Avis de Xirong : "En pleine culture vulpine imaginaire"
John Oldcastle, un des chefs du mouvement Lollard porté comme contestataire et hérétique (soutenant les thèses de Wyclif), a vraiment inspiré le personnage de Falstaff à Shakespeare. Une certain amitié aurait lié John Oldcastle au prince Henri. Ce dernier, dit Hal est le futur Henri V : il est reconnu régent de France par le Traité de Troyes en 1420.
Falstaff a une proéminence abdominale, reflet de son goût pour les plaisirs de la chair. Soldat fanfaron et poltron, il est un personnage comique e la pièce Henri V terminée par Shakespeare au milieu des années 1590 et publiée en 1598. il y a fait le scandale et le succès de cette pièce. La reine d’Angleterre aurait demandé à l’auteur une œuvre où on retrouverait le personnage fantasque apparu dans Henri IV, cette idée donna lieu à l’écriture des Joyeuses commères de Windsor.
La bande dessinée Falstaff couvre 150 pages, elle a pour scénariste Pierre Boisserie, connu pour sa production de la saga historique La Croix de Cazenac. Il doit avoir à son actif près de quatre-vingt albums. Dans cet album, les dialogues portent une langue prenant souvent des aspects grandiloquente dans la bouche du héros, ils ont parfois une tonalité précieuse afin de refléter l’expression orale de la très haute aristocratie.
Citons là le discours que Hal adresse à son adversaire Hopstur qui vient d’âtre occis. « Mais la pensée est l’esclave de la vie, et la vie est le jouet du temps, et le temps qui veille sur le mode doit lui-même s’arrêter… Oh ! S’il n’était que la main froide de la mort pesant sur ma langue, je pourrais prophétiser : non, Percy tu es poussière et pâture pour… les vers, brave Percy. Porte-toi bien, Grand Cœur, ton ambition réduite à n »ant ! Lorsque ce corps avait une âme, un royaume n’était pas assez grand pour lui ; mais maintenant deux pieds de la plus vile terre suffiront » (page 66).
Le dessin est de Goho (ne pas confondre avec Golo), qui fut cofondateur du magazine réunionnais de BD Le Cri du margouillat, ayant travaillé ensuite dans le cinéma d’animation et exerçant comme professeur des écoles pour encore quelques années. Son trait a des relents caricaturaux qui conviennent bien à la substance du récit et ses décors sont extrêmement fouillés. Ceux-ci facilitent la plongée dans l’univers de la toute fin du XIVe siècle et le début du siècle suivant.
L’action démarre en juillet 1399 et voit le débarquement secret dans le Yorkshire du duc de Lancastre, dit Bolingbroke ; ce dernier revient du duché de Bretagne, suite à son exil dans le royaume de France. Il est accueilli par le comte de Northumberland et par Percy , dit Hopstur, son fils.
On découvre bien vite Falstaff, accompagné de son acolyte Pistol. Tous deux achèvent éventuellement quelques blessés et les dépouillent comme ils le font avec ceux occis par d’autres. Falstaff reconnaît Bolingbroke à son arrivée sur les lieux. Le héros fait preuve de flagornerie envers ce dernier et décide de le suivre, sachant que le rebelle Henri IV, par la guerre civile qu’il vient d’enclencher, va semer les cadavres à piller.
On fait un saut de trois ans qui nous projette à Londres, Henri IV a vaincu son cousin le roi Richard II. Falstaff a l’occasion de faire la rencontre du prince Harry (surnommé Hal) le fils du souverain en rendant un service à ce dernier. Hal est initié à mille turpitudes par Falstaff mais il n’est pas dupe du côté vantard. Henri IV n’apprécie guère l’influence Falstaff sur son fils.
Bientôt notre héros suit Hal dans sa campagne contre les Gallois dont les archers font merveille. Mortimer est fait prisonnier par ceux-ci et le roi d’Angleterre refusant de payer sa rançon, il s'allie avec Glyndŵr, le dernier Gallois à pouvoir se faire appeler prince de Galles. Le comte de Northumberland et son fils Hopstur passent dans l’opposition à Henri IV. On assiste donc à la bataille de Shrewsbury qui se déroule en juillet 1403.
Jean de Lancastre, fils cadet du roi Henri IV, le comte de Westmorland, lord Warwick (Thomas de Beauchamp), sir Walter Bllunt apparaisse dans l’entourage du roi. On assiste à des moments précédant la mort d’Henri IV, ce dernier qui s’était juré de reconquérir Jérusalem, meurt dans la salle de son palais nommé justement Jérusalem. Le roi Henri V juge nécessaire, pour sa dignité, de se séparer de Falstaff, une fois qu’il est couronné. Le récit se clôt par la bataille d’Azincourt qui se déroule en 1415, elle voit une fois de plus l’importance que prennent les archers gallois. Falstaff est présent et paie de sa vie la seule fois où il a tenté de faire preuve de courage. Il est clair que ce n’est autant l’adaptation du rôle attribué par Shakespeare à Falstaff qui porte le récit que les enjeux autour de la possession de la couronne d’Angleterre auquel Falstaff est indirectement lié par son amitié avec le futur Henri V quoique le scénariste avoue avoir allégé le contenu autour des révoltes princières.
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