Avis de Jean-Pierre : "Un panorama d’épidémies ayant frappé la France à travers les siècles"
Le premier chapitre évoque les représentations des épidémies, en particulier celles qualifiées de pest dans l’univers du Moyen Âge et celui des Temps modernes. Il y est notamment rappelé que « le concile de Trente avait précisé que la maladie serait encline à guérir si le péché qui en était la cause était pardonnée » (page 29). Auparavant, François Hildesheimer avait écrit la phrase suivante : « cette conception pénitentielle interdit de percevoir l’épidémie comme un " ennemi " contre lequel on serait en guerre, mais incite à la recevoir comme une épreuve que l’on peut tenter de fuir mais contre laquelle on ne saurait se révolter » (page 28).
Le second chapitre est destiné, à partir d’archives, à rappeler les épisodes d’épidémies de peste en Europe et plus particulièrement autour de la Mer Méditerranée entre 1347 et 1760. Les périodes de chaque peste sur le vieux continent durent d’un à cinq ans et se renouvellent tous les onze à douze ans. Ce chapitre se termine en mentionnant que mobilités et communications ont largement évolués et que virus ainsi que d’autres pathologies circulent maintenant par voie érienne à la vitesse de l’éclair.
Au troisième chapitre, on perçoit, jusqu’à la fin du XIXe siècle, les différences en matière d’épidémie entre Paris éloigné de la mer et Marseille au bord d’une côte méditerranéenne. Le chapitre suivant donne les dimensions qu’ont pu prendre les confinements et les exclusions des lépreux. Les situations d’épidémie à Digne au début du XVVIe siècle et à Marseille ainsi que dans le Gévaudan ont retenu là l’attention de François Hildesheimer.
Le cinquième chapitre s’intitule " La médecine des épidémies ", il informe en particulier sur les cas de variole et dysenterie. On perçoit la plus grande progressive implication de l’État. Le dernier chapitre parle de l’épidémie de choléra dans l’hexagone au XIXe siècle, d’une résurgence éphémère et limitée de la variole à Vannes en 1955 et de l’apparition de maladies inédites.
En conclusion, François Hildesheimer émet l’idée que dans l’univers contemporain en proie à diverses crises (non seulement sanitaire, mais écologique, climatique, énergétique, sociale et culturelle) les solutions d’hier ne parviendront facilement à résoudre les maux causés par les épidémies.
Les cartes proposées ne sont pas faciles à lire, elles auraient gagné à être légendées, les citations juridiques sont indigestes car très longues (plusieurs pages) et en un ancien français qui aurait gagné des commentaires. Une vulgarisation plus conséquente aurait été souhaitable pour certains passages.
Pour connaisseurs Peu d'illustrations