{"id":223,"date":"2017-08-31T12:34:23","date_gmt":"2017-08-31T11:34:23","guid":{"rendered":"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/blog\/?p=223"},"modified":"2017-09-01T13:20:13","modified_gmt":"2017-09-01T12:20:13","slug":"tribune-libre-fiction-et-ressources-documentaires-ecrire-malgre-les-specialistes-de-lhistoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.gregoiredetours.fr\/blog\/2017\/08\/31\/tribune-libre-fiction-et-ressources-documentaires-ecrire-malgre-les-specialistes-de-lhistoire\/","title":{"rendered":"[tribune libre] Fiction et ressources documentaires : \u00e9crire malgr\u00e9 les sp\u00e9cialistes de l\u2019Histoire ?"},"content":{"rendered":"<p>[Cet article est une tribune libre \u00e9crite par Nabil Benali, auteur de \u00ab <a href=\"https:\/\/www.amazon.fr\/Lespion-dAlger-nabil-benali\/dp\/1522081240\/ref=tmm_pap_swatch_0?_encoding=UTF8&amp;qid=1502658518&amp;sr=8-1\">L\u2019espion d\u2019Alger<\/a> \u00bb, qui t\u00e9moigne de l&rsquo;absence d&rsquo;un accord entre historiens sur un large pan de l&rsquo;histoire alg\u00e9rienne.]<\/p>\n<p>Je ne suis pas historien, mais auteur de fictions. Je ne pr\u00e9tends donc pas pouvoir\u00a0 proposer un point de vue acad\u00e9mique ou argumenter en faveur d\u2019une th\u00e8se scientifique, mais juste tenter de partager mon exp\u00e9rience dans l\u2019\u00e9criture du roman historique.<\/p>\n<p>D\u00e9sirant raconter une histoire d\u2019espionnage qui se passe dans l\u2019Alger de la R\u00e9gence turque et des corsaires barbaresques, j\u2019ai naturellement consacr\u00e9 plusieurs mois \u00e0 un intense travail documentaire, le genre exigeant une connaissance parfaite de l\u2019\u00e9poque \u2014 et m\u00eame du quotidien de l\u2019\u00e9poque. Un \u00e9crivain de romans historiques doit, ce n\u2019est qu\u2019une image bien s\u00fbr, \u00eatre capable sur le champ de se fondre parmi les gens de l\u2019\u00e9poque dont il parle si une machine \u00e0 remonter le temps pouvait l\u2019y emmener. Dans le cas de la R\u00e9gence d\u2019Alger, notamment la fin du XVe et le d\u00e9but du XVIe si\u00e8cle, je me suis bien vite retrouv\u00e9 au milieu d\u2019un maquis de production historique qu\u2019il n\u2019\u00e9tait absolument pas \u00e9vident de d\u00e9broussailler. Et pour cause !<\/p>\n<figure id=\"attachment_226\" aria-describedby=\"caption-attachment-226\" style=\"width: 239px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/hotel-de-la-marine.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-226\" src=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/hotel-de-la-marine-239x300.jpg\" alt=\"\" width=\"239\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.gregoiredetours.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/hotel-de-la-marine-239x300.jpg 239w, https:\/\/www.gregoiredetours.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/hotel-de-la-marine-768x966.jpg 768w, https:\/\/www.gregoiredetours.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/hotel-de-la-marine-815x1024.jpg 815w, https:\/\/www.gregoiredetours.