{"id":39,"date":"2015-03-26T14:23:10","date_gmt":"2015-03-26T13:23:10","guid":{"rendered":"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/blog\/?p=39"},"modified":"2016-05-25T13:08:17","modified_gmt":"2016-05-25T12:08:17","slug":"le-roman-historique-pour-la-jeunesse-sur-la-premiere-guerre-mondiale-une-ideologie-a-front-renverse-de-la-propagande-distillee-a-lepoque","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.gregoiredetours.fr\/blog\/2015\/03\/26\/le-roman-historique-pour-la-jeunesse-sur-la-premiere-guerre-mondiale-une-ideologie-a-front-renverse-de-la-propagande-distillee-a-lepoque\/","title":{"rendered":"Le roman historique pour la jeunesse sur la Premi\u00e8re Guerre mondiale, une id\u00e9ologie \u00e0 front renvers\u00e9 de la propagande distill\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9poque ?"},"content":{"rendered":"<p><em>Nous publions ci-dessous, en tant que tribune, le travail d&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/fiche_membre\/112\/\">Octave<\/a>, membre actif de gregoiredetours.fr et passionn\u00e9 de la premi\u00e8re guerre mondiale.<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p>Cent ans apr\u00e8s, quelle image de la Premi\u00e8re Guerre mondiale les jeunes francophones\u00a0peuvent-ils se faire en lisant des romans historiques qui leur sont destin\u00e9s\u00a0? Jamais avant et vraisemblablement plus jamais apr\u00e8s novembre 2014 on ne trouvera environ 70 romans historiques pour ce sujet chez les \u00e9diteurs francophones europ\u00e9ens. Notre corpus ne sera compos\u00e9 que de romans historiques<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>, il y aura donc un ensemble de premi\u00e8re \u00e9dition et de r\u00e9\u00e9ditions qui couvriront un espace de cr\u00e9ation qui est en gros celui de ce d\u00e9but de XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Nous \u00e9cartons tout ce qui se pr\u00e9sente sous l\u2019apparence du documentaire et de l\u2019album. Ayant le format d\u2019un roman, le titre doit proposer une surface de texte au moins \u00e9gale au double de l\u2019espace occup\u00e9 par l\u2019illustration.<\/p>\n<p>C\u2019est durant la Premi\u00e8re Guerre mondiale qu\u2019e\u00fbt lieu le premier investissement massif de la propagande patriotique en direction des enfants. Cette mobilisation id\u00e9ologique des plus jeunes prit diverses formes qui sont bien mises en valeur par plusieurs \u00e9tudes<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>. Nous verrons quels messages conformes ou oppos\u00e9s sont pass\u00e9s cent ans apr\u00e8s. Un recensement pr\u00e9cis des lieux de combat \u00e9voqu\u00e9s dans ces romans contemporains n\u2019a pas d\u2019int\u00e9r\u00eat car il pourrait se traduire par une formule allusive qui serait \u00ab\u00a0\u00c0 l\u2019est de Verdun, rien de nouveau\u00a0\u00bb, \u00e0 l\u2019exception d\u2019un r\u00e9cit dans les Vosges et un outre-mer. De m\u00eame on n\u2019a pas relev\u00e9 les histoires o\u00f9 \u00e9taient ins\u00e9r\u00e9 un courrier entre un poilu et l\u2019arri\u00e8re, tant ce motif est devenu r\u00e9current. <a href=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/xxe-siecle\/grande-guerre\/michel-piquemal-petit-jean-des-poilus-suivi-de-lettres-des-tranchees\/\"><em>Petit-Jean des poilus, suivi de Lettres des tranch\u00e9es<\/em><\/a> est un livre, qui apr\u00e8s un r\u00e9cit de fiction, propose une trentaine de courriers authentique de divers poilus \u00e0 leur famille.<\/p>\n<h1><strong>Les animaux\u00a0 <\/strong><\/h1>\n<figure style=\"width: 135px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" class=\"\" src=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/img\/livre\/anne-blanchard-rosa-luxemburg-non-aux-frontieres.jpg\" alt=\"\" width=\"135\" height=\"216\" \/><figcaption class=\"wp-caption-text\">Rosa Luxemburg : non au fronti\u00e8res ! Anne Blanchard<\/figcaption><\/figure>\n<p>Pour s\u00e9duire un jeune lectorat il va falloir donc trouver une accroche. Une des plus sures est de mettre en sc\u00e8ne des animaux soit comme h\u00e9ros, soit comme personnages autour desquels le ou les h\u00e9ros humains vont \u00eatre amen\u00e9s \u00e0 conna\u00eetre des aventures. Le narrateur est le chat de Rosa Luxemburg dans l\u2019ouvrage <a href=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/xxe-siecle\/grande-guerre\/anne-blanchard-rosa-luxemburg-non-aux-frontieres\/\"><em>Rosa Luxemburg: Non aux fronti\u00e8res<\/em><\/a> par Anne Blanchard.<\/p>\n<p>En mati\u00e8re de b\u00eates h\u00e9ros principaux ou secondaires on trouve plusieurs sortes d\u2019animaux. Pour les plus jeunes, en faisant une large place \u00e0 l\u2019illustration, les \u00e9ditions canadiennes Michel Quintin ont propos\u00e9 <a href=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/xxe-siecle\/grande-guerre\/alain-bergeron-une-mission-pour-vaillant\/\"><em>Une mission pour Vaillant <\/em> <\/a>d\u2019Alain M. Bergeron. Cet ouvrage a un format de roman, toutefois l\u2019importance de son illustration sur seulement 35 pages fait qu\u2019il est bien adapt\u00e9 \u00e0 des \u00e9l\u00e8ves de SEGPA, comme deux autres titres un peu plus denses au niveau du texte, que nous citons plus bas \u00e0 savoir <em>Mirliton le chien soldat <\/em>et<a href=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/xxe-siecle\/grande-guerre\/pascale-bouchie-la-veritable-histoire-de-marcel-soldat-pendant-la-premiere-guerre-mondiale\/\"><em> La v\u00e9ritable histoire de Marcel soldat pendant la Premi\u00e8re Guerre mondiale<\/em><\/a>. Le r\u00e9cit s\u2019appuie sur un fait authentique, \u00e0 savoir que le dernier pigeon \u00e0 quitter le fort de Vaux en juin 1916 fut cit\u00e9 \u00e0 l\u2019ordre de la Nation pour avoir travers\u00e9 des lignes en bravant les tirs et les gaz asphyxiants. L\u2019on peut approcher ainsi le r\u00f4le de liaison entre une unit\u00e9 isol\u00e9e ou des villages de la zone occup\u00e9e et le gros des troupes, que purent assumer les pigeons. Notons que certains de ces oiseaux furent aussi munis de minuscules appareils-photographiques.<\/p>\n<figure style=\"width: 144px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" class=\"\" src=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/img\/livre\/alain-bergeron-une-mission-pour-vaillant.jpg\" alt=\"Une mission pour Vaillant, Alain M. Bergeron\" width=\"144\" height=\"240\" \/><figcaption class=\"wp-caption-text\">Une mission pour Vaillant, Alain M. Bergeron<\/figcaption><\/figure>\n<p>La pr\u00e9sence des chiens sur le front rentre dans la fiction d\u00e8s l\u2019\u00e9poque de la Grande Guerre : l\u2019album <a href=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/xxe-siecle\/grande-guerre\/rabier-flambeau-chien-de-guerre\/\"><em>Flambeau, chien de guerre<\/em><\/a> de Benjamin Rabier sort en 1916. Le chien du r\u00e9cit <em>Au temps de la Guerre 14-18 Mirtliton le chien soldat <\/em>nous sensibilise \u00e0 la fonction d\u2019agent de liaison. Le r\u00e9cit est port\u00e9 au d\u00e9part par le fait que ce chien avait \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 \u00e0 une petite fille par son grand-fr\u00e8re (soldat sur le front) et que c\u2019est elle qui a l\u2019id\u00e9e de le proposer pour le chenil de l\u2019arm\u00e9e.