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L’École des réac-publicains

L’École des réac-publicains
Libertalia262 pages
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Avis de Benjamin : "La nostalgie d’une école républicaine éloigne-telle des valeurs de la République ?"

Grégory Chambat (né en 1974) est enseignant, en UPE2A Grégory Chambat (unité pédagogique pour élèves allophones arrivants) auprès d'élèves primo-arrivants dans un collège de Mantes-la-Ville (Yvelines), une commune dirigée pendant six ans par le maire RN Cyril Nauth. Il est militant de la CNT-éducation.

Le néologisme "réac-publicains" désigne un groupe composite d’écrivains et journalistes se réclamant souvent d’une école à la Jules Ferry. Ceci bien à contre-sens, selon nous, car ce dernier faisait la promotion des méthodes nouvelles qui incitent l’élève à trouver  le principe par observation et permettent d’éveiller la spontanéité. Plus précisément, ces personnes se lamentent de la baisse du niveau scolaire pour promouvoir un élitisme républicain, un retour à l’autorité et à l’enseignement de l’identité nationale. Grégory Chamba évoque là notamment Natacha Polony, Jean-Paul Brighelli, Alain Finkielkraut, Jean-Pierre Chevènement, et Éric Zemmour.

Le "pédagogisme", désignant les pédagogies nouvelles plaçant l'enfant au centre des apprentissages et favorisant sa participation active, est vigoureusement dénoncé.  L’école constitue un lieu essentiel de formation des consciences aussi est-elle un enjeu culturel pour diverses forces dans la société. Après avoir analyser les discours des réac-républicains, l’auteur avance qu’il ne s’agit pas seulement de défendre l’école française actuelle, mais de construire une pédagogie réellement émancipatrice.

Le discours tenu par Grégory Chambat peut paraître caricatural, ainsi l’action de Jules Ferry est réduite à des mesures particulières conservatrices non contextualisées. Catherine Kintzler a décelé une misologie (répulsion pour les raisonnements de logique formelle) portée par une méthode faite de mélange de malhonnêteté et de simplisme. Selon nous certains amalgames sont eu mieux hasardeux au pire déloyaux. La défense de l’enseignement de qualité ne va certes pas sans transformation mais aussi avec reconnaissance et préservation des acquis actuels.

Est particulièrement intéressante pour le militant laïque, la partie en quarante-neuf pages qui présente environ cent-vingt biographies de personnes ou groupements qui, au début des années 2000, se faisaient porteurs d’idées que Grégory Chambay qualifie de "réac-républicaines". Si certains d’entre eux ont encore des prises de paroles dans les médias, certains sont décédés (telle Liliane Lurçat morte en 2019 à 91 ans) ou ne sont plus audibles (du fait de leur âge comme Catherine Boutin ou de leur perte de responsabilité comme la Tarasconaise  Valérie Lapies qui fut conseillère en charge de l’éducation auprès de Marine le Pen, et a été exclue du Rassemblement national). Figure également là un acteur de la IIIe République, à savoir Charles Maurras. Le plus original, dans cette annexe, est sûrement la présentation de clubs de réflexion et d’associations comme le GRECE, SOS Éducation ou Sauver les lettres.   

Pour tous publics Aucune illustration

Benjamin

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