Avis de Alexandre : "Nous sommes tous le produit d'une époque et d'un lieu particulier"
À travers douze chapitres, chacun consacré à un mécanisme d’adhésion au nazisme, l’ouvrage dresse une analyse de ce qui constitue l’idéologie nazie. Certains de ces douze mécanismes peuvent réapparaître dans les démocraties libérales et faire verser celles-ci dans une dose plus ou moins forte d’illébéralisme. D’ailleurs, dans une cérémonie d’hommage aux quatre-vingt parlementaires qui votèrent contre les pleins-pouvoirs au maréchal Pétain, Alice Rufo (Ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens Combattants) déclara, début juillet 2026, avoir davantage peur « de ceux qui oublient de défendre la République, plutôt que de ses ennemis eux-mêmes ». Auparavant le maire de Vichy Frédéric Aguilera avait dit que « les démocraties ne meurent plus par effraction. Elles meurent par consentement ». La cérémonie se déroulait à l’Opéra de Vichy car en 1940, ce bâtiment était le théâtre du Grand Casino de Vichy.
Les noms des chapitres en question sont : Les théories du complot, Eux et nous, Diriger comme un héros, Corrompre la jeunesse, La connivence avec l’élite, S’attaquer aux droits humains, Exploiter la foi, Jauger les ennemis, Éliminer la résistance, L’escalade du racisme, Tuer à distance, Attiser la peur.
Le contenu renvoie souvent à des témoignages, on a donc une constante illustration par des extraits de vécus de personnes ayant servi le régime nazi, ayant été façonné par lui ou l’ayant subi. On est là dans une histoire des mentalités. Laurence Rees avait interrogé, dans les décennies précédentes, de nombreux témoins et il a demandé leur opinion sur un point précis à plusieurs historiens de la période.
Ainsi Adam Tooze lui a déclaré que: « L’idée que les nazis auraient pu, d’une manière ou d’une autre, prolonger la prospérité des années 30 pour créer un avenir pacifique et satisfaisant au peuple allemand est une pure illusion qu’Hitler n’envisageai absolument pas. C’est une incompréhension fondamentale à laquelle beaucoup succombent, mais ce n’était absolument pas dans l’esprit d’Hitler » (page 271).
Pour connaisseurs Aucune illustration