\u00a0 En 1999 para\u00eet le premier tome d\u2019une s\u00e9rie <em>Bleu<\/em> qui en est \u00e0 sept volumes \u00e0 ce jour. Le choix de \u00ab\u00a0cet animal, me semblait-il, serait \u00e0 m\u00eame de rassurer le jeune lecteur un peu trop \u00e9motif\u2026 de m\u00eame que ses parents\u2026\u00a0<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[3]<\/a>\u00bb. C\u2019est un chien infirmier qui \u00e9vite de nombreux dangers \u00e0 son ma\u00eetre dont il est l\u2019adjuvant.<\/p>\n<p>En 2014 sort <a href=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/xxe-siecle\/grande-guerre\/pascal-vatinel-la-derniere-course\/\"><em>La derni\u00e8re course <\/em><\/a>o\u00f9 les chiens sont le support de l\u2019intrigue marqu\u00e9e par l\u2019arriv\u00e9e authentique sur le front des Vosges (donc \u00e0 la limite des fronti\u00e8res de l\u2019Alsace-Lorraine) de chiens de tra\u00eeneau recrut\u00e9s en Alaska afin en particulier de pouvoir aider \u00e0 la liaison entre les tranch\u00e9es et la zone des arm\u00e9es. Dans ce titre, l\u2019h\u00e9ro\u00efne est une jeune fille d\u2019une quinzaine d\u2019ann\u00e9es vivant en Alaska depuis l\u2019\u00e2ge de cinq ans. Fille d\u2019un p\u00e8re (Jacques Larivi\u00e8re) et d\u2019une m\u00e8re tous deux qu\u00e9b\u00e9cois, elle-m\u00eame est n\u00e9e dans la Belle Province. Devenue, en se travestissant, instructeur pour les poilus qui s\u2019occuperont des chiens de tra\u00eeneau ramen\u00e9s d\u2019Alaska (en traversant d\u2019ouest en est le Canada) pour le front vosgien. Sa ma\u00eetrise du fran\u00e7ais a de nombreuses cons\u00e9quences dans le r\u00e9cit.<\/p>\n<figure style=\"width: 140px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/medias.voyageons-autrement.com\/gallery\/2014\/05\/SOUVIENS-TOI-140x200.jpg\" alt=\"Souviens-toi de moi, Martine Laffon\" width=\"140\" height=\"200\" \/><figcaption class=\"wp-caption-text\">Souviens-toi de moi, Martine Laffon<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le cheval est un animal tr\u00e8s repr\u00e9sent\u00e9 puisqu\u2019outre <em>Cheval de guerre<\/em> et <em>Le secret de grand-p\u00e8re <\/em>de Michael Morpurgo (le second \u00e9tant la suite du premier) on a aussi <em>Souviens-toi de moi<\/em> de Martine Laffon. Si dans les deux premiers on suivait l\u2019attachement qui liait un paysan anglais \u00e0 un cheval qui avait appartenu \u00e0 son p\u00e8re, le troisi\u00e8me met en sc\u00e8ne Li Jian, un jeune lettr\u00e9 chinois capable \u00e0 la fois de peindre des chevaux dans le pur style asiatique et de s\u2019occuper d\u2019eux. Li Jian fait parti des 100 000 et 40 000 travailleurs chinois respectivement pour les arm\u00e9es anglaises et fran\u00e7aises. Ces trois ouvrages permettent de mettre en \u00e9vidence que les chevaux ne jou\u00e8rent pas seulement un r\u00f4le pour une cavalerie qui d\u2019ailleurs n\u2019a sur le front ouest quasiment plus d\u2019utilisation apr\u00e8s le d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 1915.<\/p>\n<p>On s\u2019attendait moins \u00e0 trouver une tortue sauf si l\u2019on n\u2019ignore pas le r\u00f4le de mascotte qu\u2019ont pu jouer pour les soldats des animaux adopt\u00e9s par un r\u00e9giment, un motif assez pr\u00e9sent dans la litt\u00e9rature d\u2019il y a cent ans. C\u2019est l\u2019adaptation d\u2019un r\u00e9cit authentique que l\u2019on trouve dans <em>Passager clandestin<\/em> de Micha\u00ebl Foreman. Lors de la d\u00e9sastreuse bataille des Dardanelles, un marin anglais suite \u00e0 un bombardement turc rencontre une tortue sur la plage de Gallipoli. L&rsquo;animal va le suivre toute sa vie et m\u00eame lui survivre. Enfin, existe tant en roman assez illustr\u00e9 qu\u2019en BD la s\u00e9rie <a href=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/xxe-siecle\/grande-guerre\/olier-et-marko-les-godillots-2-l-oreille-coupee\/\"><em>Les Godillots <\/em><\/a>d\u2019Olier et Marko\u00a0; dans cette derni\u00e8re un enfant a recueilli un singe et il part sur le front avec celui-ci dans l\u2019espoir de retrouver son fr\u00e8re militaire dont il est sans nouvelle. L\u2019animal fait plus ou moins avancer l\u2019action selon les ouvrages, les personnages qui ont quelque chose \u00e0 cacher lui montrent une hostilit\u00e9 au premier abord. Sur ces deux points \u00e9voqu\u00e9s (jeune h\u00e9ros et pr\u00e9sence d\u2019animaux) il y a une r\u00e9elle constante entre ces deux litt\u00e9ratures situ\u00e9es \u00e0 pr\u00e8s d\u2019un si\u00e8cle de distance.<\/p>\n<h1>Les enfants-h\u00e9ros<\/h1>\n<figure id=\"attachment_67\" aria-describedby=\"caption-attachment-67\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/godillots.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-67\" src=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/godillots-211x300.jpg\" alt=\"Les Godillots, Olier et Marko\" width=\"150\" height=\"213\" srcset=\"https:\/\/www.gregoiredetours.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/godillots-211x300.jpg 211w, https:\/\/www.gregoiredetours.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/godillots.jpg 352w\" sizes=\"(max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-67\" class=\"wp-caption-text\">Les Godillots, Olier et Marko<\/figcaption><\/figure>\n<p>Quasiment tous ces livres ont pour personnage principal un jeune entre dix et dix-sept ans, toutefois ils interagissent avec des adultes ou dans le cadre d\u2019actions en lien avec le conflit. Dans un roman de litt\u00e9rature de jeunesse un enfant peut se retrouver sur le front, nous regrouperons tous les ouvrages qui permettent une rencontre entre des jeunes et des soldats en train de se battre sous le nom de r\u00e9cits avec un enfant-h\u00e9ros. Toutefois, contrairement \u00e0 la litt\u00e9rature de jeunesse de l\u2019\u00e9poque, il ne prend quasiment jamais les armes. Il est l\u00e0 comme spectateur m\u00eame s\u2019il est mont\u00e9 dans la zone des combats avec l\u2019id\u00e9e de faire le coup de feu.\u00a0 Dans<em> Les Godillots <\/em>d\u2019Olier et Marko, jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent le h\u00e9ros n\u2019a pas retrouv\u00e9 son fr\u00e8re; il a en revanche r\u00e9solu des \u00e9nigmes. Ainsi avec le seul \u00e9pisode paru en 2014 sous forme de roman <em>Le gourbi du sorcier <\/em>(trois tomes en BD existent), il permet de comprendre pourquoi un poilu peut deviner le succ\u00e8s ou non d\u2019une attaque. En fait on a affaire \u00e0 une op\u00e9ration de camouflage.<\/p>\n<figure id=\"attachment_68\" aria-describedby=\"caption-attachment-68\" style=\"width: 152px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/a-la-gloire-des-petits-heros-542172-250-400.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\" wp-image-68\" src=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/a-la-gloire-des-petits-heros-542172-250-400-201x300.jpg\" alt=\"A la gloire des petits h\u00e9ros, G\u00e9rard Hubert-Richou\" width=\"152\" height=\"227\" srcset=\"https:\/\/www.gregoiredetours.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/a-la-gloire-des-petits-heros-542172-250-400-201x300.jpg 201w, https:\/\/www.gregoiredetours.