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/hotel-de-la-marine.jpg 1944w\" sizes=\"(max-width: 239px) 100vw, 239px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-226\" class=\"wp-caption-text\">H\u00f4tel de la marine \u00e0 Alger &#8211; Willian Wyld et Emile Lessore, 1833<\/figcaption><\/figure>\n<p>Avec son pass\u00e9 tumultueux et ses l\u00e9gendes pass\u00e9es au patrimoine universel, Alger a toujours s\u00e9duit \u2014 et ne cesse de le faire\u2014 \u00e9crivains, peintures et po\u00e8tes, photographes et musiciens. Delacroix, Dinet, Fromentin ou Vernet ont fond\u00e9 l\u2019\u00e9cole d\u2019Alger en peinture. Les d\u00e9buts de la photographie ont co\u00efncid\u00e9 avec l\u2019occupation fran\u00e7aise de l\u2019Alg\u00e9rie et les \u00ab nouveaux territoires \u00bb ont vu d\u00e9filer les grands photographes qui dominaient les diff\u00e9rentes expositions universelles\u2026 Mais comme Tunis ou Tripoli, quoi que chacune se distingue \u00e0 sa fa\u00e7on, cette cit\u00e9 qui s\u2019est impos\u00e9e d\u00e8s le XVIe si\u00e8cle dans l\u2019Histoire de la M\u00e9diterran\u00e9e n\u2019a pourtant pas fait l\u2019objet d\u2019une \u00e9criture historique qui, \u00e0 d\u00e9faut d\u2019\u00eatre d\u00e9finitive, puisse aujourd\u2019hui cimenter un consensus entre les historiens et les sp\u00e9cialistes. Si tel \u00e9tait le cas, on disposerait enfin d\u2019une Histoire d\u2019Alger qui permette \u00e0 ce magnifique th\u00e9\u00e2tre de tant d\u2019\u00e9v\u00e9nements majeurs de disposer de son propre d\u00e9cor et de ses personnages bien d\u00e9finis, et m\u00eame de ses accessoires ainsi reconstitu\u00e9s dans le moindre d\u00e9tail. \u00c9crire des histoires en se disant qu\u2019on a reconstitu\u00e9 l\u2019\u00e9poque d\u2019alors avec beaucoup de r\u00e9ussite deviendrait tellement plus simple. Mais c\u2019est loin d\u2019\u00eatre le cas.<\/p>\n<h4>Raret\u00e9 des ressources documentaires et pol\u00e9miques m\u00e9morielles<\/h4>\n<p>Plusieurs probl\u00e8mes se posent s\u2019agissant pr\u00e9cis\u00e9ment de la ressource documentaire. Primo, sa raret\u00e9. La quasi-totalit\u00e9 des ouvrages d\u00e9crivant Alger et sa vie politique, militaire et sociale d\u2019alors ont \u00e9t\u00e9 le fait de quelques auteurs occidentaux ; des chroniqueurs, des diplomates, des espions aussi \u2014 dont beaucoup \u00e9taient charg\u00e9s de mesurer les murailles de la ville et de compter l\u2019arm\u00e9e et son artillerie. Une partie du fonds documentaire sur lequel l\u2019on peut s\u2019appuyer \u00e9galement consiste en les correspondances entre le r\u00e9gent d\u2019Alger et ses homologues europ\u00e9ens, Fran\u00e7ais surtout. En face, presque aucun texte en arabe ou en turc ne nous est parvenu et \u00e0 ce jour, la r\u00e9f\u00e9rence centrale pour parler d\u2019Alger au tout d\u00e9but de la R\u00e9gence turque demeure la \u00ab Topographie et Histoire g\u00e9n\u00e9rale d\u2019Alger \u00bb et \u00ab l\u2019Histoire des rois d\u2019Alger \u00bb, \u00e9crits par l\u2019abb\u00e9 b\u00e9n\u00e9dictin espagnol Diego de Haedo, lui-m\u00eame d\u00e9tenu jadis \u00e0 Alger. Pour certains, et cela est \u00e9crit de la sorte dans l\u2019encyclop\u00e9die participative Wikip\u00e9dia, ces deux livres sont l\u2019unique r\u00e9f\u00e9rence sur Alger au d\u00e9but du XVIe si\u00e8cle. En tout cas, aucune source n\u2019est aussi d\u00e9taill\u00e9e s\u2019agissant de la description de la ville et des us et coutumes de ses habitants. Fouad Soufi, chercheur au Centre de recherches en anthropologie sociale et culturelle d\u2019Oran, constate (dans une contribution disponible sur le site du Crasc) que \u00ab l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019information historique reste encore tr\u00e8s difficile \u00bb et que \u00ab l\u2019inexistence