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1939, l’alliance de la dernière chance: une réinterprétation des origines de la Seconde Guerre mondiale

1939, l’alliance de la dernière chance: une réinterprétation des origines de la Seconde Guerre mondiale
Les Presses de l'Université de Montréal2001 pages
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Avis de Octave : "L’anticommunisme de l’entre-deux-guerres fut une des principales causes de la Seconde Guerre mondiale"

Notre titre est tiré d’une phrase placée à la page 30 de cet ouvrage. On sait que l’assassinat du ministre des Affaires étrangères Louis Barthou le 9 octobre 1934 à Marseille (l’attentat visant le roi de Yougoslavie, il fut une victime collatérale) marqua la fin d’une perspective d’alliance de défense mutuelle entre la France et l’URSS. Pierre Laval prit la suite pour un mois au ministère des Affaires étrangères du cabinet Doumergue puis pendant six mois dans le ministère Flandin. Pierre Laval fait bien signer le traité envisagé entre l’URSS et la France, l'URSS avait ajouté comme  condition à son accord le soutien français aux Tchécoslovaques. Laval vide largement cette perspective. En effet il en suspend la ratification au parlement (pendant un an), et accuse durant cette année les Soviets d’inciter les communistes français à une propagande subversive. 

 

Le récit de Michael J. Carley avance que « pour de nombreux conservateurs britanniques et pour la droite française, la coopération avec l'URSS n'avait jamais constitué une solution acceptable. Jusqu'en 1939, le fascisme ou le nazisme, bien que peu honorables, n'incarnaient pas le mal absolu. Au contraire, le fascisme était une arme efficace contre le communisme et le socialisme, et un rempart contre l'expansion du bolchevisme au-delà des frontières de l'Union soviétique » (page 30).

 

Les demandes répétées de pourparlers militaires des Soviétique avec l’État-major reçurent un refus de Paris. Maxime Litvinov, d’origine juive, avait épousé une Anglaise lors de la deuxième partie de son exil en Grande-Bretagne. Il fut ministre des Affaires étrangères de l’URSS de juillet 1930 à début mai 1939. « Son programme était simple : la paix et la sécurité pour l'URSS et le commerce avec l'Ouest ainsi que des crédits à des taux avantageux afin de reconstruire et de développer l'économie soviétique. Le franc-parler de Litvinov rendait parfois furieux les diplomates occidentaux, mais pratiquement tous le respectaient et certains appréciaient même son ouverture et son affabilité » (page 33). Léon Barthou disait qu’il était un honnête homme. 

 

Robert Gilbert Vansittart fut secrétaire permanent du Foreign Office de 1930 à 1938, il alerte son  gouvernement du péril nazi dès 1934. Arthur Neville Chamberlain le destitua de son poste le 1er janvier 1938, du faut de ses positions belliciste et fut remplacé par Alexander Cadogan. Ce dernier s'opposera fermement à l'idée d'une opération militaire franco-russe pour éviter la prise en main, directement et indirectement  de la Tchécoslovaquie par l’Allemagne.

 

Le secrétaire aux Affaires étrangères (de décembre 1935 au 20 février 1938), Anthony Eden, déclara : « Je ne fais pas confiance [aux Soviétiques], disait Eden, et je suis sûr qu'ils détestent profondément toutes les valeurs que nous défendons » (page 40). Comme « la plupart des conservateurs — et ils comptaient davantage, car ils contrôlaient le gouvernement — étaient des idéologues qui se rangeaient au concept léniniste selon lequel le socialisme était engendré par la guerre et en vertu duquel une autre guerre étendrait le communisme au cœur de l'Europe. C'est pourquoi une alliance avec l'URSS contre l'Allemagne n'était pas souhaitable » (page 40).

 

Pour des hommes comme Eden ou Laval qu’une victoire d’une alliance franco-anglo-russe risquait de propager le communisme sur tout le continent européen la vague porteuse. Si l’Angleterre refusa de soutenir les républicains espagnols c’est que pour les dirigeants conservateurs. Face aux coups de force allemands successifs en Rhénanie, puis en Europe de l’est, Londres et Paris réagissent essentiellement verbalement. L’URSS, lasse de trouver des non-recevoir face  à ses ouvertures et propositions.

 

On suit dans le détail toutes les discussions tripartites entre les Accords de Muniche et la déclaration de la Seconde Guerre mondiale. « Mandel n'était pas aussi optimiste lors de sa rencontre avec Souritz le 2 août. Il confia à ce dernier que Doumenc allait à Moscou sans instructions précises : "Londres et Paris (sous la pression de l'opinion publique) veulent éviter une rupture des pourparlers, mais il n'y a aucun signe d'un désir d'aboutir à un accord sérieux qui serait mis en oeuvre immédiatement" (page 237). La question de l’entrée de l'Armée rouge en Roumanie et en Pologne pour défendre cette dernière coince du côté français et anglais.

 

Aussi l’URSS signe un pacte de non-agression avec l’Allemagne. Ce pacte germano-soviétique, ou pacte Ribbentrop-Molotov, permet aux Russes d’avancer considérablement leurs frontières à l’ouest mais les mets directement face à l’armée allemande. Michael J. Carley s’est penché, pour rédiger cet ouvrage, sur de très nombreuses archives publiques et privées de divers pays.

 

 

Pour tous publics Peu d'illustrations

Octave

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