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/a-la-gloire-des-petits-heros-542172-250-400.jpg 250w\" sizes=\"(max-width: 152px) 100vw, 152px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-68\" class=\"wp-caption-text\">A la gloire des petits h\u00e9ros, G\u00e9rard Hubert-Richou<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>Promenade par temps de guerre<\/em> d\u2019Anne-Marie Pol a une intrigue qui s\u2019appuie sur la recherche par un jeune de son p\u00e8re, port\u00e9 disparu. Victor s\u2019enfuit de l\u2019orphelinat au d\u00e9but de l\u2019automne 1918. Apr\u00e8s de nombreuses p\u00e9rip\u00e9ties o\u00f9 il montre qu\u2019il appartient \u00e0 une famille de gens du spectacle, il va d\u00e9couvrir que son p\u00e8re a fui la grange o\u00f9 il \u00e9tait enferm\u00e9 dans la nuit qui devait pr\u00e9c\u00e9der son ex\u00e9cution comme mutin. Ici un \u00e9pisode de la vie du caporal landais Vincent Moulia inspire la fin de la fiction. <a href=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/xxe-siecle\/grande-guerre\/gerard-hubert-richou-a-la-gloire-des-petits-heros\/\"><em>\u00c0 la gloire des petits h\u00e9ros <\/em><\/a>de G\u00e9rard Hubert-Richou envoie un groupe d\u2019enfants dans la zone des arm\u00e9es et si l\u2019objectif est de rendre visite au p\u00e8re de l\u2019un d\u2019entre eux hospitalis\u00e9, les jeunes vont se retrouver prisonniers en ce mois d\u2019octobre 1918. L\u2019auteur d\u00e9marre l\u2019action avec la pr\u00e9sentation d\u2019une affiche de propagande \u00e9voquant Jean Corentin Carr\u00e9 engag\u00e9 \u00e0 quinze ans en trichant sur son \u00e2ge et \u00e0 peine plus loin parle de Gustave \u00e0 la page 20, fait caporal \u00e0 quinze ans selon la propagande, en tout cas effectivement originaire des C\u00f4tes-du-Nord, nom \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque des C\u00f4tes-d&rsquo;Armor, et faisant le coup de feu avec des chasseurs alpins.<\/p>\n<p><em>La guerre des petits soldats<\/em> de G\u00e9rard Streiff nous parle toujours d\u2019un jeune gar\u00e7on mais cette fois le ton est plus grave, d\u2019abord parce que le p\u00e8re meurt \u00e0 Ypres en avril 1915 du fait des gaz (page 48), ensuite parce que c\u2019est dans l\u2019envie de le venger que Gustave se dirige vers le front et parce que le h\u00e9ros va d\u00e9couvrir la souffrance des bless\u00e9s (y compris des obus\u00e9s qui sont des traumatis\u00e9s). L\u00e0 encore la figure de Jean Corentin Carr\u00e9 est convoqu\u00e9e (page 56) et Gustave a pour nom de famille Chatain. On a vu plus haut ce que les historiens savent que Gustave Chatain. L\u2019ouvrage montre combien la propagande utilise une anecdote (Gustave se retrouve bless\u00e9 dans un bombardement) pour faire d\u2019un enfant un h\u00e9ros qui aurait voulu servir d&rsquo;app\u00e2t aux troupes ennemies (page 92).<\/p>\n<p>Avec <em>Port\u00e9 disparu<\/em> de Catherine Cuenca est avanc\u00e9 le fait que l\u2019on peut s\u2019engager \u00e0 dix-sept ans et celui qui fait cela, cousin du personnage principal, est au nombre des 300 000 soldats dont on n\u2019a jamais retrouv\u00e9 le corps. C\u2019est \u00e9galement \u00e0 dix-sept ans que le h\u00e9ros de <em>Cheval de guerre<\/em> et <em>Le secret de grand-p\u00e8re <\/em>de Michael Morpurgo devient soldat. <em>Camarades,<\/em> toujours de Catherine Cuenca, a pour prolongement <em>Le secret du poilu<\/em><em>\u00a0<\/em>; l\u00e0 on a un h\u00e9ros qui triche sur son \u00e2ge pour s\u2019engager puisqu\u2019il n\u2019a que seize ans.<\/p>\n<figure style=\"width: 166px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/img\/livre\/arthur-tenor-memoire-a-vif-d-un-poilu-de-quinze-ans.jpg\" alt=\"M\u00e9moire \u00e0 vif d'un poilu de quinze ans, Arthur T\u00e9nor\" width=\"166\" height=\"241\" \/><figcaption class=\"wp-caption-text\">M\u00e9moire \u00e0 vif d&rsquo;un poilu de quinze ans, Arthur T\u00e9nor<\/figcaption><\/figure>\n<p><a href=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/xxe-siecle\/grande-guerre\/arthur-tenor-memoire-a-vif-d-un-poilu-de-quinze-ans\/\"><em>M\u00e9moire \u00e0 vif d\u2019un poilu de quinze ans <\/em><\/a>d\u2019Arthur T\u00e9nor interroge \u00e9galement sur qui fut en r\u00e9alit\u00e9 le plus jeune poilu. La r\u00e9ponse est que natif du Pi\u00e9mont et vivant \u00e0 Marseille, il s\u2019appelait D\u00e9sir\u00e9 Bianco. Embarqu\u00e9 clandestinement depuis Toulon pour les Dardanelles alors qu\u2019il avait \u00e0 peine 13 ans, il est mort le 8 mai 1915 \u00e0 Gallipoli. Arthur T\u00e9nor nous \u00e9voque le personnage de fiction Maximilien qui, r\u00eavant de devenir journaliste, rejoint le front fin septembre 1914. Outre que de voir les r\u00e9alit\u00e9s de celui-ci, il sera pris dans un souffle explosif qui le plongera dans un coma dont il ressortira tr\u00e8s lentement. Ce qui est important, dans cet ensemble, c\u2019est que le jeune lecteur suive la lente approche \u00e9volutive de ce qu\u2019est la guerre que fait le h\u00e9ros.<\/p>\n<h1><strong>Les gueules cass\u00e9es et les obus\u00e9s<\/strong><\/h1>\n<p><em>Le jour o\u00f9 on a retrouv\u00e9 le soldat Botillon<\/em> par Herv\u00e9 Giraud comme <em>Le fils de mon p\u00e8re<\/em> d\u2019\u00c9velyne Brisou-Pellen ont comme ressort de l\u2019intrigue que, devenu une gueule cass\u00e9e (ayant un visage d\u00e9form\u00e9), un personnage pr\u00e9f\u00e8re ne pas se faire conna\u00eetre aux personnes de sa famille. S\u00e9lectionn\u00e9 pour le prix du roman historique pour la jeunesse 2015, le premier titre nous semble pr\u00e9senter une intrigue assez chim\u00e9rique. Dans un cas on a simulation d\u2019une perte de m\u00e9moire et visites incognito \u00e0 sa fille (orpheline de m\u00e8re) et dans l\u2019autre substitution d\u2019identit\u00e9. Patrick Bousquet avec <em>Les fracass\u00e9s<\/em> a choisi un titre qui fait allusion aux grands bless\u00e9s de la Grande Guerre et un saut en 1921 permet d\u2019annoncer la cr\u00e9ation de l\u2019association \u00ab\u00a0L\u2019union des bless\u00e9s de la face\u00a0\u00bb. L\u2019id\u00e9e est que certains poilus sans famille peuvent servir de cobaye \u00e0 leur insu.<\/p>\n<figure style=\"width: 180px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/img\/livre\/pascale-bouchie-la-veritable-histoire-de-marcel-soldat-pendant-la-premiere-guerre-mondiale.jpg\" alt=\"La v\u00e9ritable histoire de Marcel, soldat pendant la premi\u00e8re guerre mondiale, Pascale Bouchi\u00e9\" width=\"180\" height=\"238\" \/><figcaption class=\"wp-caption-text\">La v\u00e9ritable histoire de Marcel, soldat pendant la premi\u00e8re guerre mondiale, Pascale Bouchi\u00e9<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>Mon p\u00e8re est parti \u00e0 la guerre<\/em> par John Boyne am\u00e8ne \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur les traumatismes que pouvaient subir les soldats au front, suite en particulier aux bombardements. Un soldat anglais est d\u00e9couvert par son fils Alfie dans un h\u00f4pital pour obus\u00e9s dans le Suffolk. <a href=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/xxe-siecle\/grande-guerre\/pascale-bouchie-la-veritable-histoire-de-marcel-soldat-pendant-la-premiere-guerre-mondiale\/\"><em>La v\u00e9ritable histoire de Marcel soldat pendant la Premi\u00e8re Guerre mondiale <\/em><\/a> par Pascale Bouchi\u00e9 \u00e9voque le cas des soldats qui traumatis\u00e9s perdirent la m\u00e9moire jusqu\u2019\u00e0 ne plus conna\u00eetre leur nom. Le plus c\u00e9l\u00e8bre de ces obus\u00e9s est Anthelme Mangin qui fut r\u00e9clam\u00e9 par de nombreuses familles entre 1920 et 1930. <em>D\u2019un combat \u00e0 l\u2019autre\u00a0: les filles de Pierre et Marie Curie <\/em>de B\u00e9atrice Nicom\u00e8de met en sc\u00e8ne un soldat qui a perdu la m\u00e9moire suite \u00e0 un choc (nous en reparlons au sujet des marraines de guerre).