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La grande défaite 1870-1871

La grande défaite 1870-1871
Tempus/Perrin448 pages
1 critique de lecteur

Avis de Octave : "Napoléon bête comme une oie, s’en allait en guerre, il dit à ses compagnons : « ceux qui n’ont pas peur sont toujours vainqueurs » (comptine enfantine)"

Il s’agit ici de proposer une synthèse sur la première des trois Guerres de cent ans entre la France et l’Allemagne et la propédeutique à deux guerres mondiales. Le désastre de Sedan préfigure d’ailleurs la déroute de juin 1940.

Si nous avons choisi un tel titre à notre chronique, c’est que l’ouvrage commence en citant cette phrase de Napoléon III, juste après Sadowa, à savoir : « Un grand peuple comme le nôtre n’a rien à craindre de l’unification de l’Allemagne » et que suit ensuite la présentation de cette même bataille de Sadowa qui se déroule en juillet 1866. L’auteur avance qu’en refusant d’imposer, après Sadowa, sa médiation armée à la Prusse, la France avait obligé François-Joseph à demander un armistice. Le souhait de compensation de Napoléon III pour avoir laissé écraser ce qui allait s’appeler sous peu l’Autriche-Hongrie permit à Bismarck de traiter la politique de la France d’une quête de pourboire et de donner une image déplorable de Napoléon III aux autres pays.

Le ministre des Travaux public, à savoir Ignace Plichon, ancien opposant issu de l’univers catholique, avait pourtant prévenu Napoléon III  à l’issue du Conseil du 13 juillet 1870. Il lui avait en effet déclaré : « Entre vous et le roi de Prusse, Sire, la partie n’est pas égale : le roi peut se permettre de perdre plusieurs batailles, tandis que pour vous, Sire, la défaite, c’est la révolution ». On sait que le régime impérial ne survécut pas à la défaite et fut suivi par la Commune.

Une première partie est intitulée "Le prestige évanoui", elle se clôt par le chapitre "Boire la calice jusqu’à la lie". Les autres parties se nomment  "Demain la Révolution ",  "Le pouvoir en état de siège ",  "Une guerre imposée ou désirée ",  "Les derniers jours de l’Empire ",  "Les hommes du 4 Septembre au pied du mur ",  "La République en guerre ",  "Le duel des deux France ". Alain Gouttman termine sur l’incompréhension entre les partisans de l’ordre derrière Thiers et les communards qui aspirent à des changements de société. Il est d'ailleurs significatif que l'on est choisi en couverture un tableau d'Alphonse de Neuville montrant un lieu de la commune du Bourget à un moment où vient de se terminer le siège de Paris par les Prussiens et où le déclenchement de la Commune ne va pas tarder.

On apprécie la carte de géographie historique et l’index des noms propres de personne. Collaborateur du Dictionnaire du Second Empire dirigé par Jean Tulard, l’auteur a été lauréat de la Fondation Napoléon pour son ouvrage sur la Guerre de Crimée. Né en 1942, il décède en 2014. Cet ouvrage était déjà posthume lorsqu’il est paru dans une édition plus luxueuse en 2015 chez Perrin.

 

 

 

Pour connaisseurs Peu d'illustrations

Octave

Note globale :

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