Avis de Xirong : "La gloire du père Malraux"
Le récit de album, publié chez Bamboo dans la collection Grand Angle, démarre par un coup de fil d’André Malraux, alors ministre des Affaires culturelles, au général de Gaulle. Il est question de l’inauguration de la Maison de la Culture de Bourges qui va avoir lieu 18 avril 1964.
C’est cette même année que Malraux décide d’écrire ses Anti-mémoires. Il s’agit là d’une autobiographie romancée. Dans cette BD, la parcours de la vie du narrateur démarre en 1933, année où il reçoit le prix Goncourt. Les faits s’arrêtent en août 1945 au moment où le Général de Gaulle, alors président du Conseil de la IVe République évoquerait la possibilité de nommer Malraux ministre de l’information, tâche que ce dernier exercera en fait deux mois à cheval sur les années 1945 et 1946.
On rencontre les diverses femmes de Malraux et ses enfants. Clara Goldschmidt, sa première épouse, intervient pour moduler le ton grandiloquent tenu en remettant les faits à leur juste mesure, pas toujours valorisante pour Malraux. On perçoit que la frontière est fine entre la vérité historique, la mémoire personnelle de Malraux et l'affabulation.
Le récit tenu dans les Anti-mémoires a toutefois une réelle dimension historique. Celui-ci nous permet de rencontrer notamment Eisenstein, Léo Lagrange sous-secrétaire d’État aux sports et à l'organisation des loisirs sous le Front populaire, Jean Moulin (en 1936), Gaston Gallimard, Varian Fry, Drieu La Rochelle (peut-être en 1942), de Lattre de Tassigny, le général de Gaulle, François Mauriac. Huit pages à caractère documentaire, illustrée par des photographies d’époque, arrivent après les pages de bande dessinée.
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