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IRAN-ISRAËL LA GUERRE IDÉOLOGIQUE DE 1979 À NOS JOURS

IRAN-ISRAËL LA GUERRE IDÉOLOGIQUE DE 1979 À NOS JOURS
Tallandier166 pages
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Avis de Benjamin : "Les dirigeants iraniens estiment que la République islamique dispose d’une capacité de résilience supérieure à celle de ses adversaires"

L’ouvrage est composé des chapitres suivants : L’arrière-plan historique, 1979 la rupture idéologique, L’après-7 octobre 2023 : du signalement stratégique à la guerre ouverte.

La première phrase de l’introduction montre que l’actualité la plus récente est prise en compte : « L’offensive militaire israélo-américaine, aérienne et navale, déclenchée contre la République islamique d’Iran le 28 février 2026, dans le prolongement de la guerre des Douze-Jours de juin 2025, constitue l’apogée de la confrontation entre Tel-Aviv et Téhéran » (page 7). 1979 marque une nouvelle ère dans les relations entre Tel-Aviv et Téhéran, puisque de la cordialité on passe à l’adversité. Cette dernière se dégrade progressivement et avec les années 1990, Benyamin Netanyahou évoque la neutralisation du programme nucléaire iranien comme une priorité. Clément Therme poursuit en disant que le 7 octobre 2023 a eu pour conséquence d’inaugure une nouvelle séquence dans laquelle la guerre ouverte va progressivement s’installer entre Israël et l’Iran. La communauté juive en Iran s’est réduite à 10 000 voire 15 000 citoyens aujourd’hui contre 80 000 à 100 000 à la veille de la Révolution islamique de 1979.

L’auteur précise que « pour la République islamique, l’hostilité à Israël ne relève pas seulement de la rivalité géopolitique : elle constitue un pilier de la légitimité révolutionnaire. La défense de la cause palestinienne et la dénonciation de l’ordre hégémonique occidental participent de la justification du pouvoir interne et expliquent la posture intransigeante des Gardiens de la Révolution, désireux de restaurer leur prestige après leurs revers en Syrie, notamment à la suite de la chute du régime de Bachar al-Assad en décembre 2024 » (page 23).

Toujours dans cette introduction, Clément Therme écrit plus loin : « l’ouvrage propose enfin une double lecture de ces guerres : d’un côté, des interventions préventives illégales au regard du droit international, menée par Israël contre des infrastructures tenues par des forces non étatiques ou proto-étatiques iraniennes situées en Syrie, au Liban, au Yémen ou sur le sol iranien ; de l’autre, une riposte jugée légitime par l’administration Trump et par les sources officielles israéliennes face à la stratégie d’encerclement menée par Téhéran via le Hezbollah, les Houthis et les milices chiites irakiennes » (page 23).

Dans le premier chapitre, il est rappelé que dès l’Antiquité l’univers des empres perses est bienveillant vis-à-vis des populations juives. Cyrus le Grand, régnant de 559 à 530 avant Jésus-Christ « met fin à l’exil imposé aux Judéens depuis 586 av. J.-C. D’après les récits bibliques – notamment les livres d’Esdras et d’Isaïe –, il autorise leur retour à Jérusalem et la reconstruction du Temple détruit par Nabuchodonosor. Ce geste, très rare dans l’histoire des empires du Proche-Orient, élève Cyrus au rang singulier de " messie païen " , un souverain non juif choisi par Dieu pour accomplir son dessein » (page 25). Cet épisode, quoique considéré comme historique par les Israéliens d’aujourd’hui, est toutefois considéré comme construit par ceux qui ont rédigé le Livre d'Esdras et on aurait aimé que notre auteur le précise. Rappelons Nabuchodonosor II, roi babylonien, est à l’origine de la première déportation de l’élite des juifs à Babylone (il y en eut trois, respevtivement en 597, 587 et 582).

Sous les Sassanides, les juifs sont une minorité protégée soumise à des pressions fiscales spécifiques et ponctuellement persécutés lorsqu’ils sont assimilés à des chrétiens (ces derniers étant considéré a priori comme des complices potentiels de l’empire romain d’orient). De plus aux XVIIe et XVIIIe siècles, des conversions sont imposées lorsque les Safavides imposent le chiisme à la Perse. L’égalité juridique leur ait accordé en lien avec la réforme constitutionnelle de 1906 et l’arrivée au pouvoir de Reza Shah Pahlavi en 1925.

En 1947, l’Iran vote contre le plan de partage de la Palestine à l’Organisation des Nations unies.Toutefois le pays « reconnaît de facto l’État d’Israël en 1950 et entre tient avec lui des relations discrètes et pragmatiques, notamment dans les domaines sécuritaires, écono mique et énergétique » (page 36). À la page suivante, on lit : « Les rapports entre Téhéran et Tel-Aviv se structurent autour d’une logique de sécurité: échanges de renseignements, ventes d’armes, coordination indirecte contre des adversaires perçus comme communs et partage de technologies sensibles. Cette relation fonctionne comme un partenariat fondé sur la convergence d’intérêts sécuritaires et sur la complémentarité entre deux partenaires en quête de soutien » (page 37). L’Iran a l’avantage d’être non arabe et non sunnite.

On verra dans le second chapitre combien « la Révolution islamique de 1979 marque une rupture idéologique et géopolitique radicale entre l’Iran et Israël » (page 44). Au départ Israël est déjà associé à une politique étrangère complice du dernier Shah et ensuite ce dernier pays est présenté dès avant son arrivée au pouvoir, par l’ayatollah Khomeini, non seulement comme un ennemi politique, mais comme une entité illégitime, oppressive et incompatible avec l’islam. D’autre part l’état hébreu se sent menacer par le nucléaire iranien.

Le dernier chapitre recense et explique les évènements qui illustrent la montée des tensions entre Israël et l’Iran depuis le 7 octobre 2023, ces dernières touchent non seulement ces deux pays mais d’autres par ricochet. Jean-Pierre Cabestan nous dit par ailleurs que le régime iranien: « en se présentant comme assiégé par des menaces extérieures, le pouvoir cherche à légitimer le durcissement interne et l’usage de la violence politique contre la société civile » (page 82). La dernière phrase de cet ouvrage est : « « L’Iran fait aujourd’hui face à un double risque: celui d’un chaos qui serait la conséquence de l’intervention israélo-américaine et celui d’une instabilité régionale alimentée par les représailles iraniennes » (page 161). L’auteur laisse entendre que la figure de Reza Pahlavi émerge comme opposant au régime actuel, nous doutons fortement que cette médiatisation soit quelque peu conséquente en Iran même.

Pour connaisseurs Peu d'illustrations

Benjamin

Note globale :

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