d\u2019un service d\u2019information sur l\u2019histoire de l\u2019Alg\u00e9rie, la mauvaise circulation de l\u2019information historique, des ouvrages et des rares revues, l\u2019absence de revue historique r\u00e9guli\u00e8re ne facilitent pas la t\u00e2che (\u2026)\u00bb<\/p>\n<p>Autre constat non moins important : les ouvrages les plus en vue, devenus par la suite le mat\u00e9riau d\u2019une production documentaire largement diffus\u00e9e, sont ceux \u00e9crits par les esclaves chr\u00e9tiens de retour chez eux et t\u00e9moignant des affres de leur d\u00e9tention dans les bagnes d\u2019Alger. Le plus c\u00e9l\u00e8bre de ces t\u00e9moignages, encore publi\u00e9 \u00e0 ce jour, reste celui d\u2019Emmanuel d&rsquo;Aranda. Sans doute propuls\u00e9s par la charge \u00e9motionnelle qu\u2019ils d\u00e9gagent ou \u00e0 cause d\u2019une actualit\u00e9 faite de kidnappings des ressortissants occidentaux par les groupes djihadistes (pour certains, c\u2019est l\u2019Histoire qui se r\u00e9p\u00e8te), ces r\u00e9cits divisent n\u00e9anmoins les historiens, suivant la rive de la M\u00e9diterran\u00e9e sur laquelle ils se trouvent. Robert C Davis, dans \u00ab Esclaves chr\u00e9tiens, ma\u00eetres musulmans \u00bb (\u00e9ditions Jacqueline Chambo \u2013 2006), repr\u00e9sente aujourd\u2019hui le travail le plus s\u00e9rieux jamais fait sur la question (10 ans de recherches). Il a surtout la particularit\u00e9 de ne pas consid\u00e9rer que l\u2019esclavage des chr\u00e9tiens par les corsaires barbaresques f\u00fbt bas\u00e9 sur un crit\u00e8re racial, mais il le replace, malgr\u00e9 son ampleur et ses affres, dans le contexte des conflits g\u00e9opolitiques et \u00e9conomiques d\u2019alors.<\/p>\n<figure id=\"attachment_231\" aria-describedby=\"caption-attachment-231\" style=\"width: 181px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/FIC19603HAB40.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-231\" src=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/FIC19603HAB40-181x300.jpg\" alt=\"\" width=\"181\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.gregoiredetours.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/FIC19603HAB40-181x300.jpg 181w, https:\/\/www.gregoiredetours.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/FIC19603HAB40.jpg 250w\" sizes=\"(max-width: 181px) 100vw, 181px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-231\" class=\"wp-caption-text\">\u00ab Esclaves chr\u00e9tiens, ma\u00eetres musulmans \u00bb, Robert C Davis<\/figcaption><\/figure>\n<p>Robert C Davis n\u2019est cependant pas une opinion majoritaire en Occident. Le fait que la piraterie en M\u00e9diterran\u00e9e a cess\u00e9 au jour de la prise d\u2019Alger par l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise en 1830 reste, \u00e0 ce jour, l\u2019argument le plus fort chez beaucoup d\u2019historiens occidentaux pour soutenir, dans une lecture plut\u00f4t manich\u00e9enne, que sans les razzias qui ont \u00e9t\u00e9 derri\u00e8re l\u2019asservissement de plus de 1.00.000 de chr\u00e9tiens 3 si\u00e8cles durant, jamais il n\u2019y aura eu d\u2019exp\u00e9dition contre Alger, de m\u00eame que le projet de pacification par l\u2019occupation coloniale qui s\u2019en \u00e9tait suivi.