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Françoise Moreil, itinéraires protestants à l’époque moderne

Françoise Moreil, itinéraires protestants à l’époque moderne
Éditions universitaires d’Avignon344 pages
1 critique de lecteur

Avis de Alexandre : "Protestants en pricipauté d’Orange au XVIIe et XVIIIe siècle"

Après divers textes rendant hommage à Françoise Moreil qui enseigna l’université d’Avignon dans les années 2000 et prit sa retraite en 2014, l’ouvrage se compose de trois parties qui regroupentdivers textes sous la plume de celle-ci.

La première se nomme " Diversité du protestantisme régional ". On trouve là quatre chapitres. Ils s’intitulent respectivement: Les académies réformées méridionales (Nîmes, Digne, Orange), les escoles sont les fontaines d’humanité, Gaspar Martyin, le capucin réformé pasteur de la principauté d’Orange au XVIIe siècle, Les jeunes protestants dans la principauté d’Orange pendant l’Ancien Régime, Portrait de groupes avec dames.

Il est rappelé là en particulier que l’académie protestante de Nîmes naît (en tant que lieu de formation de collégiens et de pasteurs) en 1561 et que cette année en question, on y ordonna une dizaine de ministres du culte. Des pasteurs francophones étaient déjà formés à Genève depuis 1559 et à Lausanne depuis 1537. Cette institution nîmoise fonctionne jusqu’en 1664, année où le pouvoir royal l’interdit. Depuis 1634 les jésuites y ont mis un pied à côté des réformés.

Gaspar Martin est né en 1589 à Carpentras, il est resté dix ans dans les ordres avant de se convertir et donc d’abjurer en 1614 à Orange. Il part ensuite se former à Genève. Il revient dans le royaume de France afin d’exercer les fonctions de pasteur à Saillans (non loin de Die) puis à Die même. On le retrouve après ministre du culte à Couthézon dans la principauté d’Orange.Ce dernier est l’auteur de sept ouvrages religieux.

Il est précisé que vers 1600, dans la principauté d’Orange, on compte un tiers de réformés pour deux tiers de catholiques. Dès 1607, pour cet espace ayant un souverain protestant, le libre-exercice des deux religions est officiel. La jeunesse y est un enjeu pour les deux communautés. Des portrais de femmes, souvent mères, épouses ou filles de pasteurs, sont tirées. On évoque également la vie d’exilés forcés de quitter la principauté après l’occupation illégale et temporaire des toupes de Louis XIV en 1685.

La seconde partie du livre se nomme " L’État face à la question religieuse ", on y trouve trois chapitres. Ce sont respectivement : La municipalité d’Orange : Un carrefour des relations entre France et Provinces-Unies au XVIIe siècle, Un représentant du pouvoir royal face aux problèmes religieux : l’intendant Banville, Le subdélégué, la principauté d’Orange et la Révocation. On évoque là des pasteurs qui peuvent avoir des responsabiliyés tant dans la principauté d’Orange que dans les Provinces-Unies. On a l’exemple de Jacques Pineton de Chambrun, né à Orange en 1635 il est fils et petit-fils de pasteur. Il fut pasteur à Nîmes puis Orange. Emprisonné en 1685, lors de l’occupation de cette principauté par les troupes françaises, il parvient à s’enfuir l’année suivante. Il rejoint alors Genève puis la Hollande. Il publie notamment Les Larmes, un ouvrage où il raconte les persécutions subies par les protestants et les pasteurs de la principauté, afin qu’ils se fassent catholiques (voir https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t53789891v.texteImage). Nommé chapelain aux Pays-Bas par la princesse Marie, il suit celle-ci en Angleterre lorsqu’elle devient reine du Royaume-Uni sous le nom de Marie II. Il décède outre-manche en 1689 alors qu’il est chanoine de Windsor. La politique répressive menée est aussi décrite par l’intendant royal Basville, mais pour la période 1697 à 1718.

La troisième section se nomme " De la tolérance à l’exil : trajectoire de protestants orangeois ". Les chapitres sont : De la tolérance à l’exil : trajectoire de protestants orangeois, Une arrivée retardée: les Orangois à Berlin en 1704, Les Orangeois et le Refuge genvois au XVIIIe siècle. Si les protestants orangeois quittent Genève ou un canton de la Confédérarion helvétique pour Berlin, c’est que leur intégration se révèle très précaire dans la ville de Calvin.

Pour connaisseurs Peu d'illustrations

Alexandre

Note globale :

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