Avis de Benjamin : "Dupuytren avait le génie de la main, de celui qui fait, sans doute moins celui des rapports humains apaisés"
Si cette histoire de la chirurgie et des chirurgiens démarre pour le premier thème à l’univers médiéval et pour le second sujet à l’Antiquité grecque et romaine, elle se termine avec la Première Guerre mondiale dans le premier cas et pour le second à l’univers du Second Empire.
Il est rappelé que la faculté de médecine de Paris est fondée vers 1200 et La faculté de médecine de Montpellier est créée en 1220 (mais débute des cours informels vers 1150). Les clercs pouvaient exercer des professions médicales mais cela va leur être interdit par l’Église par divers conciles de 1130 à 1215 (4° concile de Latran). D’ailleurs nous rappellerons personnellement que bien plus tard Rabelais quitta son habit de moine pour devenir médecin.
L’auteur distingue trois périodes:
« - Du XIIIe au XVIe siècle les chirurgiens ont dû faire face aux barbiers
- Au XVIe siècle les chirurgiens ont dû faire face aux médecins
- Au XVIIe siècle avec l’histoire de la fistule de Louis XIV, l’âge d’or de la chirurgie apparaît, le triomphe survenant à la fin du XVIIIe siècle en particulier avec l’école parisienne et les élèves de Desault.»
Les étapes de la formation des chirurgiens, à diverses époques, sont exposées. Les actions d’Amboise Paré sont largement évoquées. Que ce soit à la Renaissance, durant les guerres révolutionnaires ou napoléoniennes mais surtout durant la Première Guerre mondiale, face à des urgences de prse en charge de certains patients, la chirurgie avance notablement.
Au fil du récit, on apprend de multiples autres choses. Ainsi lit-on que c’est en 1750 que les chirurgiens quittent officiellement le statut d’ouvrier pour devenir des notables bourgeois et que ce n’est qu’en 1847, que les premières anesthésies sont réalisées en France par le Vosgien Malgaigne, qu’en 1867 un Britannique le Dr Joseph Lister, s’appuyant sur les travaux de Pasteur, introduit l’antisepsie dans sa pratique quotidienne, que la chirurgie osseuse traumatique va se développer en particulier sous l’impulsion de Robert Danis (Belgique), Robert Hoffmann (Suisse) et Gerhard Küntscher (Allemagne).
On trouve dans la deuxième partie une kyrielle de noms connus ou à connaître depuis Hippocrate et Gallien jusqu’à Malgaigne et Velpeau, en passant par notamment Henri de Mondeville et Gui de Chauliac pour le Moyen Âge, le Bruxellois André Vésale (de quatre ans le cadet d’Ambroise Paré), le Lyonnais Claude Pouteau né en 1725, Jean Nicolas Corvisart (1755-1821) le célèbre premier médecin de l’Empereur ou Dupuytren qui se précipite au chevet du duc de Berry, victime d’un attentat mortel en 1820. Ce sont évidemment leurs conceptions de la chirurgie et leurs apports à celle-ci qui sont exposés. Les dernières pages font un bilan bien inquiétant de la chirurgie française au XXIe siècle, aux prises au manque de recrutement tiré des universités françaises (d’où l’appel à des étrangers), à un frein à l’innovation et à un carcan administratif et juridique.
Des biographies sont proposées de façon individuelle pour des personnages non cités précédemment, ce sont des chirurgiens ou des médecins qui ont apporté quelque chose dans le travail des chirurgiens. On relève en particulier celle de Just-Lucas Championnière, petit-fils d’un officier dans l'Armée de Charette et fils d’un médecin, directeur successivement des services chirurgicaux de l’hôpital Cochin (pour la maternité), l’hôpital Tonin, l’hôpital Saint-Louis, l’hôpital Beaujon et l’Hôtel-Dieu. Parmi cette cinquantaine de docteurs, on découvre aussi là Jean Icart (1734-1803) un chirurgien castrais promoteur de la formation des sages-femmes en Languedoc mais aussi René Laennec connu pour son invention du stéthoscope.
Pour connaisseurs Quelques illustrations