<\/p>\n<p>Il arrive aussi que les lectures d\u00e9bordent du cadre euromaghr\u00e9bin pour s\u2019installer dans les pol\u00e9miques m\u00e9morielles plus vastes. Une relecture de la course (ou de la piraterie) barbaresque est, par exemple, propos\u00e9e par l\u2019historien africaniste Bernard Lugan. Il consid\u00e8re, dans une r\u00e9ponse au dirigeant turc M. Erdogan lorsque ce dernier demandait \u00e0 la France de s\u2019excuser pour ses crimes coloniaux en Alg\u00e9rie, que la pr\u00e9sence turque en Afrique du Nord a \u00e9t\u00e9 \u00ab un g\u00e9nocide \u00bb. Il rappelle la longue liste des crimes des ottomans en Afrique du Nord, avant de donner son point de vue sur les razzias barbaresques : \u00ab Il s\u2019agissait bien de piraterie et non de Course puisque les ra\u00efs, les capitaines, n\u2019ob\u00e9issaient pas aux r\u00e8gles strictes caract\u00e9risant cette derni\u00e8re \u00bb. Et de dire que la recherche historique a \u00ab montr\u00e9 que son but n\u2019\u00e9tait pas de s\u2019attaquer, avec l\u2019aval des autorit\u00e9s, \u00e0 des navires ennemis en temps de guerre, mais que son seul objectif \u00e9tait le butin \u00bb.<\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 alg\u00e9rien, on pense tout autre, bien entendu. On rappelle tout d\u2019abord que c\u2019\u00e9tait l\u2019\u00c9glise qui encourageait et utilisait les r\u00e9cits des captifs pour r\u00e9unir davantage de dons et de soutiens \u00e0 la r\u00e9demption de leurs coreligionnaires d\u00e9tenus \u00e0 Alger. Des r\u00e9cits g\u00e9n\u00e9ralement \u00e9crits bien des ann\u00e9es apr\u00e8s leur retour \u00e0 la maison et qui peuvent de facto manquer d\u2019objectivit\u00e9 et de pr\u00e9cision, voie d\u2019honn\u00eatet\u00e9. On consid\u00e8re, de ce c\u00f4t\u00e9-l\u00e0 de la Mare Nostrum, que la question des esclaves chr\u00e9tiens n\u2019aura \u00e9t\u00e9, au vrai, que le pr\u00e9texte du projet colonial, et on accuse m\u00eame les homologues occidentaux de volontairement escamoter les courses men\u00e9es par les chr\u00e9tiens et qui faisaient \u00e0 leur tour des d\u00e9tenus musulmans en Europe.<\/p>\n<p>Dans ses recherches sur l\u2019Alg\u00e9rie \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque ottomane, Lemnouar Merouche affirme, s\u2019agissant de la course : \u00ab On sait que longtemps apr\u00e8s sa disparition, elle a continu\u00e9 \u00e0 impr\u00e9gner les esprits des deux c\u00f4t\u00e9s de la M\u00e9diterran\u00e9e, \u00e0 travers le clich\u00e9 sur \u00able nid de pirates\u00bb auquel r\u00e9pondait en \u00e9cho le mythe de \u00abl\u2019\u00e2ge d\u2019or\u00bb. Les belles pages de Braudel sur la course en M\u00e9diterran\u00e9e ont rendu ce genre de proc\u00e8s compl\u00e8tement obsol\u00e8te pour les historiens sauf \u00e0 l\u2019\u00e9tudier en tant que composante des conflits de m\u00e9moire. \u00bb<\/p>\n<p>Plus explicite, Benjamin Stora rappelle que \u00ab l\u2019histoire de l\u2019Alg\u00e9rie produite par les historiens au temps de l\u2019apog\u00e9e de la splendeur coloniale fran\u00e7aise visait \u00e0 expliquer pourquoi ce pays devait rester de toute \u00e9ternit\u00e9 dans le giron de la France. C\u2019\u00e9tait l\u00e0 le facteur central de l\u00e9gitimation du r\u00e9cit historique. La pr\u00e9sence fran\u00e7aise remontait ainsi \u00e0 l\u2019Empire romain. Une insistance \u00e9tait mise sur la latinit\u00e9 de l\u2019Alg\u00e9rie, avec un rattachement mythologique ancestral entre ce territoire de l\u2019Afrique du Nord et l\u2019Europe du Sud \u00bb.