<\/p>\n<h1><strong>Les troupes venues de l&#8217;empire colonial fran\u00e7ais<\/strong><\/h1>\n<figure style=\"width: 180px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.cnt-f.org\/nautreecole\/local\/cache-vignettes\/L300xH433\/verdun300-b0891.jpg\" alt=\"Un tirailleur en enfer, Yves Pinguilly\" width=\"180\" height=\"259\" \/><figcaption class=\"wp-caption-text\">Un tirailleur en enfer, Yves Pinguilly<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>Force noire<\/em> de Guillaume Pr\u00e9vost comme <em>Verdun 1916 Un tirailleur en enfer <\/em> d\u2019Yves Pinguilly posent la question des conditions du recrutement des soldats d\u2019Afrique \u00e9quatoriale avec le cas d\u2019un Malien et d\u2019un Guin\u00e9en (si on ram\u00e8ne leur origine aux pays d\u2019aujourd\u2019hui). D\u00e8s avant-guerre le g\u00e9n\u00e9ral Mangin\u00a0 avait th\u00e9oris\u00e9 l\u2019apport des troupes indig\u00e8nes dans un conflit en Europe. Avec <em>Force noire<\/em>, contrairement \u00e0 <em>La v\u00e9ritable histoire de Marcel soldat pendant la Premi\u00e8re Guerre mondiale<\/em>, de Pascale Bouchi\u00e9 et Cl\u00e9o Germain, l\u2019union entre une Fran\u00e7aise et un noir s\u2019av\u00e8re impossible du fait de la pression sociale. <em>La v\u00e9ritable histoire de Marcel soldat pendant la Premi\u00e8re Guerre mondiale<\/em> met bien en sc\u00e8ne la surprise que constitue la rencontre d\u2019un tirailleur s\u00e9n\u00e9galais pour un enfant. Contrairement \u00e0 la litt\u00e9rature produite entre 1914 et 1918, l\u2019homme de couleur n\u2019est plus l\u2019\u00eatre t\u00e9m\u00e9raire, mais aussi cruel vis-\u00e0-vis des Allemands\u00a0; il est celui qui souffre encore plus des rudes conditions de la guerre des tranch\u00e9es.<\/p>\n<h1><strong>Les populations civiles<\/strong><\/h1>\n<p>L\u2019ouvrage qui d\u00e9peint peut-\u00eatre le mieux pour des jeunes l\u2019atmosph\u00e8re d\u2019un village (ici breton) juste avant la d\u00e9claration de guerre est celui d\u2019Yves Pinguilly, \u00e0 savoir <em>La fleur au fusil<\/em>. Comme d\u2019autres ouvrages, le r\u00e9cit r\u00e9unit ceux des villageois qui sont encore l\u00e0 aupr\u00e8s du monument aux morts lors de son inauguration. Des romans historiques se centrent sur la vie \u00e0 l\u2019arri\u00e8re et g\u00e9n\u00e9ralement nous suivons pour cela la vie d\u2019un jeune d\u2019une dizaine d\u2019ann\u00e9es. <em>Mon p\u00e8re soldat de 14-18<\/em> nous conte la vie alternativement dans un village d\u2019\u00cele-de-France et un village pyr\u00e9n\u00e9en (qui ressemble \u00e0 Luchon) durant la totalit\u00e9 de la guerre. On parle en particulier des enfants marqu\u00e9s par le deuil de leur p\u00e8re mort au combat.<\/p>\n<figure style=\"width: 194px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/img\/livre\/michel-piquemal-petit-jean-des-poilus-suivi-de-lettres-des-tranchees.jpg\" alt=\"Petit-Jean des poilus, Michel Piquemal\" width=\"194\" height=\"201\" \/><figcaption class=\"wp-caption-text\">Petit-Jean des poilus, Michel Piquemal<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>La guerre d\u2019\u00c9liane <\/em>est un roman historique qui permet de s\u2019interroger sur le v\u00e9cu des orphelins, au nombre total d\u2019un million. L\u2019action se d\u00e9roule dans plusieurs lieux du Loir-et-Cher et l\u2019importance de la mobilisation patriotique \u00e0 l\u2019\u00e9cole est bien appr\u00e9ci\u00e9e \u00e0 sa juste valeur. <a href=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/xxe-siecle\/grande-guerre\/michel-piquemal-petit-jean-des-poilus-suivi-de-lettres-des-tranchees\/\"><em>Petit-Jean des poilus, suivi de Lettres des tranch\u00e9es <\/em><\/a>de Michel Piquemal permet de suivre comment un jeune villageois de la Marne passe d\u2019une vision enfantine et patriotique \u00e0 une perception plus proche des r\u00e9alit\u00e9s du conflit.<\/p>\n<p>La seconde nouvelle <em>Quoi de neuf depuis 14-18\u00a0? <\/em> du <em>Violoncelle poilu<\/em> d\u2019Herv\u00e9 Mestron couvre une trentaine de pages. L\u2019intrigue repose sur les souvenirs douloureux d\u2019un grand-p\u00e8re de quatre-vingt-treize ans qui est en train de mourir. Ce dernier est n\u00e9 en 1915, d\u2019une m\u00e8re institutrice dans un village occup\u00e9 par l\u2019ennemi et d\u2019un p\u00e8re soldat allemand mort avant sa naissance. Deux autres titres, <em>Il fallait survivre <\/em>de Ludmilla Podkosova et <em>L\u2019horizon bleu<\/em> de Doroth\u00e9e Piatek, \u00e9voquent la France occup\u00e9e par les Allemands en des visions tr\u00e8s anachroniques dans les relations entre les populations civiles et les soldats ennemis. \u00a0D\u2019ailleurs <em>11 novembre <\/em>de Paul Dowswell montre bien que les populations occup\u00e9es ont bien plus de haine envers les soldats allemands que les poilus.<\/p>\n<figure style=\"width: 244px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/img\/livre\/philippe-barbeau-et-christian-couty-un-frere-d-amerique-1917-1919.gif\" alt=\"Un fr\u00e8re d\u2019Am\u00e9rique : 1917-1919 Philippe Barbeau et Christian Couty\" width=\"244\" height=\"244\" \/><figcaption class=\"wp-caption-text\">Un fr\u00e8re d\u2019Am\u00e9rique : 1917-1919 Philippe Barbeau et Christian Couty<\/figcaption><\/figure>\n<p><a href=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/xxe-siecle\/grande-guerre\/philippe-barbeau-et-christian-couty-un-frere-d-amerique-1917-1919\/\"><em>Un fr\u00e8re d\u2019Am\u00e9rique <\/em><\/a>de Philippe Barbeau permet de voir comment s\u2019organise la vie villageoise en l\u2019absence des hommes les plus forts (partis au front) et sous quelle forme est approch\u00e9 l\u2019univers de la guerre avec ses cons\u00e9quences (le h\u00e9ros doit faire face \u00e0 l\u2019annonce de la mort de son fr\u00e8re a\u00een\u00e9). Il rappelle qu\u2019au bord de la voie ferr\u00e9e Tours-Vierzon dans le sud du Loir-et-Cher existait un camp am\u00e9ricain. Si une amiti\u00e9 na\u00eet entre un jeune gar\u00e7on, Charles, et un infirmier militaire am\u00e9ricain, John, le r\u00e9cit montre qu\u2019une jeune femme est un enjeu entre les deux hommes. Ceci renvoie \u00e0 deux ph\u00e9nom\u00e8nes : le premier est que les sentiments envers les Am\u00e9ricains \u00e9taient souvent hostiles (mieux pay\u00e9s que les poilus, les Sammy suscitaient l\u2019envie), le second que certaines Fran\u00e7aises partirent faire leur vie avec un soldat am\u00e9ricain rencontr\u00e9 en France.<\/p>\n<p><em>La marraine de guerre<\/em> de Catherine Cuenca souligne le r\u00f4le particulier qu\u2019ont pu jouer certaines femmes aupr\u00e8s des poilus. Initialement lanc\u00e9 pour les soldats dont les familles \u00e9taient en zone occup\u00e9e, le ph\u00e9nom\u00e8ne des marraines de guerre s\u2019est g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9. Cette figure du soldat filleul appara\u00eet bien moins d\u00e9velopp\u00e9e dans <a href=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/xxe-siecle\/grande-guerre\/paule-du-bouchet-alain-millerand-le-journal-d-adele\/\"><em>Le journal d\u2019Ad\u00e8le<\/em><\/a> dePaule Bouchet. Elle permet de faire passer un certain nombre d\u2019informations sur le monde des tranch\u00e9es et d\u2019approcher la dimension d\u2019euph\u00e9misme que cette correspondance contenait car le poilu est montr\u00e9 filtrant la dimension d\u2019horreur qu\u2019il vit. <em>D\u2019un combat \u00e0 l\u2019autre\u00a0: les filles de Pierre et Marie Curie <\/em>de B\u00e9atrice Nicom\u00e8de met en sc\u00e8ne un obus\u00e9 qui retrouve la m\u00e9moire gr\u00e2ce au rappel de ses courriers \u00e0 sa marraine, une des s\u0153urs Curie.