Avis de Benjamin : "Grandeur, ruse et exotisme"
Dans cet ouvrage, sorti en Angleterre en 2008, sous le titre The Surprising Life of a Medieval Empire, le récit couvre une large période allant de 330 à 1453 après Jésus-Christ. Les dates butoirs sont évidemment la fondation de Constantinople par le premier empereur romain chrétien Constantin et la prise de cette même cité par les troupes ottomanes du sultan Mehmed II.
Le livre Byzance, l’étonnante saga d’un empire médiéval de Judith Herrin se structure en quatre grandes parties chronologiques. Ces dernières se nomment successivement : Les fondations de l’Empire byzantin, De l’Antique au médiéval, Un État médiéval, Un empire au pluriel. Chacune a entre 5 et 11 chapitres, ce qui donne finalement 28 chapitres indépendants.
Les chapitres proposent des visions thématiques qui ne renvoient pas particulièrement à un règne précis. S'appuyant sur les recherches les plus récentes mais dans un style vulgarisateur, Judith Herrin articule chaque court chapitre autour d'une dimension politique, un thème en rapport avec l’orthodoxie, un événement guerrier, une question sociale, un monument ou une figure historique emblématique. Le sujet est examiné, quand cela se justufie, à travers toute l'histoire byzantine de la fondation de Constantinople jusqu'à sa prise par les Turcs ottomans.
Judith Herrin met en exergue le rôle crucial joué par Byzance en tant que bouclier oriental de la chrétienté face à l'expansion musulmane au début du Moyen Âge. Cette fonction a rendu possible l'émergence de l'Europe et du monde occidental moderne. L’ouvrage combat l’idée selon laquelle Byzance aurait été une société rigide, prisonnière du cérémonial ; En fait on la perçoit ici comme une civilisation dynamique, dotée d’une grande capacité d’adaptation à des crises et dangers successifs. Les principaux furent la menace de l’islam, la querelle iconoclaste et le sac par les seigneurs latins de Constantinople en 1204. C’est ce dernier évènement qui a nourri une fracture fondamentale entre christianisme oriental et occidental, certes déjà alimentée par de longs débats sur les divergences liturgiques et dogmatiques ainsi que sur la primauté de Rome sur Constantinople.
La première partie "Les fondations de l’Empire byzantin" est composée des chapitres suivants : La ville de Constantin, Constantinople la plus grande cité du monde chrétien, L’empire romain d’Orient, L’orthodoxie grecque, La basilique Sainte-Sophie, Les mosaïques de Ravenne, Le droit romain.
Le second volet "De l’Antique au médiéval" comprend les chapitres : Un rempart contre l’islam, Les icônes nouvel art chrétien, Une société cultivée avec un talent oratoire, Saints Cyrille et Méthode les apôtres des slaves.
La troisième partie, intitulée "Un État médiéval" propose les thèmes suivants : Le feu grégeois, L’économe byzantine, Les eunuques, La cour impériale, Les enfants impériaux nés dans la pourpre, Le mont Athos, Venise et la fourchette, Basile II le tueur de Bulgares, La crise du XIe siècle, Anne Commène, Une société cosmopolite.
La quatrième division "Un empire au pluriel" étudie les points suivants : Le pivot des croisades, Les tours de Trébizonde, Arta, Nicée et Thessalonique, Rebelles et protecteurs, Plutôt le ruban turc que la couronne latine, Le siège de 1453.
Les pages d’illustrations, toute en couleurs, sont au nombre de 16 et ne sont pas paginées. On a, en matière de géographie historique, cinq cartes sur une double-page plus sut une page simple pour la ville de Constantinople. Une liste d’empereurs et une chronologie sont également présentes. Les lecteurs intéressés par des aspects spécifiques de l'histoire byzantine pourront consulter une riche bibliographie.
coup de coeur !
Pour connaisseurs Beaucoup d'illustrations