Avis de Xirong : "Une conscience collective en éveil pour divers combats aux contenus à apprécier avec mesure"
Il s’agit de l’adaptation en bandes dessinées de l’essai de Fatima Ouassak sorti en 2020 et intitulé également La puissance des mères. Le but est de porter le message que l’État français et une partie de la population de l’hexagone sont agents de discrimination envers les populations racisées. Les jeunes, comme Nahel Merzouk, premier personnage réel évoqué, risquent de mourir sous un tir de policier.
Deux phrases significatives sont page 46 celles-ci : « j’expérimentais à quel point j’étais disqualifiée en tant que mère. Mon fils est désenfantisé, moi je suis infantilisée ». Des mères s’organisent et on voit ainsi exprimés les difficultés suivantes : « la confiscation de la parole, le verrouillage de l’accès aux lieux de pouvoir et de décision, les accusations d’entrisme ou de communautarisme. La méfiance, Les dénonciations… » (page 103). Plus loin l’héroïne déclare : « On doit protéger nos enfants. Et pour cela on doit prendre le pouvoir. Pour gagner, notre combat doit être révolutionnaire : la fin des rapports de domination ou rien. Notre détermination sera aussi immense que notre amour » (page 128).
Fatima Ouassak est une militante indigéniste habitant Bagnolet en Seine-Saint-Denis. Elle est née dans le Rif marocain. Elle est diplômée de l’Institut d'études politiques de Lille et a cofondé le Front des mères en 2016. Son discours est jugé excessivement virulent donc ouvrant la voie au communautarisme, selon certains. Ceux, qui doutent du contenu toujours éclairé de ses propos, trouveront satisfaction au fait qu’elle a osé faire mettre en scène, dans cette BD, un "native informant" dans une situation lunaire.
Ce musulman déclare à l’émission "L’heure des crocs" (une allusion aisément décryptable) : « Je pense en effet que, pour être de bons musulmans, les musulmans doivent se débarrasser de leurs pratiques archaïques : prière, ramadan, aumône, foi, etc » (page 59). La scénariste montre ainsi, de manière intellectuellement malhonnête, son opposition envers tous musulmans vivant en France ou ailleurs qui prône une adaptation ou une autre lecture du Coran.
Cerise sur le gâteau, un bandeau précise que le débat est intitulé "Laïcité : faut-il interdire le ramadan ?". On ne peut soupçonner Fatima Ouassak, possédant un diplôme de troisième cycle de sciences politiques de méconnaître le contenu des lois laïques. Elle fait illustrer ici une opposition de principe à la laïcité, opinion qu’elle a bien pris soin de combattre en dénigrant cette valeur de la République. Elle nous a montré que ceux, qui l’accusent d’utiliser un message simple, à savoir protéger ses enfants pour délivrer en marge d'autres idées, ne semblent pas dans leur tort.
Pour tous publics Beaucoup d'illustrations