<\/p>\n<h4>Difficult\u00e9s pour la cr\u00e9ation litt\u00e9raire<\/h4>\n<p>Pour ce qui m\u2019occupe, soit l\u2019\u00e9criture d\u2019un roman historique, je pense qu\u2019\u00e9crire sur un pan de l\u2019Histoire qui rec\u00e8le une grande charge m\u00e9morielle, pol\u00e9mique et politique est tout sauf une chose ais\u00e9e lorsqu\u2019on cherche \u00e0 placer son r\u00e9cit au c\u0153ur du v\u00e9ritable contexte de l\u2019\u00e9poque, avec ses faits av\u00e9r\u00e9s et son v\u00e9cu d\u00e9montr\u00e9 par la preuve historique. La douloureuse m\u00e9moire du pass\u00e9 colonial de la France en Alg\u00e9rie et les divisions qu\u2019elle entretient interf\u00e8rent \u00e0 tous les niveaux de la production historique depuis deux si\u00e8cles et jusqu\u2019\u00e0 ce jour. Pour un auteur, c\u2019est un devoir de faire en sorte qu\u2019elle n\u2019aille pas non plus polluer l\u2019imaginaire et ce monde libre qu\u2019est la fiction, toute vraisemblable qu\u2019elle se doit d\u2019\u00eatre.<\/p>\n<p>La cr\u00e9ation litt\u00e9raire n\u2019a pas \u00e0 s\u2019embarrasser et encore moins \u00e0 s\u2019accommoder de ce que pensent les uns et les autres. Il est juste regrettable que le principe soit nettement plus facile \u00e0 mettre en \u0153uvre dans le roman moderne. Pas dans le roman historique o\u00f9 les murs et les t\u00e9moins ne sont plus l\u00e0, et o\u00f9 il ne reste pour reconstruire les premiers et convoquer les seconds que le pr\u00e9cieux travail des historiens. Encore faut-il qu\u2019eux aussi disent la m\u00eame chose. S\u2019entendront-ils un jour ? Je l\u2019esp\u00e8re. Alger m\u00e9rite bien cela. Elle qui fut la ville o\u00f9 Miguel de Cervant\u00e8s a v\u00e9cu, juste avant d\u2019\u00e9crire Don Quichotte et inaugurer ainsi la merveilleuse aventure du roman\u2026<\/p>\n<p>Nabil Benali<br \/>\nAuteur de \u00ab L\u2019espion d\u2019Alger \u00bb<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.amazon.fr\/Lespion-dAlger-nabil-benali\/dp\/1522081240\/ref=tmm_pap_swatch_0?_encoding=UTF8&amp;qid=1502658518&amp;sr=8-1\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" data-saferedirecturl=\"https:\/\/www.google.com\/url?hl=fr&amp;q=https:\/\/www.amazon.fr\/Lespion-dAlger-nabil-benali\/dp\/1522081240\/ref%3Dtmm_pap_swatch_0?_encoding%3DUTF8%26qid%3D1502658518%26sr%3D8-1&amp;source=gmail&amp;ust=1504264713618000&amp;usg=AFQjCNGtSorcj344qJwB-_1mGTGTiV5qBQ\">https:\/\/www.amazon.fr\/Lespion-<wbr \/>dAlger-nabil-benali\/dp\/<wbr \/>1522081240\/ref=tmm_pap_swatch_<wbr \/>0?_encoding=UTF8&amp;qid=<wbr \/>1502658518&amp;sr=8-1<\/a><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/51c6JLn9J6L.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-227\" src=\"http:\/\/www.gregoiredetours.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/51c6JLn9J6L-188x300.jpg\" alt=\"\" width=\"188\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.gregoiredetours.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/51c6JLn9J6L-188x300.jpg 188w, https:\/\/www.gregoiredetours.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/51c6JLn9J6L.jpg 314w\" sizes=\"(max-width: 188px) 100vw, 188px\" \/><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[Cet article est une tribune libre \u00e9crite par Nabil Benali, auteur de \u00ab L\u2019espion d\u2019Alger \u00bb, qui t\u00e9moigne de l&rsquo;absence d&rsquo;un accord entre historiens sur un large pan de l&rsquo;histoire alg\u00e9rienne.] Je ne suis pas historien, mais auteur de fictions. 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