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Chroniques khmères

Chroniques khmères
Gope412 pages
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Avis de Alexandre : "Un pays pour qui le terme"

Cet ouvrage sort quelques semaines avant la visite protocolaire du président Emmanuel Macron au Cambodge afin de co-inauguré la restauration du temple Mebon Occidental.

 

L’auteur appartient à une famille cambodgienne composé de hauts magistrats, il a occupé de nombreuses fonctions officielles. On le voit, dans une photographie de l’ouvrage, en train de signer en 1954, en tat que ministre de la Défense, les accords de Genève. Soutien de la politique de non-alignement porté par le roi et salué par le général de Gaulle en 1966 dans le discours de Phnom Penh, il fut aussi un camarade de classe de Lon Nol et partagea des idées avec ce dernier dans l’après-guerre au sein du parti la Rénovation Khmère. Le récit de Nhiek Tioulong se clôt en 1969, ce qui nous empêche d’en connaître plus sur le coup d’État (désapprouvé fermement par ce dernier) de 1970 qui amènera deux ans plus tard Lon Nol à la présidence de la république du Cambodge.  

 

Né en 1908, l’auteur a observé le fonctionnement de l’administration coloniale avant et après la Seconde Guerre mondiale. Durant la période vichyste le Cambodge continue à être administrer par les fonctionnaires français mais sous le contrôle des Japonais. Ces derniers financent en sous-main le nationalisme khmer et en mars 1945 les militaires français sont arrêtés. Le prologue est consacré à cette période qui, en Extrême-Orient, ne se termine officiellement qu’avec la capitulation du Japon le 2 septembre 1945 mais les forces japonaises ne se rendent que progressivement. En avril 1941, le roi du Cambodge décède et c’est Norodom Sihanouk, âgé de 19 ans qui lui succède. Le pays a dû céder deux de ses provinces à la Thaïlande et justement le 7 décembre 1946, Nhiek Tioulong est chargé de superviser le départ de Battambang de ces troupes étrangères et il doit remettre en place l’administration khmère dans cette région.

 

Le second chapitre démarre chronologiquement par une révolte de Cambodgiens contre les troupes d’occupation vietnamienne. Le prince Duong se retrouve roi d’un Cambodge de taille réduite, après la reconquête de certaines provinces avec l’appui des forces siamoises. En 1860 monte sur le trône Norodom Ier qui régnera jusqu’en 1904. En 1863 le Cambodge est occupé à l’ouest par les Siamois et à l’est par les Vietnamiens. Toutefois en 1867 le roi de Thaïlande reconnaît le protectorat français au Cambodge mis en place en 1863. Durent le règne suivant, celui de Sisowath se prolongeant jusqu’en 1927, l’administration du protectorat se consolide. Une importance est donnée à la construction d’une législation civile.

 

En 1897, Paul Doumer le nouveau gouverneur général de l'Indochine (et futur président de la République) écrit qu’après quarante ans de protectorat français sur le Cambodge, les progrès économiques « avaient été insignifiants pour ne pas dire nuls ». Les Français construisent ultérieurement un certain nombre d'infrastructures (routes, voie ferrée Pnom Penh-Battambang, port de Pnom Penh, hôpitaux) mais cela se fait grâce souvent au travail forcé, comme on le voit au sujet de l’Affaire Bardez. Le roi Monivong règne essentiellement sur son palais, toutes les décisions politiques devant être avalisées par le Résident représentant l’autorité de la France. Nhiek Tioulong propose un chapitre consacré à l’économie et la fiscalité cambodgiennes entre 1904 et 1941. Il traite dans le chapitre suivent des caractéristiques des divers groupes ethniques présents au Cambodge. On voit que de nombreux Vietnamiens ont embrassé le catholicisme au Cambodge.

 

Après-guerre s’installe une monarchie parlementaire non sans chaos. Le 17 octobre 1953, le protectorat prend fin grâce à l’habileté du roi Sihanouk. Durant la Guerre d’Indochine, l’implantation du Vietminh khmer reste très faible. En 1955 Sihanouk abdique et c’est en tant que premier ministre qu’il rencontre d’autres leaders du non-alignement à la conférence de Bandung. En 1966, lors de son voyage officiel, le général de Gaulle saluera le neutralisme de Sihanouk redevenu roi. Les tensions du pays avec les Vietnamiens qu’ils soient des militaires communistes ou des autorités nationalistes sont constantes. Par ailleurs la Thaïlande conteste l’attribution des temples de Preah Vihar au Cambodge et le fera encore à plusieurs occasions là et ailleurs. Le dernier chapitre valorise les réalisations gouvernementales sous le second règne de Sihanouk. Henri Locard propose de très nombreuses notes pour éclairer en particulier la biographie de personnes de diverses nationalités citées. 

   

Pour connaisseurs Peu d'illustrations

Alexandre

Note globale :

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