Avis de Octave : "On n’est pas fier quand on a besoin de se remplir l’estomac ! ( Berthe Auroy)"
L’ouvrage propose de nombreux clichés d’époque et un index de personnes où l’on trouve près de trois cent noms. On apprécie également le plan de Paris indiquant les lieux d’implantation des Allemands (ambassade, gestapo, abwehr, tribunal militaire, cercle pour officiers, hôpitaux, casernes …).
Parmi ceux renvoyant à de nombreuses pages, il y a Paul Léotaud, Ernest Jünger, Félix Hartlaub (de décembre 1940 à novembre 1941, cet historien allemand est détaché à la commission des archives historiques à Paris pour trier celles-ci), Jean Géhenno, l’historienne de l’art et résistante Agnès Humbert, Gerhard Heller chargé de la censure littéraire par les autorités d'occupation , Flora et Benoîte Groult, Jean Galtier-Boissière, Charles Braibant, Micheline Bood, Berthe Auroy. Corinne Luchaire est évoquée pages 52, 188 et 316 alors que son père Jean est présent pages 52, 130-1, 188, 223, 228, 274 et 318. On apprend que ce dernier est surnommé "Jean Louch’Herr".
Au nombre de dix-sept les chapitres se nomment successivement : Les Parisiens face à la « drôle de guerre », Le retour des « exodiens », premiers contacts avec l’Occupant, Les difficultés des Parisiens face à l’emprise allemande, Les Parisiens et Vichy : le grand écart, Refuser la situation, Les files d’attente, Une mosaïque de vies juxtaposées, La revanche de certains, Le troc et le marché noir, Les colis familiaux, La santé des Parisiens et des Allemands, Restaurants, cafés et bistrots, La jeunesse parisienne sous l’Occupation, Face aux Allemands: jusqu’où va l’accommodation ?, Se distraire pour les Occupants, s’évader pour les Parisiens, La Résistance s’impose dans un Paris révolté, Les Parisiens et la Libération.
Dans son introduction, Dominique Veillon situe son travail par rapport à d’autres études : « Tout ou presque a été dit sur l’occupation de la capitale, qu’elle soit administrative, politique, économique, policière ou intellectuelle. Mais que sait-on réellement du ressenti des habitants au jour le jour pour peu que l’on veuille aller au-delà de ce qui est connu ou de ce que charrie la mémoire collective ? Quels sont leurs rapports journaliers avec l’Occupant sous le regard duquel ils vivent ? Que pensent-ils du vainqueur ? Comment le voient-ils ? Et dans le camp adverse, quelles sont les réactions des Allemands ? Et leurs comportements ? Comment jugent-ils ces Parisiens qu’ils côtoient ? Peu d’historiens ont tenté de croiser les regards français et allemands à partir d’archives des deux bords, de témoignages et de documents » (page 7).
Elle poursuit ainsi: « Pendant quatre ans, les Parisiens, rongés par d’innombrables difficultés, vivent au rythme des interdictions et des sanctions qu’impose l’Occupant. D’emblée, une minorité, par choix assumé ou par fascination, passe dans le camp ennemi et n’hésite pas à s’afficher avec lui » (page 13). On rencontre là des artistes, des écrivains, des étudiants, des commerçants, des concierges, des mères de famille, des Juifs pourchassés, des jeunes, des ouvriers … Tous sont dans un univers sur lequel pèse de différentes manières la présence des occupants donc en matière de pénuries alimentaires ou autres. Le marché noir trouve aussi sa place et certaines actions de Résistance sont évoquées.
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