<\/p>\n<figure style=\"width: 167px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/img\/livre\/sophie-humann-infirmiere-pendant-la-premiere-guerre-mondiale-journal-de-genevieve-darfeuil-houlgate-paris-1914-1918.jpg\" alt=\"Infirmi\u00e8re pendant la Premi\u00e8re Guerre mondiale, Sophie Humann\" width=\"167\" height=\"249\" \/><figcaption class=\"wp-caption-text\">Infirmi\u00e8re pendant la Premi\u00e8re Guerre mondiale, Sophie Humann<\/figcaption><\/figure>\n<p>L\u2019univers des jeunes femmes devenues infirmi\u00e8res durant le conflit est d\u00e9velopp\u00e9 dans plusieurs titres. Outre ceux autour de la famille Curie (voir plus loin), ce sont <em>Il s\u2019appelait \u2026 le soldat inconnu<\/em> d\u2019Arthur T\u00e9nor, <a href=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/xxe-siecle\/grande-guerre\/sophie-humann-infirmiere-pendant-la-premiere-guerre-mondiale-journal-de-genevieve-darfeuil-houlgate-paris-1914-1918\/\"><em>Infirmi\u00e8re pendant la Premi\u00e8re<\/em><\/a>\u00a0<em>Guerre mondiale<\/em> de Sophie Humann et <a href=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/xxe-siecle\/grande-guerre\/catherine-cuenca-le-choix-d-adelie\/\"><em>Le choix d\u2019Ad\u00e9lie<\/em><\/a> de Catherine Cuenca pour ceux o\u00f9 l\u2019h\u00e9ro\u00efne remplit cette fonction. Dans <em>Mon p\u00e8re soldat de 14-18<\/em> la m\u00e8re du h\u00e9ros est devenue infirmi\u00e8re au Val-de-Gr\u00e2ce. <em>Nicole Mangin, m\u00e9decin \u00e0 Verdun<\/em> de Catherine Le Quellenec \u00e9voque la p\u00e9riode o\u00f9 Nicole Mangin a \u00e9t\u00e9 convoqu\u00e9e par erreur par l\u2019arm\u00e9e et a \u00e9t\u00e9 la seule femme \u00e0 travailler comme docteur dans un h\u00f4pital militaire.<\/p>\n<p>La vie des femmes en usine n\u2019est pr\u00e9sente que par la profession de personnages secondaires dans <em>Infirmi\u00e8re pendant la<\/em> <em>Premi\u00e8re<\/em>\u00a0<em>Guerre mondiale<\/em> et dans <em>La vie au bout des doigts <\/em>d\u2019Orianne Charpentier ; pour ce dernier titre on mentionne page 346 les mouvements de gr\u00e8ve des femmes parisiennes au printemps 1917.<\/p>\n<h1><strong>Personnages historiques rencontr\u00e9s<\/strong><\/h1>\n<p>On se limitera \u00e0 ceux dont on rapporte diverses actions et on n\u2019\u00e9voquera pas ceux qui sont simplement cit\u00e9s. Le g\u00e9n\u00e9ral Mangin est pr\u00e9sent dans <em>Bleu le pi\u00e8ge de Douaumont<\/em>, c\u2019est le seul officier sup\u00e9rieur rencontr\u00e9 dans la production contemporaine. Par contre les enfants-h\u00e9ros en particulier rencontr\u00e8rent assez souvent Joffre dans la litt\u00e9rature de jeunesse de l\u2019\u00e9poque. <em>Mon p\u00e8re est parti \u00e0 la guerre<\/em> par John Boyne fait appara\u00eetre le premier ministre Lloyd George qui dialogue avec le fils d\u2019un soldat obus\u00e9 (atteint d\u2019une psychose traumatique).<\/p>\n<figure style=\"width: 215px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/pmcdn.priceminister.com\/photo\/guillaume-apollinaire-le-poete-combattant-de-jean-michel-lecat-910739218_ML.jpg\" alt=\"Apollinaire, le po\u00e8te combattant, Jean-Michel Lecat\" width=\"215\" height=\"215\" \/><figcaption class=\"wp-caption-text\">Apollinaire, le po\u00e8te combattant, Jean-Michel Lecat<\/figcaption><\/figure>\n<p>Guillaume Apollinaire est le sujet d\u2019un ouvrage <em>Apollinaire, le po\u00e8te combattant <\/em>de Jean-Michel Lecat (avec extraits authentiques de lettre et po\u00e8mes du personnage), mais il est aussi cit\u00e9 pour ses po\u00e8mes ou pour la description de son enterrement dans divers ouvrages comme celui de G\u00e9rard Hubert-Richou\u00a0 : <em>\u00c0 la gloire des petits h\u00e9ros<\/em> (page 124 avec le po\u00e8me \u00ab\u00a0L\u2019avion\u00a0\u00bb). Dans le roman historique pour les jeunes <em>La vie au bout des doigts<\/em> d\u2019Orianne Charpentier, on a \u00e9galement une forte pr\u00e9sence d&rsquo;Apollinaire. L\u2019h\u00e9ro\u00efne Gueni\u00e8vre et son amie portent un grand int\u00e9r\u00eat \u00e0 l\u2019\u0153uvre du po\u00e8te (certains titres de ses livres sont cit\u00e9s). La premi\u00e8re assiste \u00e0 son enterrement (pages 384 \u00e0 388). Auparavant au d\u00e9but 1916, Alphonse le rencontre \u00e0 l\u2019h\u00f4pital o\u00f9 tous deux sont hospitalis\u00e9s (page 333).<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/xxe-siecle\/grande-guerre\/tania-sollogoub-le-dernier-ami-de-jaures\/\"><em>Le dernier ami de Jaur\u00e8s<\/em><\/a> de Tania Sollogoub se veut un hommage \u00e0 Jaur\u00e8s : un jeune gar\u00e7on de milieu populaire fait sa connaissance peu avant sa mort. On suit bien le dernier mois de vie du leader socialiste\u00a0; m\u00eame si le h\u00e9ros ne le suit pas dans ses d\u00e9placements, ils sont habilement \u00e9voqu\u00e9s. Mais les petits anachronismes, les explications farfelues et la reprise de l\u00e9gendes se succ\u00e8dent. Le passage le plus d\u00e9plorable est peut-\u00eatre celui sur lequel se cl\u00f4t l\u2019ouvrage, o\u00f9 on rapporte qu\u2019un pharmacien est quasiment coresponsable de la mort de Jaur\u00e8s. Cette rumeur est d\u00fb au fait justement que se trouv\u00e8rent par hasard le d\u00e9put\u00e9 du Jura Georges Ponsot, le pharmacien Jules-Paul Guinepied (n\u00e9 \u00e0 Brinon dans la Ni\u00e8vre en 1881) et un chirurgien br\u00e9silien, tous les trois sortant d\u2019un bureau d\u2019un journal radical-socialiste \u00ab\u00a0L\u2019\u00c8re nouvelle\u00a0\u00bb, non loin du caf\u00e9 du Croissant. <em>Jean Jaur\u00e8s contre la barbarie <\/em>de Nane et Jean-Luc V\u00e9zinet vulgarise bien l\u2019ensemble de la vie de son personnage principal. L\u2019avant-dernier chapitre s\u2019intitule \u00ab\u00a0L\u2019homme de la paix\u00a0\u00bb et commen\u00e7ant d\u00e8s 1904 (Jaur\u00e8s dans <em>L\u2019Humanit\u00e9 <\/em>\u00e9crit un article qui \u00e9voque\u00a0\u00bb l\u2019inqui\u00e9tude des guerres de demain\u00a0\u00bb), cela permet de situer le conflit qui vient dans le prolongement de la Guerre russo-japonaise de 1905, de la Crise marocaine de la m\u00eame ann\u00e9e et de celle de 1911. Bien entendu son combat contre la Loi de trois ans est mentionn\u00e9 ainsi que la haine de la presse de droite pour ses positions pacifistes. Son assassinat est \u00e9voqu\u00e9 en une phrase. <em>Mon p\u00e8re soldat de 14-18<\/em> voit le h\u00e9ros se revendiquer de Jean Jaur\u00e8s dont l\u2019assassinat est mentionn\u00e9.