cette époque peuvent être répertoriées là.

Pour connaisseurs Beaucoup d'illustrations Plan chronologique

Benjamin

Note globale :

Par - 210 avis déposés - lecteur régulier

180 critiques
22/12/14
Suite à la lecture de ce qui est plus haut, il serait intéressant de voir quels rapports, chez Faizant , Marianne entretient-elle avec les présidents Pompidou, Giscard, Mitterrand et Chirac par rapport à ceux privilégiées avec de Gaulle.
180 critiques
22/01/15
Exposition "Noël Dorville, artiste en République. Un artiste et un dessinateur de presse sous la IIIe République" du 25/03/2015 au 30/11/2015.
Musée des Beaux-arts Porte Marie de Bourgogne 6 boulevard Perpreuil (ou 19 rue Poterne) 21200 Beaune
Tel. 03 80 24 56 92
180 critiques
22/01/15
Colloque : "Coups de crayons sous la Troisième République". Autour de l’exposition Noël Dorville
15-16 avril 2015 - Beaune
Organisateurs : Bertrand Tillier et Vincent Chambarlhac (CGC), avec la collaboration de Sonia Dollinger (Archives municipales de Beaune) et Laure Ménétrier (Musées de Beaune)
417 critiques
15/02/15
Jacques Kamb dans "L'Humanité" dit systématiquement le contraire dans ses dessins de ce qu'avance Faizant dans les siens sur les actions du général de Gaulle. Jacques Kamb sera aussi à "Pif", il meurt en février 2015.
Un documentaire sur lui à voir "LE PETIT MONDE DE KAMB" - 2007
https://vimeo.com/118901957
417 critiques
14/06/15
Dans un an, le Musée Raymond Devos sera prêt !

http://www.lavenir.net/cnt/dmf20150612_00663795
353 critiques
23/09/16
Objets politiques, objets culturels en France de la fin du XIXe siècle à nos jours

https://ihcercle.hypotheses.org/158
417 critiques
09/11/16
Le Musée Raymond Devos est ouvert à Saint-Rémy-lès-Chevreuse (Yvelines) à partir du 16 novembre 2016

http://www.rfi.fr/emission/20161109-maison-musee-raymond-devos
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