Avis de Adam Craponne : "Quand le fond de la vallée se bouche, toujours sortir le foin"
Le Val d’Anniviers est situé au centre du canton actuel du Valais, il est proche de la ville de Sierre. C’est le lieu de l’action de ce roman historique s’appuyant sur une solide base historique tant au niveau local que pour ce qui touche les phénomènes de sorcellerie au XVe siècle. Le récit court entre 1466 et 1481. Un secret de famille vient pimenter l’histoire.
Il y a là une intéressante approche des accusations de sorcellerie ; ces dernières sont formalisées lors du concile de Bâle (1431-1439). Les ouvrages utilisés lors des procès de ce type sont au nombre de huit, ils sont cités à la page VI des annexes. Ce sont : le Directoire des inquisiteurs, Les Erreurs des Cathares, La Fourmilière, Pour que Les Erreurs des magiciens et des malfaiteurs deviennent manifestes aux ignorants, Traité contre les invocateurs de démons, Le Fouet des fascinateurs hérétiques, Le Fléau des maléfiques, Le Marteau des sorcières. En brûlant le corps des sorcières, on interdit à celles-ci toute vie après la mort.
Ce roman évoque les procès en sorcellerie d’Anthonia d’En-Haut-l’Église (ou Anthonia Suppra Ecclesiam) mais aussi du notaire Pierre de Torrenté et son fils. L’évêque de Sion Walter Supersaxo et son fils illégitime Georges Supersaxo jouent un rôle important dans cette chasse aux sorcières. Les biens des accusés de sorcellerie leur reviennent en partie. Il existe également un enjeu autour de la propriété des terres de cette vallée. Rudolph Asperlin, qui a épousé Frisquina, sœur des derniers seigneurs de Rarogne, prétend en hériter alors que Pierre de Torrenté soutient les Anniviards dans l’idée d’un rachat de la seigneurie pour constituer une seigneurie libre. D’un autre côté l’évêque Walter Supersaxo désire installer son fils illégitime comme châtelain d'Anniviers.
Il y a une imbrication des fiefs de l'évêque de Sion et du duc de Savoie dans la région évoquée, cela débouche sur la bataille de La Panta qui eut lieu le 13 novembre 1475 et opposa les armées de Walter Supersaxo soutenues par les troupes de la Confédération helvétique à celles de Yolande de France ou Yolande de Valois (fille du roi Charles VII, le souverain que rencontra Jeanne d’Arc) alors régente du duché pour son fils Philibert.
Diverses pages documentaires sont présentes et le texte est parsemé de mots de franco-provençal qui sont toujours expliqués.
Pour tous publics Peu d'illustrations