<\/p>\n<figure style=\"width: 170px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/img\/livre\/sophie-marvaud-suzie-la-rebelle-dans-la-grande-guerre.jpg\" alt=\"Suzie la Rebelle dans la grande guerre, Sophie Marvaud\" width=\"170\" height=\"274\" \/><figcaption class=\"wp-caption-text\">Suzie la Rebelle dans la grande guerre, Sophie Marvaud<\/figcaption><\/figure>\n<p><a href=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/xxe-siecle\/grande-guerre\/anne-blanchard-rosa-luxemburg-non-aux-frontieres\/\"><em>Rosa Luxemburg<\/em><\/a> d\u2019Anne Blanchard propose deux chapitres autour l\u2019un du 15 juin 1914 et l\u2019autre du 3 ao\u00fbt 1914 qui permettent de saisir comment cette responsable de la social-d\u00e9mocratie allemande (n\u00e9e juive en Pologne russe) a tent\u00e9 d\u2019\u00e9viter la guerre. Les chapitres sept \u00e0 neuf montrent l\u2019incarc\u00e9ration de f\u00e9vrier 1915 \u00e0 octobre 1918 de cette militante pacifiste puis la p\u00e9riode au-del\u00e0 qui se cl\u00f4t par son d\u00e9c\u00e8s sous les coups de policiers. Avec la famille Curie on a le second p\u00f4le de personnages f\u00e9minins connus, Marie Curie et ses filles sont pr\u00e9sentes dans la trilogie <a href=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/xxe-siecle\/grande-guerre\/sophie-marvaud-suzie-la-rebelle-dans-la-grande-guerre\/\"><em>Suzie la rebelle<\/em><\/a> de Sophie Marvaud et dans <em>D\u2019un combat \u00e0 l\u2019autre\u00a0: les filles de Pierre et Marie Curie<\/em> de B\u00e9atrice Nicom\u00e8de. Dans le premier de ces titres, l\u2019h\u00e9ro\u00efne Suzie rencontre H\u00e9l\u00e8ne Brion, institutrice syndicaliste pacifiste \u00e0 Pantin, au moment o\u00f9 le gouvernement de Georges Clemenceau s\u00e9vit contre ce qu\u2019il appelle \u00ab\u00a0les d\u00e9faitistes\u00a0\u00bb. <a href=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/thematiques\/sciences-et-techniques\/rafi-toumayan-et-sebastien-david-la-petite-curie\/\"><em>La petite Curie<\/em><\/a> de Rafi Toumayan et S\u00e9bastien David montre Marie Curie arrivant au volant d\u2019une petite curie, \u00e0 savoir une camionnette \u00e9quip\u00e9e d\u2019appareils pour pouvoir faire passer une radio aux bless\u00e9s afin de localiser pr\u00e9cis\u00e9ment les projectiles qu\u2019ils ont re\u00e7us. Comme autre personnage ayant exist\u00e9, nous avions d\u00e9j\u00e0 signal\u00e9 la pr\u00e9sence de Nicole Mangin.<\/p>\n<h1><strong>Aujourd&rsquo;hui jusqu&rsquo;o\u00f9 introduire le doute sur le manich\u00e9isme du conflit ?<\/strong><\/h1>\n<p>Les personnages n\u00e9gatifs sont quasiment toujours des officiers, sous-officiers et soldats fran\u00e7ais ayant des responsabilit\u00e9s particuli\u00e8res qui \u00e0 l\u2019\u00e9poque \u00e9taient valoris\u00e9es\u00a0; l\u2019ennemi principal du poilu ce n\u2019est quasiment plus jamais le soldat allemand (comme cent ans plus t\u00f4t) mais le militaire fran\u00e7ais qui fait du z\u00e8le dans cette guerre. Les m\u00e9chants dans la s\u00e9rie <em>Bleu<\/em> sont deux nettoyeurs de tranch\u00e9e (avec <em>Bleu le silence des armes <\/em> et <em>Bleu la nuit du Vengeur<\/em>), un tireur d\u2019\u00e9lite (<em>Bleu la derni\u00e8re cible<\/em>), un membre des services de renseignements (<em>Bleu le pi\u00e8ge de Douaumont<\/em>).<\/p>\n<figure style=\"width: 162px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/clio-cr.clionautes.org\/IMG\/jpg\/monpere_soldat_de_14-18-8ccbc.jpg\" alt=\"Mon p\u00e8re, soldat de 14-18, Christophe Malavoy\" width=\"162\" height=\"245\" \/><figcaption class=\"wp-caption-text\">Mon p\u00e8re, soldat de 14-18, Christophe Malavoy<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>Mon p\u00e8re soldat de 14-18<\/em> est s\u00fbrement l\u2019ouvrage qui porte le plus la vision d\u2019un adulte du XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle sur la Grande Guerre. La Charte de la libert\u00e9, que r\u00e9digent le h\u00e9ros et ses camarades est un galimatias d\u2019anachronismes faussement juv\u00e9niles et parfois abscons, destin\u00e9e \u00e0 montrer que la jeunesse de l\u2019\u00e9poque baigne dans \u00ab\u00a0la soif de libert\u00e9 et d\u2019amour\u00a0\u00bb. L\u2019on sait qu\u2019elle \u00e9tait au contraire tr\u00e8s r\u00e9active \u00e0 la propagande patriotique.<\/p>\n<p>Il est int\u00e9ressant de noter que la figure de l\u2019espion allemand (voire autrichien ou turc), si abondante dans la production pour la jeunesse entre 1914 et 1918 (voir <em>B\u00e9cassine chez les Turcs <\/em>) a quasiment disparu. Ceci \u00e0 une exception notable et tr\u00e8s significative. Dans <a href=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/xxe-siecle\/grande-guerre\/piatek-dorothee-l-horizon-bleu\/\"><em>L\u2019Horizon bleu <\/em><\/a> de Doroth\u00e9e Piatek, l\u2019espion allemand est soldat sous l\u2019uniforme fran\u00e7ais, il fait \u00e9vader deux prisonniers du Reich apr\u00e8s les avoir invit\u00e9s \u00e0 un repas de No\u00ebl\u2026 Au-del\u00e0 des invraisemblances successives, l\u2019objectif est de montrer que cet espion est g\u00e9n\u00e9reux, loyal, honn\u00eate\u2026 La seule chose que l\u2019on ne sait gu\u00e8re, c\u2019est ce qu\u2019il apporte comme renseignements \u00e0 son pays. Il tient \u00e0 expliquer \u00e0 un ami poilu, que ses activit\u00e9s ont failli faire p\u00e9rir juste avant et forc\u00e9ment provoquer des morts chez les Fran\u00e7ais<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[4]<\/a> (\u00e9videmment pas signal\u00e9s dans le texte), qu\u2019il part parce que sa mission d\u2019espion doit cesser. Plus tard lorsque ce dernier se sera retrouv\u00e9 dans son pays, l\u2019auteure \u00e9vacue la r\u00e9ponse par\u00a0l\u2019affirmation dans la bouche d\u2019un officier allemand que l\u2019espion en question a rendu de grands services \u00e0 l\u2019Allemagne (page 80). Sont soup\u00e7onn\u00e9es d\u2019espionnage, en particulier parce que Polonaises, successivement Marie Curie et ses filles dans la trilogie <em>Suzie la rebelle<\/em> de Sophie Marvaud et dans <em>D\u2019un combat \u00e0 l\u2019autre\u00a0: les filles de Pierre et Marie Curie<\/em> de B\u00e9atrice Nicom\u00e8de.<\/p>\n<figure id=\"attachment_69\" aria-describedby=\"caption-attachment-69\" style=\"width: 172px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/moral.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-69 \" src=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/moral-225x300.jpg\" alt=\"Moral d\u2019acier et pluie de fer, Viviane Koenig\" width=\"172\" height=\"229\" srcset=\"https:\/\/www.gregoiredetours.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/moral-225x300.jpg 225w, https:\/\/www.gregoiredetours.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/moral.jpg 557w\" sizes=\"(max-width: 172px) 100vw, 172px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-69\" class=\"wp-caption-text\">Moral d\u2019acier et pluie de fer, Viviane Koenig<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>Moral d\u2019acier et pluie de fer <\/em>par Viviane Koenig initie le doute sur la culpabilit\u00e9 r\u00e9elle de gens fusill\u00e9s comme espion. Ce m\u00eame ouvrage pose aussi la question du devenir des d\u00e9serteurs en imposant comme automatique la sanction du peloton d\u2019ex\u00e9cution (page 45), ce qui est loin de correspondre \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 (nombre de comptes-rendus de conseil de guerre le montrent).\u00a0 Ici Viviane Koenig \u00e9voque des fraternisations \u00e0 la No\u00ebl 1914 entre soldats allemands et soldats fran\u00e7ais\u00a0; ces actions cessent avec l\u2019arriv\u00e9e d\u2019un colonel qui fait tirer sur l\u2019ennemi. <em>Les soldats qui ne voulaient plus se<\/em><em> faire la guerre\u00a0: No\u00ebl 1914 <\/em>a \u00e9videmment pour sujet essentiel les fraternisations entre soldats anglais et allemands. Comme avec <em>Camarades<\/em> de Catherine Cuenca, o\u00f9 la fraternisation s\u2019\u00e9tait produite dans un trou d\u2019obus entre un Fran\u00e7ais et un Allemand, \u00c9ric Simard a pr\u00e9vu une rencontre de deux acteurs de cette tr\u00eave bien plus d\u2019un demi-si\u00e8cle apr\u00e8s leur aventure. <em>11 novembre <\/em>de Paul Dowswell montre \u00e9galement une fraternisation entre soldats allemands et anglais le 11 novembre au matin.