Avis de Ernest : "Il faut toujours faire chasser ses lièvres par ses propres chiens (proverbe auvergnat)"
C’est l’enfance et les premiers temps de la vie d’adulte d’un garçon, au départ fils de paysans pauvres (des métayers). Par la suite le père se fait embaucher dans une scierie et la mère fait des ménages à Ambert où la famille a déménagé.
Le narrateur, né en 1888, nous conte sa scolarité chez les sœurs et les frères. On a là une critique acerbe du niveau de compétance de ces enseignants, du caracère rébarbatif de leur enseignement et leur goût pour l’orbilianisme sur ses élèves. Par ailleurs Antoine Sylvère rappelle qu’à l’époque les enfants des campagnes ne parlaient que le paois, assi ils ne comprenaient ps grand chose de ce qu’ils devaient lire.
On apprend également qu’à la Belle Époque, les écoles catholiques refusaient de présenter leurs élèves au certificat d’études, elles avaient créer un certificat de l’étude avec notappemt la présence de notables parmi les examinateurs (voir page 263). La présidence était assurée par un archipêtre (un prêtre que l'évêque déléguait à la tête d'une circonscription de son diocèse).
Antoine Sylvère raconte divers drames villageois et des actes de jalousie entre habitants. Par crainte d’être accusé de meurtre, le héros s’engage dans la légion étrangère en prenant un nom de Luxembourgeois. Il est en Algérie en 1905 et 1906 ; Une posface permet d’en savoir plus sur l’ensemble de la vie d’Antoine Sylvère, de connaître l’évolution de la législation sociale entre 1841 et 1917, les revenus et les dépenses dans une famille ouvrière, le patois d’Ambert (avec citations de quelques proverbes)… On apprécie l’index des thèmes, personnes et lieux. Une intéressante préface de Pierre Jakez Hélias est présente et trente-et-une illustrations pleine pages sont offertes dans cette édition.
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