<\/p>\n<figure style=\"width: 162px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/img\/livre\/guy-jimenes-mort-pour-rien-11-novembre-1918.jpg\" alt=\"Mort pour rien ?, Guy Jimenes\" width=\"162\" height=\"213\" \/><figcaption class=\"wp-caption-text\">Mort pour rien ?, Guy Jimenes<\/figcaption><\/figure>\n<p>Dans <a href=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/xxe-siecle\/grande-guerre\/guy-jimenes-mort-pour-rien-11-novembre-1918\/\"><em>Mort pour rien?<\/em><\/a> de Guy Jimenes, on essaie de sensibiliser \u00e0 l\u2019inutilit\u00e9 du sacrifice du soldat en abordant la question de ceux qui sont morts le 11 novembre 1918. <em>L\u2019horizon bleu<\/em> de Doroth\u00e9e Piatek\u00a0, \u00e9tant un grand hymne \u00e0 l\u2019amiti\u00e9 des combattants des deux camps, il ne pouvait pas nous \u00eatre \u00e9pargn\u00e9 la sc\u00e8ne de sympathie \u00e0 No\u00ebl en premi\u00e8re ligne avec une couche suppl\u00e9mentaire en direction des prisonniers allemands gard\u00e9s au chaud ce jour-l\u00e0 pour leur offrir un festin.<\/p>\n<p><em>Le d\u00e9serteur du chemin des dames<\/em> de Serge Bo\u00ebche se donne pour objectif de faire comprendre \u00ab\u00a0qu\u2019est-ce qui peut amener un soldat courageux et g\u00e9n\u00e9reux \u00e0 fuir le combat et abandonner ses amis\u00a0?\u00a0<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[5]<\/a>\u00bb. L\u2019ouvrage se termine par un saut en 1929 o\u00f9 toute une famille de la r\u00e9gion du Chemin des dames s\u2019appr\u00eate \u00e0 descendre en Provence pour retrouver le soldat d\u00e9serteur qu\u2019elle avait accueilli en 1917. Il s\u2019y cacherait depuis douze ans\u2026 Et pourquoi le d\u00e9put\u00e9 (Ducros\u00a0?) se d\u00e9carcasse-t-il en 1925 pour faire voter la loi d\u2019amnistie\u00a0?<\/p>\n<p>Les deux h\u00e9ros de <a href=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/xxe-siecle\/grande-guerre\/yves-pinguilly-et-natahlie-girard-rendez-vous-au-chemin-des-dames\/\"><em>Rendez-vous au chemin des dames <\/em><\/a>d\u2019Yves Pinguilly \u00e9taient ouvriers sur les chantiers navals de Nantes et si l\u2019un est fusill\u00e9 l\u2019autre est condamn\u00e9 au bagne militaire en Alg\u00e9rie pour refus de se battre. Le chapitre quatre permet de citer la \u00ab\u00a0Chanson de Craonne\u00a0\u00bb qui sert pour annoncer le refus de monter en ligne de soldats. Dominique Legrand dans <em>D\u00e9serteurs<\/em>, tout en t\u00e2chant de faire saisir l\u2019accumulation des raisons qui pouvaient pousser des hommes (dont ici un lieutenant de r\u00e9serve) \u00e0 d\u00e9serter, situait les antagonismes franco-allemands des chefs d\u2019\u00e9tat (mais non des peuples) sur la longue dur\u00e9e en commen\u00e7ant \u00e0 Bouvines. Dans la mesure o\u00f9 les hommes quittent le front, la sanction du poteau d\u2019ex\u00e9cution semble moins irr\u00e9aliste que dans d\u2019autres romans historiques.<\/p>\n<figure style=\"width: 155px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/img\/livre\/paule-du-bouchet-alain-millerand-le-journal-d-adele.jpg\" alt=\"Le journal d'Ad\u00e8le, Paule du Bouchet\" width=\"155\" height=\"222\" \/><figcaption class=\"wp-caption-text\">Le journal d&rsquo;Ad\u00e8le, Paule du Bouchet<\/figcaption><\/figure>\n<p>Avec <em>La marraine de guerre <\/em>de Catherine Cuenca, on raconte comment au retour d\u2019une permission, le personnage principal assiste \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution de cinq soldats qui se sont mutin\u00e9s. Paule Bouchet dans <em><a href=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/xxe-siecle\/grande-guerre\/paule-du-bouchet-alain-millerand-le-journal-d-adele\/\">Le journal d\u2019Ad\u00e8le<\/a>\u00a0<\/em>parle \u00e0 plusieurs reprise de la d\u00e9sertion d\u2019un soldat d\u2019un village bourguignon voisin. Ce dernier a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 en voulant passer en Italie en f\u00e9vrier 1918, ce qui n\u2019aide pas \u00e0 faire comprendre que ce pays est pass\u00e9 fin mai 1915 dans le camp des Alli\u00e9s.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h1><strong>Conclusion<\/strong><\/h1>\n<p>Ces r\u00e9cits sont l\u00e0 pour servir la vision que le grand public adulte d\u2019aujourd\u2019hui a de la Grande Guerre, avec sa sensibilit\u00e9 dans un univers o\u00f9 on entend mener des guerres avec z\u00e9ro mort et face au contexte d\u2019unit\u00e9 europ\u00e9enne. Dans ce contexte, le combattant n\u2019est plus un h\u00e9ros mais au contraire sont valoris\u00e9es assez souvent la fraternisation entre soldats ennemis, la r\u00e9bellion contre les officiers et la d\u00e9sertion.<\/p>\n<p>Quand on sait par exemple que <em>L\u2019Horizon bleu <\/em>de Doroth\u00e9e Piatek, o\u00f9 les anachronismes se ramassent \u00e0 la pelle (de tranch\u00e9e) est un des romans historiques de cette p\u00e9riode les plus encens\u00e9s par la critique, que <em>Le d\u00e9serteur du chemin des dames<\/em> de Serge Bo\u00ebche est qualifi\u00e9 de \u00ab\u00a0huis clos original qui s&rsquo;av\u00e8re autant captivant que p\u00e9dagogique\u00a0\u00bb, on se questionne sur les comp\u00e9tences de ceux qui commentent en France les romans historiques pour la jeunesse<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[6]<\/a>. Les conditions dans lesquelles l\u2019engrenage \u00e0 la guerre se met en place, s\u2019inspireraient plus de quelques pages in\u00e9dites des <a href=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/xxe-siecle\/grande-guerre\/forton-les-pieds-nickeles-s-en-vont-en-guerre\/\"><em>Pieds-Nickel\u00e9s s\u2019en vont en guerre<\/em><\/a> que d\u2019un simple manuel d\u2019histoire de coll\u00e8ge. Ainsi page 168 du <a href=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/xxe-siecle\/grande-guerre\/tania-sollogoub-le-dernier-ami-de-jaures\/\"><em>Dernier ami de Jaur\u00e8s<\/em><\/a> (qui \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ces pages de fiction propose des passages didactiques en italiques) lit-on cette accumulation d\u2019affirmations fantaisistes :<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0[nuit du 29 au 30 juillet] Mais voil\u00e0 que les Allemands bougent enfin. En effet\u00a0? Guillaume II s\u2019est rendu compte de l\u2019emballement des \u00e9v\u00e8nements et il cherche \u00e0 reprendre la main. Un conflit, soit, il n\u2019est pas hostile \u00e0 cela, mais un conflit localis\u00e9 \u00e0 la Serbie\u00a0! Il faut \u00e0 tout prix \u00e9viter l\u2019embrasement g\u00e9n\u00e9ral, d\u2019autant que le Kaiser vient de comprendre que les Anglais seraient du c\u00f4t\u00e9 de ses ennemis\u00a0! L\u2019Allemagne \u00e9tait certainement la plus forte face \u00e0 la France et \u00e0 la Russie, mais le tableau n\u2019est plus le m\u00eame si les Anglais sortent de leur neutralit\u00e9. Il envoie un t\u00e9l\u00e9gramme \u00e0 Nicolas II lui demandant d\u2019arr\u00eater la mobilisation russe. Le tsar n\u2019attend que cela. Ainsi donc, on peut encore \u00e9viter la guerre\u00a0! Il lit le t\u00e9l\u00e9gramme du Kaiser \u00e0 son ministre de la Guerre, Soukhomlinov, et lui demande d\u2019arr\u00eater la mobilisation. Mais celui-ci refuse au pr\u00e9texte que c\u2019est \u00ab\u00a0techniquement impossible\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[7]<\/a>\u00bb.<\/p><\/blockquote>\n<p>Ce livre, pr\u00e9sent\u00e9 dans une revue p\u00e9dagogique, par un ancien professeur de litt\u00e9rature m\u00e9di\u00e9vale et auteur de livres parus pour la m\u00eame maison d\u2019\u00e9dition que <em>Le dernier ami de Jaur\u00e8s<\/em>, se voit qualifier de \u00ab\u00a0roman historique fort bien document\u00e9\u00a0\u00bb&#8230; \u00a0Nous avons \u00e9pargn\u00e9 ici \u00e0 nos lecteurs, un assez long relev\u00e9 des petits anachronismes qui jalonnent certains r\u00e9cits. Est assez r\u00e9current et significatif que les auteurs aient une id\u00e9e fausse sur la scolarit\u00e9 de leur h\u00e9ros, ils ne connaissent que le lyc\u00e9e et l\u2019\u00e9cole communale amenant au certificat d\u2019\u00e9tudes. Ils ignorent ce qu\u2019est un coll\u00e8ge dans l\u2019acceptation de l\u2019\u00e9poque et totalement ce qu\u2019est une \u00c9cole primaire sup\u00e9rieure ou un cours compl\u00e9mentaire.<\/p>\n<p>Il s\u2019av\u00e8re n\u00e9cessaire dans les choix de faire confiance a priori, plut\u00f4t dans les titres d\u2019\u00e9diteurs qui ont un large secteur de romans historiques comme Nathan, Oskar et Gallimard jeunesse ou \u00e0 des auteurs qui ont commis plusieurs titres relevant de ce genre. Les romans historiques pour la jeunesse, sur la Premi\u00e8re Guerre mondiale, ont d\u00fb d\u2019abord passer par l\u2019\u00e9tape de d\u00e9construction de la propagande patriotique de l\u2019\u00e9poque. Beaucoup d\u2019auteurs sont par contre tr\u00e8s loin d\u2019avoir une id\u00e9e de l\u2019esprit de ceux qui, civils ou militaires, furent les acteurs de cette p\u00e9riode. Les ressorts du conflit, les modes de vie de l\u2019\u00e9poque sont parfois largement ignor\u00e9s<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[8]<\/a>. Face \u00e0 certains ouvrages, on se demande parfois si le nombre d\u2019informations apport\u00e9es \u00e9quilibre celui des m\u00e9connaissances. Pour un \u00e9crivain, un minimum de compr\u00e9hension de l\u2019\u00e9volution du discours historiographique autour de la Grande Guerre est n\u00e9cessaire. On a trop l\u2019impression que nombre d\u2019auteurs partent (\u00ab comme en 14 \u00bb) pour ass\u00e9ner au jeune lecteur leur vision simpliste de l\u2019\u00e9v\u00e8nement.<\/p>\n<p>Octave<\/p>\n<p><strong>Bibliographie : <a href=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/blog\/2015\/03\/26\/bibliographie-romans-historiques-jeunesse-sur-la-premiere-guerre-mondiale\/\">voir ici<\/a><\/strong><\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Y compris <em>Le violoncelle poilu <\/em>d\u2019Herv\u00e9 Mestron qui est en fait compos\u00e9 de quatre nouvelles sur cette p\u00e9riode.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> St\u00e9phane Audoin-Rouzeau. <em>La Guerre des enfants 1914-1918<\/em>.Paris\u00a0: Armand Colin, 1993. Manon Pignot. <em>Allons enfants de la patrie : G\u00e9n\u00e9ration Grande Guerre<\/em>. Paris\u00a0: Seuil, 2012. Laurence Olivier-Messonnier. <em>Guerre et litt\u00e9rature de jeunesse<\/em>. L\u2019Harmattan, 2012.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[3]<\/a> Patrick Bousquet. <em>Pages de gloire<\/em>. \u00c9ditions Serpenoise, 2014. Page 4.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[4]<\/a> On rel\u00e8ve \u00e0 cette occasion le dialogue bien peu litt\u00e9raire et pas du tout pris dans l\u2019argot du poilu : \u00ab\u00a0Je ne te comprends pas, Gabriel, merde, j\u2019ai failli perdre la vie pour tes conneries\u00a0!\u00a0\u00bb (page 66)<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[5]<\/a> <em>Le d\u00e9serteur du chemin des dames<\/em> de Serge Bo\u00ebche. SEDRAP, 2011. Quatri\u00e8me de couverture.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[6]<\/a> Nous ne sommes pas le seul \u00e0 poser cette question. Bertrand Solet, certainement l\u2019auteur qui a produit le plus de romans historiques francophones pour la jeunesse du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, souhaite une critique plus fournie et plus exigeante. Bertrand Solet. Une manne pour la jeunesse.<em>TDC Le roman <\/em>historique, n\u00b0876, avril 2004, page 21.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[7]<\/a> <em>Le dernier ami de Jaur\u00e8s<\/em> de Tania Sollogoub. L\u2019\u00c9cole des loisirs, 2013. Page 168.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[8]<\/a> Il faut ne jamais avoir cherch\u00e9 \u00e0 se documenter sur l\u2019esprit des acteurs de l\u2019\u00e9poque pour proposer dans <em>L\u2019Horizon bleu <\/em>ce qu\u2019\u00e9crit Doroth\u00e9e Piatek et qualifie elle-m\u00eame de \u00ab\u00a0surr\u00e9aliste\u00a0\u00bb \u00e0 la page 95. Cette amiti\u00e9 entre un soldat allemand espion dans l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise et le poilu Gabriel, l\u2019attitude de la femme de ce dernier avec les officiers allemands sont proprement impossibles.<\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous publions ci-dessous, en tant que tribune, le travail d&rsquo;Octave, membre actif de gregoiredetours.fr et passionn\u00e9 de la premi\u00e8re guerre mondiale. Cent ans apr\u00e8s, quelle image de la Premi\u00e8re Guerre mondiale les jeunes francophones\u00a0peuvent-ils se faire en lisant des romans historiques qui leur sont destin\u00e9s\u00a0? Jamais avant et vraisemblablement plus jamais apr\u00e8s novembre 2014 on &hellip; <a href=\"https:\/\/www.gregoiredetours.fr\/blog\/2015\/03\/26\/le-roman-historique-pour-la-jeunesse-sur-la-premiere-guerre-mondiale-une-ideologie-a-front-renverse-de-la-propagande-distillee-a-lepoque\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Le roman historique pour la jeunesse sur la Premi\u00e8re Guerre mondiale, une id\u00e9ologie \u00e0 front renvers\u00e9 de la propagande distill\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9poque ?<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":79,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[3,7],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.gregoiredetours.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/39"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.gregoiredetours.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.gregoiredetours.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.gregoiredetours.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.gregoiredetours.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=39"}],"version-history":[{"count":24,"href":"https:\/\/www.gregoiredetours.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/39\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":77,"href":"https:\/\/www.gregoiredetours.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/39\/revisions\/77"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.gregoiredetours.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/79"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.gregoiredetours.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=39"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.gregoiredetours.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=39"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.gregoiredetours.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=39"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}